CHATEAU DE BENAUGE
Arbis (Gironde)



Situé au sommet d'une colline dont l'intérêt est d'être l'un des points les plus hauts du Bordelais, le château commandait la plus grande partie du pays entre la Dordogne et la Garonne. Ayant conservé une partie de son système défensif, il est un bel exemple d'architecture militaire médiévale de cette région.

Son inscription à l'inventaire des Monuments Historiques date de 1980 ; son classement de 1995.

HISTORIQUE

Tout d'abord motte castrale, un donjon. en pierre vient compléter, au XIème siècle, les défenses de bois qui entourent la butte protégée par un fossé sec. Dès le XIème, la vicomté de Benauge est assiégée. Elle appartenait alors aux maisons de Gabarret, puis de Bouville.

Le château est détruit par les Anglais en 1253. Sa reconstruction, à la fin du XIIIème siècle, est due à Jean de Grailly. Ses héritiers successifs, les Foix-Candale et les ducs d'Epernon le conserveront. Des enceintes sont érigées sur lesquelles viennent s'adjoindre trois tours de défense, dont une a disparu aujourd'hui.

A la fin du XVIème, le duc d'Epernon modernise l'édifice, ouvre les baies et construit un bâtiment dans la cour. Mais, préférant son palais de Cadillac, il délaisse Benauge qui est vendu en 1700.

Durant la Révolution, le château est endommagé, la partie moyenâgeuse détruite. Les ruines et la partie habitable datant du XVIIIème seront vendues en deux lots.


C'est en 1913 que, grâce au grand-père de Philippe Journu (propriétaire actuel avec son épouse), le château sera de nouveau réuni en un ensemble cohérent retraçant son histoire, de l'époque médiévale au XVIIIème siècle. Philippe Journu le rachètera à sa tante en 1978.





ARCHITECTURE

Les éléments stratégiques défensifs du château de Benauge sont sa double enceinte, son vallum (imposant rempart en terre), ses hautes courtines et ses tours.

La porterie, qui permet l'accès à la basse-cour, appartient à la première enceinte ou enceinte basse du château. Transformée aujourd'hui en pigeonnier, elle avait, à l'époque, un étage supplémentaire (l'emplacement de deux corbeaux qui soutenaient le plancher est encore visible). Après avoir franchi le passage en arc brisé, on s'aperçoit que cette tour est caractéristique de l'architecture militaire des Plantagenet. En effet, son "ouverture à la gorge", c'est-à-dire du côté intérieur, permettait sa défense, un canonnage étant possible de la première enceinte (il était possible d'approvisionner en munitions les différents niveaux depuis la basse-cour).

Dans cette basse-cour subsiste une grange du 17ème siècle, et le mur d'enceinte basse muni d'archères en croix pattée. Une deuxième tour (également transformée en pigeonnier) est visible sur ce mur.

Sur la seconde enceinte, un tour magistrale qui est le système clé du dispositif défensif du château est construite sur une butte de 25 mètres de large, 10 mètres de haut et protégée par un fossé sec. Son rôle consistait à contrôler la basse-cour, la première enceinte et les alentours du château. Elle est munie d'archères simples.

Des pins parasols, plantés sur une terrasse que l'on atteint depuis cette tour en contournant le château, remplacent ce qui était, autrefois, un verger.

Au Moyen-Age, les remparts étaient surmontés de créneaux ; le corps de logis du château qu'ils abritent a été construit au 17 et 18ème siècles. D'anciennes fenêtres ont été murées : deux présentent un arc brisé datant probablement du 13ème siècle, une un arc en accolade probablement du 15ème, et d'autres des moulures prismatiques, probablement du 15/16ème siècle. Les grandes fenêtres, plus modernes, doivent dater du 18ème. Une porte est surmontée du blason des Jacquette de Gombaud. A l'intérieur, la grande salle, à l'origine sur deux niveaux, dans laquelle subsistent de nombreux culs de lampe, historiés ainsi que les restes d'une fenêtre à coussièges.

Un peu plus loin, une tour carrée était, au Moyen-Age, le corps de logis du seigneur du château.


Cette tour carrée devait être en partie ouverte à l'époque (on devine encore les arcs brisés dans la partie inférieure) et, dans la partie supérieure, on distingue deux baies (maintenant murées) à remplage gothique ; d'un côté, une géminée et de l'autre une triplée surmontées d'un occulus quadrilobé. On suppose qu'elle constituait, au Moyen-Âge, l'entrée principale du château. En effet, des boulets de pierre, retrouvés dans les murs effondrés, attestent probablement d'une attaque lors de la guerre de Cent Ans.

Trois tours subsistent sur la façade Ouest dont une a gardé sa hauteur d'origine ; les créneaux ont été murés. Des trous de boulins servant à fixer les poutres qui soutenaient les hourds sont encore visibles.





RESTAURATION


Depuis leur acquisition, monsieur et madame Journu essaient de redonner vie au château de Benauge. Aidés par l'Association des Amis de Benauge (créée en 1993), il se sont attaqués au débroussaillage, à la consolidation des murs (dont un mur d'enceinte qui s'était effondré sur 18 mètres de long et 10 de haut), à la restauration des voûtes, à la consolidation des charpentes... 32 mètres de balustres soufflés par un coup de vent en 1982 ont également été remontés par un jeune tailleur de pierres.

La tour Est du châtelet d'entrée a été consolidée (rebouchage des trous, rejointement des pierres par inclusion de mortier).

La tour carrée qui menaçait de s'effondrer, récemment rénovée, a valu aux heureux propriétaires d'être distingués par les Fleurons d'Or du Patrimoine, le premier prix revenant à l'Association des Amis de Benauge.

Les autres ruines du château et plus spécialement la chapelle sont sur la liste des restaurations à venir.





OUVERTURE AU PUBLIC

Propriété privée, le château de Benauge se visite pendant les journées du patrimoine ; le reste de l'année il est ouvert aux groupes sur rendez-vous.





CONTACT

 

Château de Benauge
33760 ARBIS
Tél. 05 56 23 62 64

Contact association :
tél. 08 99 23 59 83

site internet de l'association


sources : Base Mérimée ; journal Sud-Ouest

 


Plan de situation :