CHATEAU DE BARLY
BARLY (Pas de Calais)



HISTORIQUE

façade d'arrivéeHabitée depuis l’époque romaine, la colline de Barly a vu se succéder plusieurs châteaux et demeures seigneuriales au cours des siècles. Vers 1780, Vindicien-Antoine BLIN de BARLY débuta la construction des bâtiments actuels, de style néo-classique affirmé, à l'emplacement d'une ancienne maison seigneuriale. La construction du corps principal devait être terminée en 1784 quand commencèrent les aménagements intérieurs. Après sa mort en 1786, son fils Jean-Vindicien continua les travaux et éleva la ferme, les granges, les remises et la chapelle, probablement achevées durant la Révolution. Seul subsiste de la construction précédente un pan de mur de brique et pierre, formant l’arrière du logement de ferme, côté parc. Situées dans l'axe du château, la nef et la façade de l'église du village furent reconstruites au début du 19ème siècle dans le même style que celui-ci afin de fermer harmonieusement la perspective.

C’est probablement à cette époque que disparut l’ancienne motte féodale et que le terrain fut remodelé. On trouve encore par endroits dans le parc, à peu de profondeur, des remblais de gravats et des restes de fondations. Un grand plan manuscrit du domaine, datant de 1807, a survécu et indique l’emplacement des allées, des pelouses ainsi que les zones boisées et les vergers. En 1837, Achille-Pierre BLIN de VARLEMONT vendit le domaine à la comtesse de TRAMECOURT qui aménagea le parc dans le style anglais, fort à la mode à cette époque. Elle fit établir un « atlas » de ses terres en 1870, document fascinant retrouvé en Allemagne récemment. On y apprend que le parc du château contenait alors 12 hectares 72 ares, tandis que le domaine entier, avec les terres labourables et les pâtures, totalisait 56 hectares et demi.

Les héritiers de la comtesse finirent par céder la propriété en 1914 à Gustave DUHEM, vice-président de la Chambre de Commerce de Lille. Il ne profita guère de son acquisition car le château fut réquisitionné et utilisé comme hôpital militaire, français et anglais, durant toute la première guerre mondiale. A partir de 1919, monsieur DUHEM put se consacrer à la restauration du château (déjà entreprise par l’armée française) et à celle du parc. C’est lui qui implanta le bassin de la cour d’honneur ainsi que le miroir d’eau dans lequel se reflète la façade Est.


façade parc et plan d'eauDe 1937 à 1970, le domaine appartint à Robert BOUTTEMY, cultivateur du village qui n’apporta de changement notable, ni au château, ni au parc. Il y a trente-trois ans, quand le comte Jacques d’ANTIN de VAILLAC reprit le château, la famille BOUTTEMY conserva les terres et le nouvel acquéreur se contenta d’une surface de 2 hectares 15 ares. C’est la contenance actuelle de la propriété, et il est très regrettable que le parc du château ait été si gravement amputé. Le comte d’ANTIN de VAILLAC remit en état les pelouses, créa des massifs et planta des haies et des arbres selon son goût. Le choix des essences ainsi que le placement des sujets, obstruant les perspectives, n’étaient pas très judicieux, ni vraiment adaptés aux lieux.

En juin 2001, Didier CRAMOISAN et Bernard DRAGESCO ont le coup de foudre pour le château, entièrement classé Monument Historique. Ils décident de l’acheter pour en continuer la restauration. Amateurs de jardins, ils vont rapidement remettre en cause les choix de leur prédécesseur puis repenser entièrement le petit parc qui est l’écrin indispensable de cette importante demeure.





ARCHITECTURE

détail des colonnes cannelées

Fruit du goût et de la volonté de la famille BLIN de BARLY, cet ensemble, construit en pierre d'Artois, est de très grande qualité architecturale et a survécu dans un état d'authenticité absolument exceptionnel. Ce fait, si rare en France, mérite d'être souligné, particulièrement dans une région dévastée par deux guerres mondiales. Le corps central prolongé par deux pavillons légèrement saillants et les quatre colonnes cannelées en façade surmontées d'un fronton sont autant d'éléments témoins de l'architecture Louis XVI.

Les historiens spécialisés s'accordent sur l'originalité, la qualité et la beauté des bâtiments et des décors intérieurs, la totalité étant classée Monument Historique depuis 1971.

Les trois pièces principales sont ornées de très belles boiseries d'origine, oeuvre du sculpteur arrageois César Lepage.

Les dépendances s'organisent autour d'une cour dominée par un colombier monumental, coiffé d'un toit brisé en pavillon.







RESTAURATION DES JARDINS
vue du projet de Samuel Craquelin
Le plan de 1807, bien que peu détaillé, aurait pu ouvrir la voie à un projet de recréation des jardins d’origine. On y voit en particulier, côté Est (côté campagne), un grand parterre central encadré de deux larges allées parallèles, perpendiculaires au château et se rejoignant par un demi-cercle, lui-même donnant naissance à une longue avenue placée dans l’axe du perron du bâtiment.

Hélas, l’ancienne avenue est devenue un bois situé en dehors de la propriété, et à l’emplacement même des allées latérales poussent désormais les plus beaux arbres subsistants… pins, tilleul, mélèze, tulipier de Virginie, cyprès de Lawson, frêne pleureur. Restes du parc à l’anglaise de la comtesse de Tramecourt, ou plantés par Gustave Duhem, ces quelques spécimen font partie de l’âme du lieu et leur sauvegarde s’impose. Il fallait donc trouver autre chose…


Les propriétaires demandèrent alors à l’architecte paysagiste Samuel CRAQUELIN, établi à Lillebonne (Seine-Maritime), Grand Prix du Paysage 1995, de concevoir des jardins à la fois contemporains et traditionnels, mais avant tout en harmonie avec l’exceptionnelle architecture des bâtiments. L’avant-projet remis au début de 2002 fut soumis pour approbation à l’Architecte des Bâtiments de France, responsable de la protection des abords de tout monument historique. Les travaux ne débutèrent que par la suite.

Pour commencer, il a fallu nettoyer, supprimer : non seulement des haies de laurier cerise, des rangées de jeunes merisiers, de petits massifs, mais aussi une vingtaine d’arbres dans le sous-bois, malades ou en surnombre, tous issus de la régénération naturelle (sycomores et frênes). Le long de la rue de l’Égalité on dut abattre un alignement de grands peupliers d’Italie qui menaçaient autant les noyers du parc que les passants.


façade côté parc, avec le pavillon de service, la ferme et le pigeonnier monumentalLes premières plantations concernèrent les limites Sud, Ouest et Nord de la propriété, du côté du village. Avec le temps, elles permettront de mieux caler cette partie du parc à l’intérieur de ses limites. Le choix se fixa sur une longue haie libre, mi-caduque, mi-persistante. Les propriétaires insistèrent pour y inclure de nombreuses variétés d’arbres et arbustes rares ou intéressantes. Il s’agit ici d’un des aspects majeurs du nouveau parc qui devra avoir, non seulement des qualités esthétiques mais aussi un intérêt botanique, même pour les spécialistes. Dans cette optique, un embryon d’arboretum a été planté au Sud-Est, dans la partie délimitée par le château, le miroir d’eau et le pigeonnier.

Au début de 2003, cinq zones de plantes acidophiles ont été créées dans le sous-bois, au Nord-Est. Deux cents mètres cubes de terre de bruyère naturelle furent apportés. On y a placé des camélias, des rhododendrons, des hydrangeas. Malgré les conditions climatiques très défavorables rencontrées depuis leur plantation, ces végétaux semblent vouloir prospérer ici.


Dans le futur, la cour d’honneur et la cour de ferme seront remodelées et un jardin carré formel implanté à l’emplacement de l’ancien potager. Dans cette même zone, apparaîtront une pergola de glycines en prolongement de la chapelle, ainsi qu’une roseraie. Côté campagne, le niveau du miroir d’eau sera relevé et les gravillons disparaîtront au profit du gazon.





OUVERTURE AU PUBLIC

La visite est guidée et comprend la cour d'arrivée et la cour de ferme, la chapelle indépendante, puis, à l'intérieur du château, le salon d'entrée, le petit salon, la salle à manger et l'escalier d'honneur.

Le château et ses jardins sont ouverts au public du 1er juillet au 31 août inclus, tous les jours sauf le lundi, de 10 heures à 19 heures, ainsi que pendant les Journées du Patrimoine.
Les groupes de plus de 10 personnes peuvent visiter toute l'année, sur rendez-vous.


CONTACT

Château de Barly, 6 rue de l'Egalité 62810 BARLY
Tel. 03 21 48 41 20 - Fax. 03 21 73 77 97
E-mail :
Bdragesco@aol.com

 

parc


Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.



Plan de situation :