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HISTORIQUE
"Grandi Campus" est le nom d'un vaste domaine agricole dont l'origine
remonte à l'époque gallo-romaine.
Vers l'an 638, Dagobert 1er fait donation à l'Eglise de Sainte Colombe
et de Saint Loup de la "villa de Grandchamp" qui, plus tard, deviendra
une seigneurie.

Château de Grandchamp en 1857 |
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Château de Grandchamp aujourd'hui
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Parmi les artistes que François 1er fit venir d'Italie, figuraient
deux frères du nom de DELLA REBIA (dont le nom fut francisé en de
LA ROBIE), descendants d'émailleurs florentins. Le plus jeune, Girolamo,
architecte du Roi, eut un fils, François, qui épousa Françoise CHOART,
dame de Grandchamp aux environs de 1600. Cette demoiselle possédait
probablement cette habitation qui fut reconstruite par les de La ROBIE
entre 1610 et 1642, les épis de faîtage en grès vernissé couronnant
les communs, datés de 1642 et signés, attestant de cette période et
de la fin des travaux. C'est à cette famille qu'est due la construction
du château actuel et de ses communs.
Les différents propriétaires ayant succédé aux de LA ROBIE, ont été
les JORDY DE CABANAC, qui vendirent autour de 1764 aux TOMBEBOEUF
; ceux-ci eurent deux filles dont l'une se mariat avec un monsieur
du ROURE, officier de Marine, qui fut maire de Grandchamp. Les arrières
grand-parents de monsieur MARINGE achetèrent le château aux du ROURE
en 1869.
LE CHATEAU
Les extérieurs du château sont classés Monument Historique depuis
1949 ainsi que le pigeonnier Henri IV, probablement construit antérieurement
à la maison, les communs et le canal (miroir d'eau qui se trouve à
l'Est de l'ensemble).

Les appareillages en brique ainsi que les médaillons caractérisent
particulièrement cet ensemble. On compte au moins 100 sortes de briques
différentes dans la construction du château. Rien d'étonnant : nous
sommes dans le pays de l'argile permettant aisément leur fabrication.
Le château fut bâti sur l'emplacement du vieux manoir des LE ROY,
seigneurs de Grandchamp au 16ème siècle, dont l'aile gauche orientée
Ouest et ses tours carrées avaient été conservées. En 1830, des amis
des propriétaires du château de Prunoy, situé non loin de Grandchamp,
qui visitaient la région parlaient du château de Grandchamp comme
du château aux tours carrées. Grâce à ce courrier, on peut être certain
que l'aile gauche existait en 1830. En 1857, elle n'existait plus.
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L'aile gauche était
un bâtiment assez important constitué d'un rez-de-chaussé
surélevé, accessible par un perron, d'un étage
complet et d'un étage mansardé. Elle faisait face
à l'aile orientée Est qui subsiste de nos jours
et était flanquée de deux tours carrées
dont on aperçoit encore la base pour l'une d'entre elles,
à l'arrière de la petite cour. |
De très grosses transformations ont certainement eu lieu, apportées
par les de LA ROBIE, car ce château, parfaitement résidentiel aujourd'hui,
présente encore quelques aspects de défense. On remarque en effet
des passages de chaînes au dessus du porche d'entrée qui était équipé
d'un pont-levis (deux passages de chaînes au-dessus de la porte charretière
; un au-dessus de la porte piétonne). La première partie du pont est
en pierres, la seconde en bois. Sous le pont, se trouvent, sous la
partie bois la plus proche de la partie habitation, des
corbeaux
qui devaient permettre de lever le pont-levis.
Quand
la famille de monsieur MARINGE a acheté le château en 1869, il était
identique à une photo de 1857 de l'Illustration qui le représente
avec, à gauche du porche d'entrée, une petite aile courte, à droite
une aile un peu plus longue et une seule aile construite perpendiculairement
à la façade et orientée vers l'Est. Il est donc certain que le pavillon
important orienté Ouest avec les tours carrées a été construit avant
le château. Quand les de La ROBIE ont construit l'aile Est, ils ont
gardé la structure du porche et celle du pont ; les douves existaient.
On peut imaginer qu'ils ont construit la grande aile droite avec la
même largeur que le pavillon de gauche aujourd'hui disparu. En façade,
ils ont construit les deux petits pavillons, un (celui de gauche)
étant, compte tenu de la place dont ils disposaient, plus petit que
celui de droite.
Le château est entouré de douves en eau. Le mur de ces douves est
recouvert d'un chapeau de gendarme en terre cuite (encore l'utilisation
de l'argile). Elles sont alimentées par l'Ouanne qui se trouve en
contrebas du terrain ; un jeu de vannes aval et un jeu de vannes amont
en maintiennent le niveau. Deux petits passages aménagés sur le mur
qui borde le bief permettent de baisser la rivière sans vider les
douves. Elles se vident par un système de vannes qui coule dans la
rivière. Ceinturant la grande cour, en bord de route, se trouvent
des douves sèches maintenant remblayées.

Les communs de gauche, quand on fait face au château, abritaient les
voitures à cheval, les chevaux, la sellerie. Ils sont équipés de deux
tours dont celle qui se trouve le plus près du château contient un
four à pain. Ceux de droite abritaient les autres animaux.
A l'arrière des communs de gauche, on remarque qu'il n'y a pas d'ouverture
(les ouvertures existant sur la grande cour sont récentes) à part
une petite porte qui était un passage. Autrement dit la vie se passait
dans ce que l'on appelait la basse-cour. L'absence d'ouvertures était
également une façon de se protéger. La façade arrière des communs
de droite a été ouverte par les arrières grand-parents de monsieur
MARINGE à la fin du 19ème siècle, les animaux pouvant ainsi sortir
sans abîmer la grande cour.
Il existait un pressoir qui a été démoli et un moulin qui a brûlé
en 1904 ; tout était fait pour pouvoir vivre en autarcie.

Tous les bouts de toiture des communs étaient couronnés d'épis de
faitage en grès vernissé ; un seul reste entier, les autres sont plus
ou moins cassés ou remplacés par du zinc. Cet épi de faîtage d'origine
se compose de deux parties : une embase portant au-dessus une boule
au pied de laquelle on aperçoit un trou, celui-ci servant à ficher
une cheville solidarisant l'embase et la boule. Cet épi de faîtage
est daté de 1642 et porte les initiales RC. Est-ce une famille CAGNAT,
potiers importants de la région de Saint Amand en Puisaye ? ; elle
porte aussi un numéro d'ordre, le numéro 3 ; un autre épi porte le
numéro 2. Il en reste quelques uns plus ou moins détériorés, les autres
ont été remplacés mais cela permet de dater la maison.
La grille d'entrée, d'époque, a été montée en atelier comme une charpente
c'est-à-dire assemblée, chevillée légèrement (les pièces de fer sont
repérées de manière à faciliter l'assemblage : on retrouve des chiffres
romains, des coups de pointeau, des lettres et des coups de burin
pour repérer les pièces). Elle est en fer forgé travaillé et percé
à chaud. Les scellements de la grille sont en plomb.

Autour du pigeonnier Henri IV avait été créé un bassin avec une prise
d'eau dans le bief et un système de vanne qui permettait d'évacuer
l'eau dans l'Ouanne. Une rocaille y avait été aménagée sur laquelle
on pouvait marcher, avec des petits passages d'eau. La famille de
monsieur MARINGE a éliminé ce bassin au début des années 1960 ; les
rocailles étant très incrustées dans le pigeonnier, il fallut, quand
elles furent ôtées, reconstituer les rangées de boulins qui n'existaient
plus à l'intérieur ; on en compte environ 2.700. Une échelle tournante
à double volée permet de les nettoyer.
A certaines périodes de l'année, et particulièrement au moment des
plantations, les pigeons étaient enfermés à l'intérieur. Les mansardes
d'un pigeonnier sont toujours ouvertes vers le Sud ou l'Est, à l'abri
des vents dominants. Elles sont munies de petits volets à claire voie
par lesquels la lumière et l'air passent de manière à ce que les pigeons
puissent vivre quelque temps sans sortir. Ils étaient donc nourris
sur place. En général, les pigeonniers sont équipés d'une chambre
au niveau du sol ; celui-ci n'en a pas probablement à cause du risque
d'inondations de l'Ouanne. L'intérêt d'une telle chambre est de pouvoir
stocker le grain pour alimenter les oiseaux.

Le miroir d'eau de 400 mètres de long, situé à l'Est, fait partie
de la propriété dont il est séparé par une petite route (demande d'alignement
datant de 1848) ; auparavant, il devait y avoir un accès direct depuis
l'aile Est. Il faut noter que le mur qui borde le canal au niveau
de la route est construit sur du bois, les pièces étant disposées
de façon perpendiculaire au mur de manière à ce que les fondations
tiennent, le sol étant constitué de glaise. On distingue très bien
le travail de la brique en forme de "chapeau de gendarme".
LE PARC
Le parc planté de sapins faisant face au château fait environ 6 hectares.
Celui qui entoure le château est de dimension plus modeste. Dans le
parterre attenant au pigeonnier, existait un jardin anglais ; on y
trouvait la pièce d'eau entourant le pigeonnier, une autre petite
pièce d'eau appelée "haricot", une charmille, de nombreuses petites
allées. Il est maintenant simplement planté en gazon, ceci faisant
gagner de l'espace et du temps passé en entretien.
RENOVATION
L'aile gauche de la façade Sud ainsi que la tour d'angle ont été reconstruite
respectivement en 1877 et 1900.
La famille de monsieur MARINGE n'a pas cherché à innover. Pour rénover,
ils ont copié brique pour brique, ont fait refaire les briques à l'identique
et toutes les restaurations ont été réalisées selon le modèle de la
construction précédente ; une différence à noter cependant : au 18ème
et aux siècles précédents, les briques avaient 3,5 cm d'épaisseur,
étaient moins cuites et beaucoup plus roses, alors que les briques
du 19ème qui ont été faites ont 5 cm d'épaisseur et sont beaucoup
plus cuites. Par contre, au point de vue motif, ils ont copié rang
pour rang. Les briques qui ont servi à la restauration ont été fabriquées
dans la briquetterie qui appartient toujours au domaine et se trouve
à environ 2 kms, mais dont le fonctionnement s'est arrêté en 1913.
Une passerelle en fer relie la cour intérieure au parterre.
VISITES
Les extérieurs du château étant classés aux Monuments Historiques
sont libres à la visite toute l'année.
CONTACT

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Monsieur et madame Bernard MARINGE Château de Grandchamp
89350 Grandchamp |
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès des propriétaires. |
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