 |
HISTORIQUE

Habitée
depuis l’époque romaine, la colline de Barly a vu se succéder
plusieurs châteaux et demeures seigneuriales au cours des siècles.
Vers 1780, Vindicien-Antoine BLIN de BARLY débuta la construction
des bâtiments
actuels de style néo-classique affirmé. Après sa
mort en 1786, son fils Jean-Vindicien continua les travaux et éleva
la ferme, les granges, les remises et la chapelle, probablement
achevées
durant la Révolution. Seul subsiste de l'édifice précédent
un pan de mur de brique et pierre, formant l’arrière du logement
de ferme, côté parc. Au début du XIXe siècle,
la nef de l’église du village fut rebâtie
avec une façade conçue pour fermer la perspective
harmonieusement et faire pendant à l’avant-corps
du château.
C’est probablement à cette époque que disparut l’ancienne motte
féodale et que le terrain fut remodelé. On trouve encore par endroits
dans le parc, à peu de profondeur, des remblais de gravats et
des restes de fondations. Un grand plan manuscrit du domaine
(exposé dans le vestibule d'entrée), datant
de 1807, a survécu et indique l’emplacement des allées, des pelouses,
des zones boisées et des vergers. En 1837, Achille-Pierre
BLIN de VARLEMONT vendit le domaine à la comtesse de TRAMECOURT
qui aménagea le parc dans le style anglais, devenu fort à la
mode. Elle fit établir un « atlas » de ses terres en 1870, document
fascinant retrouvé en Allemagne en 2001. On y apprend que le
parc du château contenait alors 12 hectares 72 ares, tandis que
le domaine entier, avec les terres labourables et les pâtures,
totalisait 56 hectares et demi.
En 1914, les héritiers de la comtesse cédèrent
la propriété à Arthur DUHEM, vice-président
de la Chambre de Commerce de Lille. Il ne profita guère
de son acquisition car le château fut réquisitionné et
utilisé comme hôpital militaire, français et
anglais, durant toute la première guerre mondiale. A partir
de 1919, Monsieur Duhem put se consacrer à la restauration
du château (déjà entreprise par l’armée
française) et à celle du parc. C’est lui qui
implanta le bassin de la cour d’honneur ainsi que le miroir
d’eau dans lequel se reflète la façade donnant
sur le parc.
De
1937 à 1970, le domaine appartint à Robert BOUTTEMY,
cultivateur du village qui n’entrentint ni le château
ni le parc. Il y a quarante ans, quand le comte Jacques d’ANTIN
de VAILLAC racheta la propriété, le parc fut sévèrement
amputé et réduit à sa surface actuelle de
2 hectares 15 ares. Le comte d’Antin de Vaillac entreprit
la restauration de tous les bâtiments, remit en état
les pelouses, créa des massifs et planta des haies et des
arbres selon son goût.
En juin 2001, Didier CRAMOISAN et Bernard DRAGESCO ont le coup
de foudre pour le château de Barly, entièrement classé Monument
Historique, authentique chef-d’oeuvre de l’architecture
et de la décoration intérieure de la fin du XVIIIe
siècle. Ils décident de l’acheter pour en continuer
la restauration et l’ouvrir largement au public. Amateurs
de jardins, ils vont rapidement remettre en cause les choix de
leur prédécesseur en repensant entièrement
le petit parc qui est l’écrin indispensable de cette
importante demeure.
 |
ARCHITECTURE
Fruit du goût et de la volonté de la famille BLIN
de BARLY, cet ensemble de pur style Louis XVI, construit en pierre
d'Artois, est de très grande qualité architecturale
et a survécu
dans un état d'authenticité absolument exceptionnel.
Ce fait, si rare en France, mérite d'être souligné,
particulièrement dans une région dévastée
par deux guerres mondiales.
Le corps central prolongé par
deux pavillons légèrement saillants et les quatre
colonnes cannelées en façade surmontées
d'un fronton sont autant d'éléments témoins
de l'architecture Louis XVI.
Les historiens spécialisés s'accordent sur l'originalité,
la qualité et la beauté des bâtiments et
des décors intérieurs, la totalité étant
classée Monument Historique depuis 1971.
Les trois pièces principales sont ornées de très
belles boiseries d’origine, oeuvre du sculpteur arrageois
César Lepage, et ont été soigneusement remeublées.
Les dépendances s'organisent autour d'une cour dominée
par un colombier monumental, coiffé d'un toit brisé en
pavillon.
RESTAURATION DES JARDINS

Le plan de 1807, bien que peu détaillé, aurait pu ouvrir la voie à
un projet de recréation des jardins d’origine. On y voit en particulier,
côté Est (côté campagne), un grand parterre central encadré de deux
larges allées parallèles, perpendiculaires au château et se rejoignant
par un demi-cercle, lui-même donnant naissance à une longue avenue
placée dans l’axe du perron du bâtiment.
Mais l’ancienne avenue est devenue un bois, situé maintenant
en dehors de la propriété, et à l’emplacement
même des allées latérales poussent
désormais les plus beaux arbres subsistants… pins,
tilleul, mélèze, tulipier de Virginie, cyprès
de Lawson, frêne pleureur. Restes du parc à l’anglaise
de la comtesse de Tramecourt, ou plantés par Arthur
Duhem, ces quelques spécimen font partie de l’âme
du lieu et leur sauvegarde s’imposait. Il fallait
donc trouver autre chose…
Les propriétaires demandèrent alors à l’architecte paysagiste Samuel
CRAQUELIN, établi à Lillebonne (Seine-Maritime), Grand Prix du Paysage
1995, de concevoir des jardins à la fois contemporains et traditionnels,
mais avant tout en harmonie avec l’exceptionnelle architecture des
bâtiments. L’avant-projet remis au début de 2002 fut soumis pour approbation
à l’Architecte des Bâtiments de France, responsable de la protection
des abords de tout monument historique. Les travaux ne débutèrent
que par la suite.
Pour commencer, il fallut nettoyer et éclaircir.
Ainsi, des haies de laurier cerise, des rangées
de jeunes merisiers, de petits massifs, mais aussi
une vingtaine d’arbres dans le sous-bois, malades
ou en surnombre (des sycomores et des frênes),
furent retirés. Le long de la rue de l’Égalité on
dut aussi abattre un alignement de neuf grands peupliers
d’Italie qui menaçaient autant les noyers
du parc que les passants.
Les
premières plantations concernèrent la périphérie
de la propriété, du côté du village. Le
choix se fixa sur une longue haie libre, mi-caduque, mi-persistante.
Elle permet de mieux caler cette partie du parc à l’intérieur
de ses limites et de cacher les habitations avoisinantes. Les propriétaires
insistèrent pour y inclure de nombreuses variétés
d’arbres et arbustes rares ou de collection. Il s’agit
ici d’un des aspects majeurs du nouveau parc qui devra avoir,
non seulement des qualités esthétiques mais aussi un
intérêt botanique, même pour les spécialistes.
Toujours dans cette optique, un petit arboretum a été planté au
sud-est, dans le triangle délimitée par le château,
le miroir d’eau et le pigeonnier.
A partir de 2003, le verger qui se languissait a été replanté de
variétés anciennes et plusieurs zones
de plantes acidophiles ont été créées
dans le sous-bois, au nord-est. Cinq semi-remorques
de terre de bruyère naturelle furent apportés
pour remplir les fosses creusées. On y a placé de
nombreux camélias, rhododendrons et hydrangeas
dont la majorité semble consentir à prospérer
ici.
L’an dernier, pour des raisons de sécurité,
une clôture périphérique de deux
mètres de haut a dû être posée.
Dans l’axe du château, elle sera masquée
par un jeu de haies d’ifs et de charmille, dont
l’aspect définitif n’est pas encore
décidé. Côté village, face à l’église,
les grilles seront d’ici quelques mois reliées
par un portail en fer forgé. A la mi-juin de cette
année, côté parc, du gazon a été posé pour
remplacer les zones gravillonnées devant le château
et autour du miroir d’eau. Dans le futur, la cour
d’honneur et la cour de ferme seront remodelées.
Par ailleurs, un jardin floral, carré et formel,
sera implanté au nord de la cour d’honneur.
Juste au-delà, en bordure du sous-bois, apparaîtra
une pergola de glycines et de rosiers.
OUVERTURE AU PUBLIC
La visite est guidée
et comprend la cour de ferme et la cour d’honneur,
la chapelle indépendante, puis, à l’intérieur
du château, le couloir d’entrée, l’escalier
d’honneur, la salle à manger, le « salon
d’entrée » et le « salon de compagnie ».
Le commentaire inclut l’historique
de la demeure et l’explication des décors.
Avant de repartir, les visiteurs peuvent se promener dans
le parc arboré de 2,15 hectares.
Informations complémentaires et tarifs 2011
:
Ouvert aux visiteurs individuels du 1er Juillet au 16 août
inclus, tous les jours sauf le lundi, de 13 h à 19
h.
Ouvert pour les groupes aux mêmes dates, sur rendez-vous.
Durée de la visite commentée : une heure environ.
Adultes : 6 Euros.
Jeunes de 10 à 18 ans et étudiants : 3 Euros.
Enfants de moins de 10 ans : Gratuit.
Groupes : 5 Euros (adultes) ; 3 Euros (jeunes jusqu’à 18
ans et étudiants).
|
|
|
CONTACT
Château de Barly, 6 rue de l'Egalité,
62810 BARLY
Tel. 03 21 48 41 20 - Fax. 03 21 73 77 97
E-mail : Bdragesco@aol.com
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès des propriétaires. |
 |