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A l'ombre de la forêt
du Trait-Maulévrier, non loin de Rouen, le château
du Taillis,
édifié au début du XVIème siècle
sur les fondations d'une maison forte
est
classé
Monument Historique. Il est entouré d'un parc somptueux
(inclus dans le Parc Naturel Régional de Brotonne).
HISTORIQUE

A l'origine du site, une léproserie dépendant de
l’abbaye de Jumièges existait sur le mont David Villa,
face au fief du Taillis. Celle-ci, construite
au XIIème siècle, était suffisamment éloignée
du bourg pour éviter toute contamination avec le village.
Un de ses abbés, Guillaume Defors, qui la gouverna en 1247,
fut inhumé dans la chapelle de la léproserie. Au
XIXème siècle des fouilles archéologiques
réalisées sur le site ont mis à jour sept
pierres tombales dont la plus belle, celle de l’abbé Guillaume
Defors, a été ramenée et installée
au château. Malheureusement, de nos jours, il n’existe
plus aucune trace de la léproserie.
A la même époque face à cette léproserie,
sur le site du fief du Taillis, un manoir fortifié servait
d’office de parquier et de défense de par son implantation
géographique. De cette construction défensive il
ne reste aujourd’hui que la très belle cave voûtée
du château.
En 1484, Robert DESTIN, Vicomte et chapitre de Notre-dame–de-Rouen,
chargé à l’époque de surveiller la construction
du Palais de Justice de Rouen, devient propriétaire du fief
du Taillis et rend l’aveu à son suzerain, le Comte
de Tancarville.
On trouve trace, vers 1518, d’un dénommé Jean
LASNEL qui avait acquis des terres au Hameau Saint Paul et qui
fut en 1521 Seigneur du Taillis.
C’est en 1532 que Richard du FAY se porte acquéreur
du fief du Taillis et se fait appeler Richard III Du FAY du TAILLIS.
Il était le grand vicaire de Georges Ier d’Amboise,
cardinal et premier ministre de Louis XII.
En 1573, la propriété est dévolue à Jehan
du FAY, châtelain du Trait et de Sainte-Marguerite ; Jehan
du FAY fut également Bailli de Rouen et Député aux
Etats de Normandie. Jean II du FAY meurt en 1615 ; son fils Jacques
I du FAY du TAILLIS achète le Comté de Maulévrier
en 1623.
Dans la seconde moitié du XVIIème, Jean
III hérite de la seigneurie. Claude Bernard
du FAY en devient seigneur de 1750 à 1789.
Dernier membre de la famille du FAY, il en fit
don à son arrière neveu, Ferdinand, en 1777. Celui-ci à son
décès, ne laissa qu’une fille mineure et la
propriété fut vendue sur adjudication en 1807, à M.
QUEVREMONT. Ce furent les descendants de ce dernier (la famille
LENEPVEU-BORDES) qui occupèrent la propriété jusqu'en
1980.
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ARCHITECTURE
La construction du château débuta dans la première
moitié du XVIème siècle. Le bâtiment
de style Seconde Renaissance Italienne est, à ce jour, l’unique
vestige de ce type en Seine-Maritime.
La façade est décorée
de pilastres doriques au rez-de-chaussée et ioniques au
premier étage. Des frises séparent les niveaux et
des niches, purement décoratives, achèvent d’agrémenter
la façade. La pierre utilisée pour la construction
est une pierre du bassin Parisien, la pierre de Saint Leu, acheminée
par bateau sur la Seine.
On suppose que la construction date des années 1540 et on
l’attribue à Richard du FAY. Ce dernier côtoya
les artistes employés aux constructions des tombeaux de
Georges Ier d’Amboise ou de Louis de Brézé en
la Cathédrale de Rouen. Ces artistes, d’inspiration
italienne participèrent aux constructions des châteaux
des cardinaux tels que Gaillon. On suppose qu’un de ces
artistes fut choisi comme architecte du Taillis ; en effet après
les travaux princiers, beaucoup cherchaient de nouveaux chantiers.
Richard décèdera en 1543 et les travaux de construction
au Taillis resteront inachevés. On ne sait si le
château était alors habitable.
Au bout de l’aile droite, il existe encore
aujourd’hui un bâtiment qui serait plus ancien que
le château. Ce bâtiment, devenu depuis la maison du
chapelain, n’était pas relié au château à l’époque.
Les seigneurs du XVIème siècle, dans le cas d’une
nouvelle construction, devaient conserver un endroit pour exercer
leurs droits seigneuriaux. Une fois les travaux achevés,
le bâtiment aurait dû être détruit. Le
château
n’ayant pas été terminé, celui-ci
fut conservé.
Sur la façade du château, une série de 12
blasons représente les mariages de la famille du XVème
au XVIIème siècles
; elle a été sculptée par la famille du FAY.
Ainsi sur chaque blason sont apposés le blason de l’homme
(du FAY) et celui de l’épouse. L’un d’entre
eux reprend la devise de la famille « Faire bien et laissez
dire ».

C'est à Jacques I du FAY du TAILLIS
que l'on doit la réalisation des
deux pavillons de chaque côté du château. Ainsi
deux pavillons de style Louis XIII sont ajoutés. Leur originalité repose
sur les deux demi arcs recouvert de feuille de cuivre. Ces deux
pavillons sont donc de style et de matériaux complètement
différents de la première construction.
Dans la seconde moitié du XVIIème, Jean III, héritier
de la seigneurie, ajoute un nouveau pavillon et raccroche son château à l’ancien
bâtiment.
Le premier pavillon, du début du XVIIème,
comporte une superbe chapelle consacrée à Saint Laurent
et érigée
sur deux niveaux ; un balcon surplombe l'autel. Le nouveau corps
de liaison contient la sacristie, et le
vieux bâtiment,
une fois réhabilité devient la « maison du Chapelain ».
Un plan terrier du fief du Taillis et de la baronnie
de Duclair datant de1672, présente les implantations
des différents
bâtiments :
Le château, composé de son corps central est agrandi
de chaque côté de plusieurs pavillons,
à l'Est,
on retrouve une chapelle extérieure,
un colombier à l’Ouest,
voisinant avec le puit,
les granges
Est et Ouest, avec au centre un portail encadré de
deux tourelles.
On devine bien la basse-cour du château délimitée
par les murs et les bâtiments.

Dans la seconde moitié du XVIIIème, Claude Bernard
du FAY fait ajouter deux
ailes supplémentaires en briques jaunes.
Ces deux ailes reprennent les dimensions exactes des deux pavillons
du XVIIème, pour un respect des symétries et des
proportions.
A cette même époque, l’ancien escalier
du château qui devait être central, fût démonté et
un grand escalier fut construit sur la façade arrière.
Celui-ci, de taille très importante, est de style classique.
L’escalier et les balustres sont de style Louis XIII.
Le
château
du Taillis, d'une surface habitable de 1.600 m2, se présente
aujourd’hui
dans l’état architectural qui était le sien
lorsque le dernier membre de la famille du Fay, Bernard, en fit
don à son arrière neveu, Ferdinand, en 1777. De nos
jours, en passant sur la route, à l’extrémité de
la perspective, peu de personnes peuvent constater les différences
de constructions et d’époque, tant le travail est
soigné. Le regard sur la façade permet d’admirer
un travail exemplaire de symétrie et de rigueur malgré les
300 ans d’âge entre les premières et dernières
pierres.
A noter qu’au contraire, sur l’arrière du château,
les différentes époques sont bien visibles.
INTERIEUR

L’intérieur du château a été modifié au
XVIIIème.
Les grandes pièces des siècles
passés ont été abandonnées pour plus
de confort. Lambris et décoration Louis XVI vont habiller
la plupart des salons.
La salle à manger, installée à proximité des
cuisines, offre un ravissant poêle alsacien, en brique réfractaire émaillée.
Ce poêle servait de cheminée et de chauffe plat. L’évacuation
des fumées se fait par une colonne et une vasque émaillée.
Le salon Chinois, salon de compagnie, est constitué de peinture
sur soie du XVIIIème, présentées dans des
boiseries Louis XV, de style baroque.
RESTAURATION ET AMENAGEMENTS

Au XVIIIème, de nombreux travaux et aménagements
sont réalisés au Taillis. Le confort et les nouveaux
plaisirs de la cour sont très suivis par les seigneurs du
Taillis. La chapelle est transformée alors en théâtre.
Ce nouvel aménagement conserve les mêmes proportions
que la chapelle, et l’autel est remplacé par une estrade.
Le châtelain pouvait donc s’adonner à ses essais
théâtraux. Le plafond de l’estrade en relief
représente un ciel nuageux.
Tout autour des peintures de
style Louis XIII décorent l’ensemble. Sur les murs,
des surfaces ajourées dans les boiseries permettent d’accueillir
les décors des pièces jouées.
De nombreux
décors peints ont été retrouvés dans
les écuries du château. Ces décors ont été peints
sur papier, papier cartonné ou sur toiles au XVIIIème
et XIXème siècles. Une machinerie est installée
dans les greniers pour actionner ces décors pendant les
représentations.
Dans les années 1930, la famille LENEPVEU-BORDES, propriétaire à l’époque,
fait l’acquisition de très belles boiseries d’époque
Régence. Ces boiseries proviennent d’un hôtel
particulier de Rouen, l’hôtel Bigot de Sommesnil, propriété du
maire de Rouen au XVIIIème. Ce grand salon sera décrit
par les frères Goncourt dans un de leur ouvrage « Charles
Demailly ». Ces boiseries exceptionnelles, cérusées,
représentent les quatres saisons. Ce salon est installé dans
le premier étage du théâtre. Les nombreux travaux
vont modifier l’estrade et faire disparaître les machineries.
Ce sont les derniers travaux apportés au château du
Taillis.
LE PARC

Le parc de 5 hectares conserve quelques aspects de l’inspiration « Française » des
XVIIème et XVIIIème. La perspective du château,
dessinée à l'origine par des allées d'ormes, est plantée
de tilleuls et
s’élève
sur
plus de 800 mètres. Certaines allées conservent de vieux
sujets taillés à la Française.
Une orangerie en forme de temple Gréco-romain s’appuie
sur un des murs d’enceinte de l’ancien manoir. Ce petit
bâtiment a un style architectural totalement atypique. Il
présente tout le goût des « folies » du
XVIIIème siècle.
Les murs seront complétés au XVII et XVIIIème
par de nouveaux, pour supporter de nombreux rosiers, des pommiers
et des poiriers en espalier.
Une serre à vigne repose contre
les murs entre les arbres fruitiers. Une tonnelle de glycine divise
en deux parties les potagers ornementaux. Des allées cavalières
seront créées dans les sous bois.
Face au château les granges et écuries seront réaménagées
au XIXème. Le portail fermant la basse cour sera démonté, pour
ouvrir à la vue la totalité de la perspective. Le
colombier sera démoli suite à l’abolition du
droit de colombage suivant la Révolution Française.
Au XIXème, le parc sera réaménagé à « l’Anglaise ».
Les jardins seront agrémentés de nombreux massifs
et de bosquets.
C’est également à cette époque
qu’une grande serre métallique chauffée sera
installée. L’ancienne chapelle du XVIème siècle
sera modifiée et transformée en garage à calèche.
Le parc présente aujourd’hui un savoureux mélange
des parcs à la Française et à l’Anglaise.
Certains des plus beaux arbres de la région, classés « Arbre
remarquable de France », rayonnent dans le Parc du Château
du Taillis.
Le plus vieil arbre du parc est un chêne datant
de la construction du château. Le plus grand est un
séquoia géant mesurant 36 mètres de hauteur.
Le plus bel arbre du parc est un hêtre pourpre tricentenaire,
majestueux.
De nombreuses essences complètent l’arboretum,
telle que le cèdre de l’Atlas, le tulipier de Virginie,
l’arocaria,…
Les parties classées du Château du Taillis sont les
suivantes :
tout le site,
parc et perspective,
le château
dans son intégralité,
l’orangerie,
les écuries à l’Est, la
grange à l’Ouest,
les murs
d’enceinte et de clôture.
OUVERTURE AU PUBLIC
Propriétaires depuis 1998 et constitués en SCI, Serge
et Carole NAVARRO font tout pour restaurer et réhabiliter
le château, l’ensemble de ses dépendances, le
parc et les jardins ; travail passionnant, enrichissant
mais coûteux en énergie. L’amour et l’admiration
sont les maîtres mots pour tenir la barre de cet édifice à travers
les siècles.
Pour aider au financement de ces réhabilitations,
plusieurs activités sont présentes sur place. De
nombreuses manifestations sont organisées toute l’année
et un Musée consacré à la fin de la bataille
de Normandie en août 44 est installé dans les écuries.
Des réceptions professionnelles et familiales sont organisées
dans les salons du château.
CONTACT
Serge et Carole NAVARRO
Château du Taillis
Hameau de St Paul
76480 DUCLAIR
Tél : 02 35 37 95 46 – 02 35 37 74 74
06 83 82 22 89
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