CHATEAU DES BOURINES
Bertholène (Aveyron)



Monument historique depuis 1963, l'important domaine des Bourines, situé dans la paroisse d'Anglars existait à l'époque des croisades. Il comprend un château et plusieurs bâtiments agricoles (granges, porcheries...).

chateau et ancienne forge au premier plan
La grange monastique des Bourines est la ferme fortifiée la plus remarquable et la mieux conservée du Rouergue. Dépendant de la Dômerie d'Aubrac jusqu'à la Révolution, elle a longtemps été considérée comme le plus riche domaine agricole de l'Aveyron.

Bien que mis en cause par les seigneurs de Séverac, les droits sur le domaine furent confirmés à la dômerie d'Aubrac lors d'un accord datant de 1369.

Les bâtiments fortifiés et la tour-donjon datent du XVème siècle, mais leur construction remonte vraisemblablement au début du XIIIème.

Le donjon servait à stocker les céréales récoltées sur le domaine ainsi que le blé issu des rentes féodales et des dîmes relevant de la Dômerie.



Flanqué aux quatres angles de tourelles, il dresse à 21 mètres de hauteur ses quatre étages et sa plate-forme sur voûte. Sur la face Sud de la plate-forme, une échauguette défend le pont-levis donnant accès à l'étroite porte percée au premier étage. Un conduit cylindrique pour l'évacuation des grains avait été aménagé dans l'épaisseur des murs.


LE CHATEAU DES BOURINES

le donjon :
tour-grenier ou donjon
Le château a été construit au début du XIIIème siècle. Son donjon est un bel exemple de l'architecture des greniers et abris fortifiés du Moyen-Age.

Au XVIème siècle, Georges d'Armagnac, cardinal, evêque de Rodez, Dom de l'abbaye d'Aubrac, ordonna la restauration du château et fit édifier le fronton d'entrée qui porte son nom et la date de 1547. Il fit construire l'avant-cour avec terrasse, la galerie à l'italienne (les gros piliers ronds portant les galeries bouchées datent du début du XVIème siècle) et fit ériger la croix sculptée, datant de 1579, située devant le château. Il fit également décorer la chapelle.

A la Révolution, les Bourines furent vendues comme bien national et rachetées en 1794 par la famille Granier de Montpellier (Guillaume Granier et son épouse, Fanny Durand), qui les conserva jusqu'en 1952.


En 1868, le domaine vit le mariage de l'une des trois filles Granier : Thérèse (1847-1933) avec Gabriel Aubaret (consul de France en Turquie). Elle héritera de sa mère, Fanny Durand, le château des Bourines. Délaissée par son mari, elle administrera seule le domaine, et se montrera d'une grande efficacité.

détail de la croix, classée MH
Les Bourines restent dans l'indivision jusqu'en 1934, soit un an après le décès de la comtesse d'Aubaret. Les terres furent partagées entre les quatre fils de celle-ci.

Le château revient à Milych d'Aubaret qui le légua en 1942 à son neveu Jacques du Cheyron du Pavillon. Le domaine avec le château comprenait alors 248 ha, le reste ayant été vendu à des agriculteurs d'Anglars.

En 1948, un particulier achète les 248 ha avec le château. Il les vendit en partie à quatre agriculteurs, en 1972. Le château, lui, fut revendu à un particulier de la région parisienne.

Aujourd'hui, le château est une propriété privée et les bâtiments agricoles sont partagés entre plusieurs propriétaires.

Le château et la croix sculptée sont classés aux Monuments Historiques ; les toitures et les façades des bâtiments agricoles sont inscrits à l'Inventaire Supplémentaire.

Charretterie et aire de battage :

Au XVIIème siècle, l'activité de la ferme permettait de procurer à l'abbaye d'Aubrac les céréales qu'elle ne pouvait produire sur le plateau, en particulier, le froment consommé par les moines.


porcherie en cours de restauration
Sous l'Ancien Régime, le domaine couvrait une superficie de 712 hectares ; en outre, le fermier jouissait du droit d'utiliser une montagne sur l'Aubrac pour estiver les troupeaux. Le moulin de la Peyrade, sur l'Aveyron, dépendait aussi des Bourines ainsi que le vignoble de Cruou proche de Marcillac.

En 1788, le cheptel se composait de 1.545 bêtes à laine, 18 paires de boeufs, 100 bêtes à cornes, 22 juments, 10 mules et mulets, 3 poulains, 1 étalon, 3 baudets, 16 cochons et 7 truies, 40 chèvres et 2 boucs. Environ 40 personnes travaillaient à l'année sur le domaine et l'on pouvait dénombrer jusqu'à 300 personnes lors des gros travaux d'été.

Porcheries du château : remarquable témoignage d'architecture rurale elles ont été bâties à la fin du XVIIème siècle, sur un plan ordonnancé, autour d'une cour-parvis fermée par un porche.





OUVERTURE AU PUBLIC

façade côté terrasse et système d'irrigation
Le château des Bourines est une propriété privée. Il n'est pas ouvert directement à la visite.

Toutefois en accord avec les propriétaires, l'Office de Tourisme du Laissagais organise chaque été quelques visites guidées qui s'étendent également au domaine agricole, indissociable du château.

Eté 2013 : visite commentée tous les mardis à 14 heures jusqu'au 27 août.
Renseignements et inscriptions obligatoires auprès de l'Office de Tourisme du Laissagais au 05 65 70 71 30.

Promenade libre dans le domaine.

Site internet

 


Plan de situation :