CHATEAU DE GRAND-RULLECOURT
GRAND-RULLECOURT (Pas-de-Calais)



Situé aux confins de l'Artois et de la Picardie, à l'emplacement d'un ancien château fort flamand avec tours et pignons en pas de moineaux, le château de Grand-Rullecourt, inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, surveille la route d'Avesnes-le-Comte à Lucheux qui constituait le fief des seigneurs de Rullecourt qui firent de généreux dons en terres à l'abbaye du Mont-Saint-Eloi

HISTORIQUE

façade côté parc : 19 travées, 48 fenêtres
La dernière demoiselle de RULLECOURT épousa un seigneur d'Olhain dont la famille occupa le château jusqu'en 1537, année où Marie d'Olhain, à son tour, épousa Jacques de HAMEL DE BELLENGLISE. Leur fille, Nicole, était dame d'honneur de Marie Stuart. Elle la suivit dans sa captivité et, le jour de son supplice, la reine lui donna sa croix en diamants.

Dix générations de cette famille vécurent à Grand-Rullecourt. Durant les guerres de religion, Antoine de HAMEL, seigneur de Rullecourt, fut l'un des chefs de la Ligue. Il mena une lutte acharnée contre les protestants et fut surnommé le "maréchal de la foi".



Après le siège d'Arras en 1640, lors du retour de l'Artois à la couronne, Philippe de HAMEL de Grand-Rullecourt signa la capitulation de la ville - circonstance qui lui procura le bonheur d'être le premier gentilhomme de cette province à avoir rendu son hommage au roi Louis XIII.

En 1745, Antoine-Constant de HAMEL, seigneur de Grand-Rullecourt, commença à bâtir son château contigü à l'ancien suivant le dessin de sieur Jean Joseph Watelet, échevin de la ville d'Arras, ami de la famille. Il ajouta au centre un grand avant-corps en pierre de trois travées aux angles arrondis, et sur le parc deux pavillons en saillie aux extrémités de la façade, dont le développement atteignit un total de dix-neuf travées. L'ensemble fut remanié sous la Restauration, notamment au niveau des toitures de lucarnes de pierre. Il fit bénir la chapelle du château, dédiée à la Vierge, le 22 octobre 1746. La cloche fut baptisée Constance. (Le dimanche 25 février 1990, l'abbé Bouveur, curé d'Avesnes-le-Comte, offrit une belle cloche en bronze qu'il bénit aux châtelains de Grand-Rullecourt, et la baptisa Constance II).

Les de HAMEL possédaient également une chapelle habitée par une Vierge miraculeuse -Notre Dame du Bon Secours- à Boubers-sur-Canche, lieu de leur caveau familial.
façade côté parc : avancée centrale en pierre et fronton

En 1759, le seigneur de Grand-Rullecourt, par lettres patentes du roi Louis XV, est fait marquis "Pour lui et les aînés mâles de ses descendants nés et à naître en légitime mariage, avec la faculté d'en appliquer le nom sur telles de ses terres et fiefs que bon lui semblera et de joindre à ses armes la couronne de marquis".

La chapelle a dû être transformée en 1787 comme l'atteste une lettre du prieur curé de Warluzel la trouvant "... très décente et fournie de tout ce qui est nécessaire pour y célébrer la saine messe".

Sous l'Ancien Régime, le village et son château dépendaient de la gouvernance d'Arras ; ils faisaient partie du baillage d'Hesdin et, suivant la coutume, du diocèse d'Arras, doyenné d'Aubigny, district d'Avesnes-le-Comte. L'Empire en fera le département du Pas de Calais.

Le second marquis, Paul-Joseph de HAMEL de BELLENGLISE, affrontera la tourmente révolutionnaire. Il fut élu maire de Grand-Rullecourt en 1790. Mais, devant le danger, il dut fuir à Anvers. Pendant ce temps, sa belle demeure fut mise sous séquestre.

On vint l'arrêter à Anvers. Il fut ramené à Arras, pieds nus dans la neige et emmené à Saint-Omer où, après un jugement inique, il fut guillotiné le 23 floréal de l'an IV.

Vendu comme bien national, Grand-Rullecourt fut acheté par le citoyen SERVATIUS qui l'habita de 1795 à 1843. Son fils connut une ascension sociale spectaculaire ! Sous-lieutenant d'infanterie en 1809, capitaine en 1815, colonel en 1832, maréchal de camp en 1844, baron en 1847, et général de division en 1851.

Dès 1827, le fils du marquis guillotiné, Antoine Constant, fait valoir ses droits au milliard des émigrés et en 1843 rachète Grand-Rullecourt, adjugé trois ans plus tard en vente publique. Voici la description parue dans l'"Abeille de la Ternoise" du 21 novembre 1846, avant la vente aux enchères : "Le vaste et beau château de Grand-Rullecourt est construit sur de très belles caves, la maçonnerie est en grès piqué jusqu'à la hauteur d'appuis de fenêtres".

La propriété fut acquise par monsieur CALLUAUD, receveur général des impôts. Sur les frontons défigurés par le martelage des armoiries des du HAMEL pendant la Révolution, il fit sculpter les siennes et cellles de son épouse, Mlle DUCHESNE de la MOTTE, sur la façade côté parc et, sur la façade côté village, on voit toujours leurs initiales : CD.

vue aérienne
Leurs fils, député de la Somme, mourut à Bordeaux pendant le siège de Paris en 1871. Sa fille épousa Alphonse du CROQUET de SAVEUSE. Mlle du CROQUET de SAVEUSE épousa le comte Wallerand de HAUTECLOQUE (oncle du maréchal Leclerc de Hautecloque), tué le premier jour de la guerre de 1914, ainsi que son fils Bernard.

La comtesse de HAUTECLOQUE vendit Grand-Rullecourt à MM. SIERENS et VAN CELEBROECK qui exploitèrent le bois et installèrent une scierie devant le château. Lorsqu'ils eurent vendu tous les arbres centenaires du parc pour faire des avions, ils revendirent la propriété à Maître VOISIN.



Le 7 décembre 1939, le roi d'Angleterre, Georges VI, selon un message de guerre qui passa à la radio pour annoncer sa visite "quelque part en France" afin de rencontrer ses troupes sur le front, s'arrêta à Grand-Rullecourt vers 11 h 30 sur la place pour passer en revue un groupe motorisé stationné dans le village depuis quelques jours. Ensuite, il s'en est allé déjeuner au château du Cauroy en compagnie de Sir Chamberlain.

Maître et madame BUNEAU, le vendirent à Patrice et Chantal de SAULIEU et leurs enfants le 24 décembre 1987.




armoiries du fronton côté parc : Piere Calluaud et Marguerite Duchesne de la Motte
ARCHITECTURE

Château 18ème, simple en profondeur, le corps de logis est élevé d'un rez-de-chaussée et d'un étage carré ; il les développe en façade sur dix travées réparties de part et d'autre de l'avant-corps, et se prolonge par deux ailes de trois travées en retour sur la cour.

Sur les murs de briques, la pierre apparaît en bandeaux horizontaux et en chaînes verticales appareillées en besace aux angles et en demi-harpe de part et d'autre des baies. Les toitures sont munies de lucarnes de pierre. L'avant-corps est surmonté d'un fronton armorié (sur le parc) et du monogramme de l'un des propriétaires, Calluaud-Duchesne et de La Motte (sur la cour). L'intérieur a conservé de vastes pièces.





PARC

La restauration des jardins reste à faire. Il ne reste de leur splendeur passée qu'un arbre devenu unique en Europe : l'aubépine du Mexique, essence en vogue au 18ème siècle.





TRAVAUX DE RESTAURATION

Monsieur et Madame de SAULIEU ont souhaité, en achetant Grand Rullecourt, montrer quelles étaient les solutions d'avenir pour la restauration et la conservation de ces biens souvent si difficiles à entretenir.

très bel escalier intérieur
Le château était à l'abandon depuis la guerre 1914 lorsqu'ils en devinrent propriétaires. Il était habité par des gens du village qui étaient sans toit. Monsieur et madame de SAULIEU ont aménagé un espace pour y vivre et pouvoir commencer les premiers travaux, cohabitant avec certains villageois pendant plusieurs années.

La toiture était en relativement bon état. Les joints des murs extérieurs ont été refaits ; toutes les pierres et toutes les briques qui étaient abîmées, changées. Le perron fut refait au centre. A l'intérieur, tous les plafonds du château étaient troués ( 25 pièces). Ces trous furent rebouchés, les plafonds repeints. Il n'y avait pas d'eau, pas d'électricité, du grillage aux fenêtres à certains endroits, une ferme accolée, des wc dans la chapelle, des douches dans la bibliothèque, une baignoire dans la salle à manger...

Ce fut un véritable travail d'équipe, parents et enfants effectuant les travaux et restaurations compatibles avec leurs capacités. Toute la famille s'est mise au travail pour réparer, colmater, coller, mastiquer et repreindre les 104 fenêtres.

Les angles des murs entre les ailes et le bâtiment central côté village ont été refaits car les poutres étaient pourries.

Les chambres d'hôtes furent aménagées dès le début et le château fut ouvert pour la première fois au public le 24 avril 1989.




Une association a été créée afin d'aider à la restauration du château :

l' Association des Amis du Château de Grand-Rullecourt (Association sans but lucratif -loi de 1901- J.O. du 08/03/89)
Membre bienfaiteur : 150 E ; membre donateur : 90 E ; membre Actif : 20 E ; membre sympathisant : 50 E





une chambre d'hôteOUVERTURE AU PUBLIC

Monsieur et madame de SAULIEU mettent à votre disposition onze chambres d'hôtes dont six au château. Ils vous recevront également pour des séminaires d'entreprise.

Le château est ouvert au public en juillet et août tous les jours, sauf le lundi, de 14 à 18 heures.

Prix d'entrée 5 euros par personne et 3 euros pour les enfants de 10 à 16 ans.

Il est ouvert toute l'année pour les groupes sur demande ; le prix est de 4 euros à partir de 10 personnes.


Des événements ponctuels sont organisés :

mercredi 9 mars 2005, un artiste Biélorusse, donnera un concert Chopin, sur le piano forte de la maison, suivi d'un dîner buffet.
samedi 7 mai 2005 à 19h, Madame Jeanson, parlera de la Bataille de Bouvines, conférence suivie d'un dîner buffet.
en juin 2005, Monsieur Patrice d'Ollone, donnera un concert sur le piano forte, suivi d'un dîner buffet.
en octobre 2005, SAS le Prince de Ligne animera un dîner débat.





Constant Idoux, huile sur toile, février 1990
  CONTACT

Mr & Mme Patrice de Saulieu
Château de Grand-Rullecourt
Place du Château
62810 GRAND-RULLECOURT
Tél : 03 21 58 06 37
Fax : 03 21 22 80 70

Internet
mail : c.de.saulieu.gr@tiscali.fr


Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.



Plan de situation :