CHATEAU D'ARMENTIERES SUR OURCQ
Armentières sur Ourcq (Aisne)



Château des XIII et XVI° siècles, classé Monument Historique le 25 janvier 1921, Armentières est édifié dans un vallon aux confins de l'Ile de France, aux limites de la Picardie et de la Champagne.

Ses ruines aux détails remarquables d'architecture du Moyen-Age (échauguettes, mâchicoulis, meurtrières, bretèches...) en font un ensemble pittoresque et romantique.

HISTORIQUE

Grand logis, façade Sud, entrée Bâti en 1297
pour les chevaliers d'Armentières qui sont enterrés dans la crypte de l'église d'Armentières, le château a été ensuite transmis à différents nobles du secteur, en particulier à Gaucher d'UNCHAIR en 1320, et à la famille de CONFLANS, famille de noblesse champenoise, qui l'a gardé 120 ans ; Barthélémy de CONFLANS l'a vendu en 1446 à Jean II JUVENAL DES URSINS, fils de Jean 1er, prévôt des marchands de la ville de Paris ; personnage extrêmement important également, Jean II chroniqueur de Charles VI, chapelain de Charles VII, a été successivement évêque de Laon, de Beauvais et archevêque de Reims (où il lui a été donné de sacrer Louis XI Roi de France). Il y apporta beaucoup d'améliorations dans le goût de la Renaissance.

Le château est ensuite resté dans la famille de Jean II JUVENAL DES URSINS en passant à son frère Michel puis à son neveu Louis et à d'autres représentants de la famille ; vers 1560, il est revenu à la famille de CONFLANS, par le mariage de Charlotte des URSINS avec Antoine de CONFLANS et y est resté jusqu'à la Révolution.

Les marquis de CONFLANS d'ARMENTIERES ont possédé le château, et l'ont habité jusqu'au début du 17ème siècle. Leurs relations avec le curé d'Oulchy et les habitants du secteur étaient un peu difficiles ; c'étaient apparemment des personnes peu avenantes qui exerçaient le droit de justice (un cachot de sinistre réputation existait à Armentières).

Vers 1620, le marquis de CONFLANS d'ARMENTIERES, alors vicomte d'Oulchy, le cède en location à son fermier. A compter de ce moment, le château devient exploitation agricole.


tour porte
Il est confisqué comme bien national à la Révolution, revendu par adjudication à madame HUTIN, de la ferme voisine, qui le rachète dans le but de le redonner à son ancien maître émigré.

Le château, ne représentant plus un symbole féodal du fait de sa transformation en ferme depuis 150 ans, sera épargné au moment de la Révolution.

Les dégradations commencent à partir de son exploitation en tant que ferme ; il est moyennement entretenu, ses pierres sont détournées pour empierrer les chemins, refaire des maisons.

Il restera exploitation fermière jusqu'en 1975. Pour la vente du château, la propriété, qui était une seule entité (ferme et château), a été séparée de façon extrêmement arbitraire par un grillage qui passe à l'endroit des fossés. Ceux-ci ont été remblayés et cela cause beaucoup de problèmes d'humidité.

Depuis son acquisition par le nouveau propriétaire en 2004, les travaux de sauvetage du château d'Armentières ont démarré avec le soutien de l'Etat et du département de l'Aisne.





ARCHITECTURE

façade Est


A l'origine, le château résidence d'Armentières faisait 50 mètres de longueur plus 45 m qui correspondaient à la basse-cour (endroit où se trouve maintenant une ferme) sur 35 m de large.
Il s'étendait donc sur 95 m de long et 35 m de large
.

Plusieurs sortes de pierres le composent :
du grès à certains endroits bas du château comme les fondations, probablement posées sur un banc calcaire ce qui permet la stabilité de l'ouvrage car, s'il avait été posé sur de la glaise puisque l'on est en milieu marécageux, le château ne serait pas debout aujourd'hui, 8 siècles après sa construction.

On trouve également de la pierre calcaire, relativement tendre qui vient probablement de la région, peut-être de Cugny les Crouttes ou de Hartennes (vers Soissons).






La partie la plus ancienne est la façade Sud qui comprend le Grand Logis d'origine des chevaliers d'Armentières, équipé d'une herse et d'un assommoir, seule construction jusqu'en 1297. A l'origine, c'était donc une maison forte. Actuellement ruiné, sans toiture, le Grand Logis a conservé tous ses murs et fenêtres. A l'arrière du Grand Logis, se trouve la cour noble, cour pavée, avec sa courtine construite au 14ème siècle.

Aux 15ème et 16ème siècles, en pleine Renaissance, on bâtit, dans la cour noble, des logis à droite et à gauche ainsi que la grosse tour canonnière au Nord-Ouest, dont la charpente comporte trois niveaux. Situé dans un vallon marécageux, le château était entouré de douves.

fenêtre à meneaux, toiture écailles de poisson, blason de la façade Sud du Grand logis Le Grand Logis, façade la plus célèbre du château, est ouvragé dans le goût de la Renaissance.

Fait rarissime, il possède deux échauguettes à toiture pierre en écailles de poisson, posées sur des encorbellements comme ceux du château d'Arques, cette particularité se retrouvant en architecture religieuse et exceptionnellement en architecture civile.

Cette façade Sud évoque, à moindre mesure, la façade du Palais des Papes d'Avignon. On y remarque des corniches à modillons avec des têtes d'anges sculptées, des fenêtres à meneaux, probablement construites sous Jean II JUVENAL DES URSINS.

encorbellements des échauguettes du Grand logis Au-dessus de la la plus haute, on remarque un écusson sur lequel on n'arrive pas à distinguer d'armoiries.


Le Grand Logis est quadrangulaire : il mesure 30 mètres de façade sur 13 mètres de pignon, soit 400 m2 au sol sur quatre niveaux. Couvert d'un toit extrêmement pentu, ce bâtiment rectangulaire était coiffé à chaque angle par une grosse tour qui faisait une dizaine de mètres de diamètre et qui faisait elle-même 4 étages.

Ces 4 tours faisaient office de donjon dans la suite du château de Fère en Tardenois propriété voisine du fastueux connétable Anne de Montmorency.

Ces tours avec meurtrières, fenêtres et portes, communiquaient avec les cuisines du Grand Logis. Leur grande particularité est qu'elles abritaient un escalier qui passait juste dans l'épaisseur de la muraille et permettait de circuler en étant à couvert et de rejoindre plus haut le chemin de ronde (1 mètre de large) qui ceinturait tout le château en restant toujours à couvert.

Le chemin de ronde était lui-même coiffé de guérites (ouvrages fermés) qui permettaient de circuler sans être aperçu. Sa toiture était couverte de tuiles plates.


marque des tailleurs de pierre - patte d'oie
On accédait au premier niveau par l'entrée principale du Grand Logis. D'un grand volume, il était destiné à l'apparat.

Il disposait de chambres et de grandes cheminées à chaque niveau pour chaque logement, celles-ci se trouvant dos à dos de chaque côté des murs et adossées au conduit de cheminée, bénéficiaient donc d'un peu de chaleur pendant l'hiver. Chacun des niveaux était également équipé de latrines.


Sur la face Nord du Grand Logis, on remarque deux ouvertures qui ont été comblées et qui étaient des bretèches destinées à surveiller l'accès au Grand Logis (ceci avant la construction de la courtine, du temps de la maison forte du début).

cour noble salle des voûtes avec pilier endommagéLa salle des voûtes est probablement postérieure au 13ème siècle. Son aménagement en voûtes d'ogives date probablement du 16ème siècle. Ces voûtes tiennent actuellement sur un pied extrêment fragile.

D'après les historiens, cette salle correspondrait aux anciennes cuisines du château, mais un doute subsiste quant à un usage religieux. La chambre du seigneur se trouvait juste au-dessus.


Il existait une tour Ouest. Sur les gravures du 19ème siècle , cette tour a déjà disparu (à 4 niveaux). On voit encore les trous qui correspondent aux 4 niveaux de planchers.

Dans la partie des logements renaissance, on remarque encore des corniches ouvragées, et, parfois, la marque que les tailleurs de pierre ont gravée (patte d'oie).





CAMPAGNES DE RESTAURATION

échauguette nord-est
Elles ont eu lieu de 1921 à 1933, en 1937 et 1941-1942 puis en 1980.

Dans les années 30, un soubassement en béton a été réalisé pour consolider la base du château à certains endroits mais on se rend compte aujourd'hui que cela altère la solidité de la pierre qui se trouve au-dessus.

Le chemin de ronde avec corbeaux trilobés a été refait dans les années 70.

Dans les années 80, une campagne de réfection de certaines fenêtres à meneau a été entreprise, en particulier les fenêtres à meneaux Est et Ouest sous la direction de monsieur Gigot, architecte en chef des Monuments Historiques de l'époque.

La priorité est de résoudre le problème de l'eau au sol. Ensuite, essayer de soigner les 3 urgences du château :

l'échauguette Nord-Est qui contrôlait le passage du chemin est à stabiliser d'urgence avant qu'elle ne s'écroule ;
le pilier rongé à la base de la chapelle ;
la réfection de la toiture du Grand Logis, celui-ci étant la partie la plus intéressante, la plus ancienne au plan architectural et historique.





VISITES



modillon à tête d'ange

Pour des raisons de sécurité, le château n'est actuellement pas ouvert à la visite.

blog sur le château d'Armentières


Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.

modillon à tête d'ange

 

Plan de situation :