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Demeure familiale du Maréchal de
Vauban, le château
féodal de Bazoches, établi à mi-pente d'une
colline boisée sur l'emplacement
d'un ancien poste romain, en visibilité directe avec Vézelay
situé
à 10 kilomètres, fut construit au XIIème siècle.
Il est classé Monument Historique depuis 1993.
Descendants
de Charlotte de Vauban, fille ainée du Maréchal et
seule des trois enfants de Vauban a avoir eu une descendance, les
actuels propriétaires conservent avec soin, parmi un riche
mobilier, de nombreux souvenirs de leur illustre ancêtre.
HISTORIQUE

Trois points de repère permettent de mieux cerner la spécificité
géographique et historique du domaine de Bazoches
:
La Gaule romaine : Bazoches est en effet situé à une
cinquantaine de kilomètres
à vol d'oiseau de hauts lieux de la Gaule romaine : Bibracte, au sommet
du mont
Beuvray, capitale et oppidum des
Eduens où, en 52 av. J.C., Vercingétorix
se
fit nommer chef des tribus gauloises pour lutter contre César ; et
Alésia (en Côte d'Or) où se déroula la fameuse bataille
où César, après un siège
mémorable, fit prisonnier Vercingétorix qui mourut six ans après, étranglé dans
une prison romaine. Plus proche du château, Saint-Père-sous-Vézelay,
avec ses
fontaines salées, thermes romains bien connus.
Plus près encore, à 40
mètres
du château, la voie romaine reliant Sens à Autun, appelée
route de Julien l'Apostat (empereur
romain au IVème siècle).
Le douzième siècle :
c'est au cours du XIIème siècle (entre 1170 et 1190) que fut construit
le château, siècle qui connût un épanouissement
intellectuel, architectural (l'art roman) et spirituel sans précédent,
grâce notamment
à Saint Bernard (moine de Citeaux puis fondateur de l'Abbaye
de Clairvaux). C'est également au cours du douzième
siècle que fut
édifiée l'Abbaye de Vézelay (devenue plus tard
Basilique) où ce
même Saint Bernard prêcha la deuxième croisade.
Et s'il est fait ici tout spécialement allusion à Saint
Bernard, c'est que celui-ci s'opposa, dans des joutes verbales célèbres,
au non moins célèbre
philosophe Abélard, le père de la dialectique dont
le poète, Guy
de Bazoches, fut l'ami. Or, on suppose que c'est le fils ou le neveu
de Guy de Bazoches, Jean de Bazoches, qui construisit le château.

Le Maréchal de Vauban : en effet, il
acquit Bazoches en 1675. Or, son arrière grand-père,
Louis de La Perrière,
en était autrefois propriétaire et sa grand-mère,
Françoise de La
Perrière, aurait ainsi pu en hériter. Hélas,
des procès ruineux
la privèrent de cet héritage. C'est donc deux générations
plus tard que Vauban put reconstituer le
douaire de sa grand-mère.
Une parenthèse est nécessaire ici concernant le nom
même de Vauban.
Le Maréchal était issu d'une ancienne famille de la
noblesse du Cantal, les Le Prestre, qui vint s'installer dans la
région
dès le XVème
siècle en tant qu'experts forestiers. Ceux-ci y firent souche
et y acquirent en 1550 le petit château et les terres de Vauban
situés
à trois kilomètres de Bazoches s'appelant désormais
: Le Prestre de Vauban ; ils devinrent en quelque sorte les régisseurs
des La Perrière, seigneurs de Bazoches. Et c'est à la
fin du XVIème siècle que
le grand-père du Maréchal épousa la fille du
Comte de La Perrière,
propriétaire de Bazoches.
Revenons donc à la date de 1675 où Vauban put racheter les terres
et les châteaux de Vauban et de Bazoches. Ceci fut possible
grâce à une
gratification importante (80.000 livres) que lui accorda Louis XIV
en récompense
de la prise de la ville de Maestricht en 1672, trois ans auparavant.
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ARCHITECTURE
La féodalité est représentée ici par
la construction même du château
dont le tracé est strictement identique à ce qu'il
fut à l'origine,
c'est à dire un édifice trapézoïdal
constitué
de trois tours rondes, d'un donjon rectangulaire
auquels s'est jointe au XIVème siècle une tour plus
importante avec chemin de ronde et
mâchicoulis.
Seules,
l'aile Ouest et la tour d'angle Nord-Est furent
édifiées par Vauban qui ferma ainsi le château,
ouvert jusqu'alors en V sur la vallée.
Cette architecture féodale est annoncée et symbolisée, quand
on arrive au château, par un bastion reconstitué par Vauban à l'emplacement
extrême de la terrasse.
Pour résumer, le dessin au sol du château n'a subi aucune
modification depuis sa construction, soit depuis huit siècles
au cours desquels les seigneurs de Bazoches, puis de Chastellux,
de Montmorillon et enfin de La Perrière se succédèrent en tant que
propriétaires et ce jusqu'au XVIIème siècle au cours duquel Vauban
acquit à son tour le domaine.
Il faut noter aussi que Bazoches sortit indemne de la Guerre de Cent
Ans (terminée en 1453), des guerres de Religion (16ème siècle) et
de la Fronde (contre Mazarin - 17ème siècle).
De maison forte, refuge et forteresse au moyen-âge, Bazoches va devenir
à compter de son acquisition par Vauban, une garnison militaire et un bureau d'études et ce jusqu'à sa mort en 1707 :
 les
combles furent aménagés pour les hommes de troupes ;
soixante emplacements
furent créés dans les communs pour les chevaux ;
un pédiluve,
au centre de ces mêmes communs, fut aménagé pour les soins des chevaux,
pédiluve alimenté actuellement par de l'eau de
source captée sur le domaine ;
un deuxième
portail fut prévu par le Maréchal pour que des carrosses pénétrant
par le pont-levis puissent évoluer dans la cour ;
une grande
galerie, récemment reconstituée, fut aménagée dans la courtine donnant
sur la vallée ; cette aile édifiée par Vauban est
d'ailleurs la seule à posséder un toit à la Mansart , alors que le
style des couvertures des autres toits date du moyen-âge.
enfin, conservée
aujourd'hui avec soin, Vauban aménagea pour lui-même, pour sa femme,
qui ne quitta jamais Bazoches, et pour ses filles,
une partie du château.

Pour compléter l'aspect extérieur de Bazoches, il
faut mentionner les douves sèches qui entourent les façades
Nord, Sud et Est du château ; celles-ci furent malencontreusement
comblées vers 1830,
vraisemblablement parce que la contrescarpe était en mauvais état.
Lorsqu'en 1960 la télévision réalisa
un film sur Vauban, tourné à Bazoches, le château
attira l'attention de nombreuses personnalités dont les
officiers du Génie pour lesquels
Vauban est le grand patron vénéré. Avec l'appui
de Monsieur Messmer, alors ministre des armées, le 19ème
génie de Besançon, avec un
matériel important, put ainsi en 1966 dégager les
douves.
Les 10.000 m3 de terre enlevés redonnèrent
alors à cette
demeure son aspect initial assainissant par là même
de manière
définitive les fondations du château rongées
par l'humidité.
Par ailleurs, l'ancienne allée d'arrivée au château du temps de
Vauban ne suivait pas le tracé de la route sinueuse que l'on emprunte
actuellement. Elle partait tout droit du calvaire situé au bas
de la côte pour arriver à la hauteur de l'actuel portail d'entrée.
Cette allée bordée de platanes, appelée "pavé du Maréchal", existe
toujours et est entretenue avec soin.
La cour intérieure : elle présente un exemple exceptionnel de restitution
du décor tel que Vauban le réalisa lorsqu'il aménagea le château
à compter de 1675. Il faut rappeler que le recours
au badigeon et aux enduits pour embellir les monuments était la
règle aux XVIIème siècle.
Le cadran solaire : sur sa partie supérieure
sont reproduites les armoiries de Vauban dans lesquelles figurent
les trèfles et le croissant (excécutés à la feuille d'or et d'argent,
tout comme les chiffres et les lettres du cadran). En dessous,
sa devise "bellicae virtutis praemium" (le fruit de la vertu guerrière).
INTERIEURS
Entièrement meublé et chauffé, le château
offre à la visite
:
L'ancienne
salle des gardes : elle fut restaurée en 1630
comme l'indique la clé de voûte, cette date étant
gravée dans la pierre.
Elle jouxte une salle circulaire, située dans une tour,
qui etait
l'ancienne prison du château.
Le
grand salon et le salon rose : dans ces deux
pièces, un ensemble assez exceptionnel de meubles et de
tableaux, notamment du XVIIème et du XVIIIème siècles,
la plupart signés
et estampillés de maîtres connus.
La
grande galerie : récemment reconstituée,
cette aile du château n'existait pas lors de son acquisition
par Vauban
en
1675. C'est
lui qui
la fit construire en fermant ainsi la cour intérieure
qui jusqu'alors
était ouverte sur la vallée. C'est dans cette galerie
que Vauban aménagea un bureau d'études où il
travailla avec ses dessinateurs, ses architectes, ses ingénieurs.
C'est ici que furent conçues, mises au point et illustrées
de figures et de plans, une grande partie des études des
300 places fortes et ouvrages qui se trouvent disséminés
dans toute la France.
En son centre, sont disposés quatre grands panneaux où figurent
la généalogie des Le Prestre de Vauban, puis celle
des Hurault de Vibraye et des Drouilhet de Sigalas, propriétaires
des lieux, enfin celle de leur double ascendance Saint-Louis. Réalisés
par des artisans de la région, ces tableaux comprennent
près d'un millier
d'écussons en porcelaine de Limoges peints et cuits au four.
La
salle à manger : restaurée également
; au-dessus du vaisselier, un tableau représente le Comte
de Tonquedec de Crenolle, Maréchal
de Camp sous Louis XV.

L'antichambre
du Maréchal : y sont groupés
quelques livres intéressants et rares concernant principalement
l'oeuvre littéraire du Maréchal qui fut importante
et surtout extrêmement
diverse :
ouvrages touchant à la vie militaire, aux armes et aux
fortifications ;
une oeuvre impressionnante ne remplissant pas
moins de douze volumes qu'il intitula lui-même, non sans humour,
"ses Oisivetés" et qui touchent à des sujets aussi divers que la
construction des tours-phanaux (ancêtres de nos phares), la navigation
intérieure, l'utilité du peuplement du Canada, divers mémoires
(sur l'agriculture, les monnaies, la charte des blés, l'harmonie
des sciences, la statistique...).
un ouvrage se rapportant aux problèmes économiques,
fiscaux et politiques.
La
chambre du Maréchal : dans cette chambre
domine un prodigieux mobilier, prodigieux par son état et
sa rareté.
Cet ensemble unique est considéré comme un exemple
exceptionnel de ce que nous a livré, dans le genre, le XVIIème
siècle.
Le
bureau du Maréchal : ce cabinet de
travail de forme pentagonale a gardé son aspect d'origine,
ses boiseries et tout son décor de peinture dont une ravissante
voûte
ornée des oiseaux qui nous sont familiers.
Le
salon jaune : ce salon, dont les boiseries
n'ont pu être sauvées, renferme un certain nombre
de souvenir familiaux.
Les
bibliothèques : on se doit, ici, de
souligner le rôle considérable et déterminant
du Comte Tony de Vibraye dans la constitution et l'aménagement
des bibliothèques
de Bazoches.
Bazoches possède, grâce à lui, plusieurs bibliothèques
admirablement présentées regroupant près de
quatorze mille volumes.
La
chambre de la Maréchale : la
Maréchale ne quitta pratiquement jamais Bazoches, n'allant
pas
à la cour car ne souhaitant pas s'absenter pendant que son
mari courrait d'une frontière à l'autre de la France.
Seuls le plafond et les quatre portes n'ont pas été retouchés
depuis cette époque,
plafond sur les peintures duquel on reconnait les principaux attributs
des armoiries de Vauban, c'est-à-dire le trèfle et
le croissant, ainsi qu'une date précisant l'année
où cette pièce fut repeinte.
La
chapelle : réduite de moitié par
la création du deuxième portail dessiné par
Vauban, cette chapelle n'a plus guère que les dimensions
d'un oratoire. Aux boiseries rongées par l'humidité à cause
du comblement des douves en 1830 a succédé un décor
moderne, tout comme dans la petite sacristie et le couloir qui
y mène. Seules les peintures des voûtes ont pu
être heureusement conservées et restaurées.
Il s'agit d'un intéressant
témoin de l'art pictural aui XVIIème siècle,
daté de 1633, et attribué
à Jean Mosnier qui travailla notamment dans le Val de Loire
où
il décora entre autre les châteaux de Chambord et
de Cheverny.
TRAVAUX DE RESTAURATION
Avant 1966, date du dégagement des douves du château par le Génie
de Besançon, une longue période de fastidieux travaux avaient
été entrepris par le
Comte
et la Comtesse
Tony de
Vibraye,
alors
propriétaires
du château : terrassements divers, captage des sources, drainage
des terres, réfection des toitures des tours (celle de la grande
tour, haute
de 35 mètres, ne compte pas moins de 30.000 tuiles), remembrement
du Domaine, plantations forestières, etc.
En 1992, le Vicomte et la Vicomtesse de Sigalas décidant
d'ouvrir le château au public (seule solution réaliste
pour le sauver), durent effectuer les travaux de restauration
avant
son
ouverture effective, en particulier :
constitution
d'un important dossier en vue du Classement du château
réfection
de la moitié des toitures
construction
d'un imposant escalier d'honneur
reconstitution
et aménagement de la grande galerie avec notamment
la création
de quatre arbres généalogiques monumentaux réalisés
en porcelaine de Limoges
pose du
chauffage central dans l'ensemble du château et de la Régie
remise
à neuf de tout le réseau extérieur et intérieur (eau, électricité,
téléphone)
création
de nouvelles piièces et restructuration de l'ensemble de l'aménagement
intérieur du château en vue de sa nouvelle et double affectation
privée/publique
restauration
de meubles et de tableaux
création
d'un puissant éclairage extérieur
installation
d'un triple système de sécurité (extérieur
et intérieur)
création
de parterres, d'une billetterie, de bureaux, d'un magasin de
souvenirs et d'un parking
La totalité de ces travaux put être effectuée en un temps record
(cinq ans). Bazoches put ainsi ouvrir ses portes au public le
25 mars 1997.
Depuis cette date, les travaux n'ont pas cessé pour autant...
Ainsi ont été poursuivis la réfection des
toitures et enduits du château et des communs, comme l'aménagement
et la décoration
de plusieurs pièces dont les trois bibliothèques
du rez-de-chaussée.
OUVERTURE AU PUBLIC

Ouvert tous les jours du 25 mars au 5 novembre
de 9
h 30 à 12
h (dernier billet à 12 h - fermeture du château
à 12 h 45)
et de
14 h 15 à 18 h (dernier billet à 18 h - fermeture
du château
à 18 h 45)
Journée continue du 1er juillet au 31 août
A compter du 1er octobre le dernier billet est délivré à 17h
Particuliers : visites non guidées
avec textes dans toutes les langues
Groupes (+ de 20 personnes) : visites guidées sur réservation
Pour le reste de l'année (du 6 novembre au 24 mars), le château
est ouvert uniquement pour les groupes et sur réservation.
Ce prestigieux lieu de réception vous offre
la possibilité d'organiser
une après-midi, un soir au château de Bazoches
(cocktail, déjeuner, dîner), dans les salons ou la grande galerie, illumination
du château...
CONTACT
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès des
propriétaires.
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