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Busséol tire son nom du latin Butéo qui veut dire buse, rapace,
par extension : rocher des rapaces, nid d'aigle. Le rocher qui supporte
le château constitue un site défensif naturel qui fut successivement
occupé depuis la plus haute antiquité. Des débris de poterie du
2ème siècle prouvent l'existence d'un castrum romain, de même que
la découverte de monnaies en bronze à l'effigie de César en 1870.
Construit au cours de la seconde moitié du 12ème siècle (1170) par
Guillaume VIII, Comte d'Auvergne, sur les bases d'un ancien château
sur un piton rocheux à environ 700 mètres d'altitude, le château
de Busséol est l'un des plus anciens d'Auvergne. Rare exemple de
l'architecture militaire romane parvenu jusqu'à nous, seul et dernier
témoin historique de l'ancien comté, ce château féodal abandonné
et ruiné depuis la Révolution, méritait à plus d'un titre d'être
sauvé et réhabilité. Sa restauration fut l'oeuvre de 30 années de
travail personnel de Monsieur et Madame HOULIER qui l'ont acheté
en 1966. Le château de Busséol inscrit depuis 1926 à l'Inventaire
Supplémentaire des Monuments Historiques (ainsi que le jardin) est
aujourd'hui entièrement restauré et c'est un extraordinaire exemple
d'une entreprise réussie.
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ARCHITECTURE

Limitée au Sud par le rocher inaccessible, la forteresse développe
à l'Est, à l'Ouest et au Nord, ses courtines massives, "crestelées"
flanquées d'une tour de guet et d'une maîtresse tour servant de refuge
suprême : le donjon.
L'escalier qui s'accroche à travers les rochers permet d'accéder à
une curieuse porte en plein cintre qui ressemble davantage à l'entrée
d'une chapelle : c'est la poterne principale protégée par une bretèche.
Cette poterne et son encadrement en pierres d'arkose aux couleurs
chaudes contrastent fortement avec les moellons utilisés pour le reste
de murs.
On pénètre directement dans l'ancienne salle des Gardes séparée de
la salle des Chevaliers par un portique à colonnes soutenant le lourd
plafond aux poutres massives. En 1976, la salle des Chevaliers fut
dédiée à l'Ordre de Saint Lazare de Jérusalem en mémoire de Guy II
et de Guillaume XII, comtes d'Auvergne, seigneurs de Busséol, bienfaiteurs
et protecteurs de l'Ordre dès l'époque des croisades.
Au
fond se trouvent deux salles basses à usage de cellier et de cuisine,
cette dernière faiblement éclairée par une superbe archère.
L'étage noble est réservé à l'habitation seigneuriale : la Grande
Salle possède une belle et rare cheminée romane,
étroite et haute, avec un foyer circulaire et une hotte conique. Sa
rareté (on en connaît seulement 4 en Europe) et son ancienneté (12ème
siècle) lui ont valu d'être classée. A la suite quatre chambres, dont
celle où coucha le Roi Charles IX. C'est encore par une porte en plein
cintre que l'on pénètre dans le coeur du donjon dont les murs atteignent
3 mètres d'épaisseur.
Le diamètre intérieur est d'environ 5 mètres. Sa hauteur : 27 mètres.
Il comporte 2 niveaux : celui où l'on se tenait à l'abri et le niveau
inférieur qui servait de réserve de vivres, d'armes... A gauche, se
trouve l'abri du guetteur aménagé dans la maçonnerie. Devant, au fond
d'un passage voûté, on pénètre dans la pièce la plus forte du château
: voûtée en coupole et de forme circulaire, légèrement éclairée par
une petite fenêtre que l'on atteint en montant quelques marches à
l'intérieur du mur. Cette pièce est destinée à l'usage exclusif du
suzerain. En son absence, le capitaine des gardes en possède seul
la clef. Si le château est pris, cet endroit reste le refuge où les
survivants mèneront l'ultime combat.
HISTORIQUE
Plusieurs personnages célèbres en furent les Seigneurs :
833 : Pépin 1er, Roi d'Aquitaine séjourne dans l'enceinte fortifiée
de Busséol.
1170 : Pape Alexandre III. Guillaume VIII, constructeur du château
de Busséol, offre celui-ci "au Pape, aux Saints Apôtres et la Sainte
Eglise catholique". Etant en guerre avec l'Evêque de Clermont, il
espère ainsi pouvoir protéger ses frontières au Nord du Comté.
1317 : Blanche de Clermont, fille de Robert de France, petite-fille
de Saint-Louis, roi de France, épouse Robert VII Comte d'Auvergne
et seigneur de Busséol.
1325 : Marguerite d'Evreux, comtesse d'Auvergne, Dame de Busséol,
fille de Louis de France, petite-fille de Philipe-le-Hardi, roi
de France. Elle épouse Guillaume XII, Comte d'Auvergne.
1332 : Jeanne d'Auvergne, Reine de France, Comtesse d'Auvergne,
Dame de Busséol. Belle-fille de Philippe-le-Long, roi de France,
épouse en secondes noces Jean-le-Bon, roi de France et duc de Normandie.
Elle est sacrée à Reims.
1361
: Jeanne de Clermont en Beauvaisis de la famille royale de France,
Comtesse d'Auvergne, Dame de Busséol. Epouse de Jean 1er, Comte d'Auvergne.
1396 : Jeanne II, Comtesse d'Auvergne et Dame de Busséol, épouse
Jean de Berry, frère de Charles V, Roi de France.
1420 : Bertrand V de la Tour d'Auvergne, Comte d'Auvergne et Seigneur
de Busséol épouse Marie de Boulogne de la famille royale de France.
1494 : Jeanne de Bourbon-Vendôme, Princesse du Sang Royal de France,
Comtesse d'Auvergne et Dame de Busséol, épouse de Jean III de la
Tour d'Auvergne, Comte d'Auvergne, Seigneur de Busséol.
1501 : Jean Stuart, Prince d'Ecosse, Duc d'Albanie, Régent du Royaume
d'Ecosse pendant la minorité de Jacques V. Comte d'Auvergne, Seigneur
de Busséol, épouse Anne de la Tour d'Auvergne, Dame de Busséol.
1524 : Catherine de Médicis, fille de Madeleine de la Tour d'Auvergne,
Reine de France, Comtesse d'Auvergne, Dame de Busséol, épouse de
Henri II, Roi de France, fils de François 1er. 1589 : Henri II,
Roi de France.
1590 : Marguerite de Valois, Reine de France, Comtesse d'Auvergne
et Dame de Busséol, épouse Henri IV, Roi de France.

1595 : Charles de Valois, Bâtard de France, fils de Charles IX,
Roi de France, Comte d'Auvergne et Seigneur de Busséol.
1609 : Louis XIII, Roi de France, Comte d'Auvergne, Seigneur de Busséol
par donation de Marguerite de Valois, reine de France.
1643 : Louis XIV, roi de France, Comte d'Auvergne et Seigneur de
Busséol ; après arrangement avec le Duc de Bouillon, cède la Seigneurie
et Château de Busséol à la famille de Frédéville qui conservera
l'ensemble jusqu'à la Révolution Française. Au moment de la Révolution,
le château appartient à Jean-Baptiste de MASCON, seigneur de Ludesse
et de la Martre, qui servit dans les Mousquetaires Noirs et fut
élu député de la noblesse aux Etats Généraux de 1789. En 1840, une
partie de l'ancienne seigneurie appartient au marquis de Vichy,
héritier de la maison de Mascon. Dans le courant du 19ème, le château
appartint à la nièce de Monsieur de Vichy, Isabelle, qui avait épousé
Ludovic Le Groing de la Romagère et fut vendu par celui-ci en 1880
à une famille de magistrats de la région. A la suite de l'effondrement
de ses toitures et envahi par une vigoureuse végétation, le propriétaire
s'en désintéressera. Après onze années de pourparlers difficiles,
il sera vendu à Monsieur et Madame HOULIER.
JARDIN DES CROISADES
Les trois photos qui suivent ont bien été prises au sommet du château
: vous ne rêvez pas !

Une terrasse haute, complétée par un étonnant jardin suspendu, l'ancêtre
des jardins français, aménagé entre les murs et limité par les parois
abruptes du rocher, permet d'atteindre rapidement les principaux points
de défense du château fort : les chemins de ronde qui courent à l'abri
de leur parapet crénelé, le sommet de la tour de guet, l'échauguette
qui permettait aux sentinelles d'être à l'abri pendant l'hiver. L'énorme
tour donjon domine cet ensemble. Ce jardin du Moyen-Age est situé
au niveau de l'étage noble c'est-à-dire de l'habitation seigneuriale.

Monsieur et Madame HOULIER ont là aussi gardé la configuration du
jardin médiéval qui comporte différentes variétés d'herbes, plantes
médicinales et aromatiques lorsqu'ils l'ont réaménagé en 1975. Selon
la tradition féodale, il est aménagé à l'abri des murs, traversé par
une allée centrale conduisant au chemin de ronde. Abrité des vents
du Nord-Ouest par le donjon et le principal corps de bâtiment au Nord,
formant un micro-climat, on peut donc y cultiver des plantes et des
fleurs méditerranéennes parfaitement adaptées à l'Auvergne. Il se
divise en niveaux différents créant une harmonie de couleurs et d'agréables
perspectives. Sur le côté Sud, le mur d'enceinte est percé d'une arcade
donnant directement sur les silos qui se trouvaient au pied du rocher,
là où prenait place l'ancien village.
Ce "jardin des Croisades" a été classé jardin d'exception par le
Conservatoire des Jardins et Paysages de France au printemps 1989.
RESTAURATION
Monsieur
et madame HOULIER ont commencé la réfection du gros oeuvre et la
remise en place des charpentes et toitures à leur place d'origine
permettant de retrouver le volume des pièces comme elles étaient
auparavant. Pendant les travaux, ils ont mis à jour une énorme citerne
pourvue d'une margelle monolithique en grès qui récupérait les eaux
de pluies des toits et alimentait la garnison. Le gros oeuvre a
été fait pendant 4 ans 1/2 par une entreprise de la région mais
la mise en place des dallages, carrelages (16 tonnes), enduits et
décoration intérieure, a été réalisée par Monsieur et Madame HOULIER
seuls. En raison du tout ce travail, le château de Busséol a acquis
auprès des défenseurs du Patrimoine une notoriété due aux conditions
exemplaires de son sauvetage.
Le château est habité par madame HOULIER et son fils qui accueillent
les visiteurs toute l'année.
OUVERTURE AU PUBLIC
Du 15 juin au 15 septembre tous les jours de 10 h à 12 h et de 14
h 30 à 18 h 30.
Hors saison : samedi, dimanche et jours fériés : de 14 heures 30
à 18 h 30.
Groupes : sur rendez-vous toute l'année.
CONTACT
Monsieur et madame HOULIER, Château de Busséol - Busséol - 63270
Vic le Comte
Tél/fax : 04 73 69 00 84
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès des propriétaires.
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