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HISTORIQUE et ARCHITECTURE
Les archives attestent d’un seigneur de la Barge dès
1190.
Construit à proximité d’un gué sur
la rivière de Dore desservant un ancien cheminement (voie
romaine), le château de la Barge porte le nom de son affectation
première. Les voyageurs ou les riverains trouvaient à cet
endroit des «barges» ou barques qui leur permettaient
de passer l’eau, l’endroit étant surveillé et
gardé par le château. Les LA BARGE y firent souche,
puis le transmirent par mariage en 1711. Il est entré à cette
date dans la famille des MONTMORIN qui y habite encore de nos jours.
Le château est une construction rectangulaire entourée
de douves et flanquée de quatre tours d’angle. Plusieurs
autres tours reliées entre elles par les murs d’une
enceinte, ainsi qu’un pont-levis servirent à sa
protection. A une quarantaine de mètres au Sud, dans la
direction de Courpière, trois tours accolées formaient
un passage étroit
protégeant l’accès au pont-levis. L’une
d’elles, plus tard transformée en colombier, subsiste.
Le colombier est à l’écart des brouhahas de
la ferme. Il possède une échelle tournante et 521
boulins. Ce sont des pots en terre insérés dans les
murs et fabriqués
sur place pour éviter les casses lors du transport. Son
unique fenêtre donne, selon l’usage, au Sud.
On retrouve plusieurs détails de la construction primitive
du château : quelques pierres d’un escalier à vis
et d’une cheminée, un placard maçonné dans
l’épaisseur d’un mur, des entourages de portes
et de fenêtres, traces de pièces voûtées
du rez-de-chaussée, une trappe d’échappement à la
voûte d’une tour, une archère,
les bases en saillie de tours…
Une partie de l’enceinte
a été adaptée à d’autres
usages et l’établissement de la cour d’honneur
a nécessité le remblayage des douves à l’Ouest.
Le pont-levis, devenu inutile, a été supprimé et
le château lui-même a reçu de nombreuses modifications
jusqu’au 18ème siècle.
Dans la deuxième moitié du seizième siècle,
les guerres de religion, très vives en Auvergne, étaient
source d’inquiétude. On a tenu garnison à la
Barge. Quelques lettres de François de LA BARGE, capitaine
de cinquante hommes d’armes, à son frère Etienne,
Chanoine Comte de Lyon, qui veillait sur la maison familiale lorsque
son frère était au loin, illustrent les précautions à prendre à cette époque
: « il faut tenir la porte réparée »… « entretenir
la haie de façon à pouvoir sortir du château à cheval
sans être vu »…(Archives de la Barge).
Malgré les guerres, la vie civile va supplanter l’organisation
militaire pour apporter plus de confort aux habitants et se plier
aux goûts nouveaux. Le château s’habille sur
trois cotés d’une terrasse à hauteur du premier étage.
Portée par une colonnade et des arcades, elle est bordée
de quatre cents balustres. Conçue pour la déambulation,
la terrasse permettait de voir la campagne et le jardin que Gabrielle
de LA BARGE évoque par ces mots dans les années 1570-
1590 « …pour que les bordures de mon jardin ne restent à faire »…,
mention du « jardinier »,… « achetez des
plançons de saules jusqu’à 2000… ».
Les points de suspension figurent les trous de souris faits à la
correspondance.
La terrasse conduit à une chapelle de construction soignée
dont le prix-fait date de 1569 : écussons et fines arêtes
aux voûtes, cinq fenêtres sculptées et garnies
de vitraux renaisssance remarquables, porte d’entrée
armoriée… En 1568, une troupe protestante passe à la
Barge. Nous ne connaissons pas l’étendue des dégâts,
la phrase d’une lettre nous apprend qu’ « autant
ils (les protestants ) l’ont démolie, nous la reconstruirons ».
Une première chapelle existante sans doute. Un an après
le drame, en 1569, un marché est conclu entre deux maîtres
maçons et les LA BARGE (parchemin conservé). Le marché détaille
la chapelle actuelle.
Par contre le parchemin décrivant la commande des vitraux
n’a pas été retrouvé. Cependant le registre
de la paroisse de Courpière signale le décès
en 1616 d’un maître peintre-verrier prénommé Jehan, « vivant à la
Barge, et décédé à la Barge » ;
bien que son nom de famille ne soit pas précisé,
il est logique de lui attribuer la paternité des vitraux.
Peut-être cet artiste inconnu s’appelait-il BROHET.
Peut-être fut-il le père de Maitre DURAND BROHET,
alias BROUHET, « maistre peintre-vitrier » de Courpière,
et le grand’père de Maitre Jean BROHET qui exerçait
cette activité à Courpière en 1643 (registre
de l’état civil de Courpière). D’autres
vitraux de la même facture, un autre « Jehan »… nous
mettront-ils un jour sur la piste du nôtre ? Nous encourageons
d’avance tous les chercheurs qui voudront bien se manifester.

Classement :
la chapelle et les colonnades ont été classées
Monuments Historiques dès 1922. Actuellement, le château,
les douves, le grand jardin avec ses parties construites (bassins,
pavillons,
perron et grille,
murs…) le sont également.
La ferme et les communs sont inscrits à l’Inventaire
des Monuments Historiques.
Le parc, dessiné sur une quarantaine d’hectares, avec ses
allées formant perspectives et son hydrographie complexe
(canal, carte Cassini,) ajoute de l’intérêt à l’ensemble
représentatif de la vie en autarcie à la campagne.
A une époque où l’environnement intéresse,
nous espérons qu’il fera un jour l’objet d’une étude.
Les archives de la Barge concernant le 16ème siècle
sont abondantes. Elles couvrent des faits de guerre en Auvergne
et dans d’autres régions. Elles donnent des détails
sur la vie et les lieux habités par les différents
membres de la famille des LA BARGE, et sur la Barge même.
L’ensemble de ces archives, qui va du Moyen-Age au 18ème,
a été microfilmé par les Archives Départementales
de Clermont-Ferrand.
La descendance de Jean Baptiste de LA BARGE, dernier du nom, mort
en 1700, s’allie aux MONTGON, puis aux SUBLET d’HEUDICOURT,
proches de la cour. La petite fille de Jean Baptiste de LA BARGE,
Marie Michelle de MONTGON, épouse en 1711 François
Gaspard de MONTMORIN, seigneur de Seymier, la Chassaigne … et
apporte à son mari le fief de la Barge.
François Gaspard de MONTMORIN est menin du dauphin, comme
le sera à son tour son fils Armand Gabriel. Proches de la
cour, les membres de cette famille sont témoins des chantiers
royaux et ont vu s’élever de magnifiques châteaux
entourés de beaux parcs à proximité de Paris.
En Auvergne, ils interviennent à Seymier, à la Chassaigne à Vollore… A
la Barge, une reprise en main énergique sur tout le domaine
a lieu. On songe un premier temps à détruire le château
primitif jugé trop petit et mal commode. Mais finalement
le bon sens auvergnat l’emporte. Le château est conservé et
bénéficie de différentes réparations,
planchers, cheminées, fenêtres plus spacieuses… Les
communs sont réaménagés ou agrandis. Le vieux
château est rajeuni ainsi que le grand jardin qui lui fait
face. Les comptes familiaux, des plans et quelques lettres nous
le racontent. Le jardin évoqué à la renaissance
disparaît pour reparaître sous une autre forme plus à la
mode, toujours dans l’axe du château mais rattaché à un
parc nouveau.
Le centre du château loge un imposant escalier renaissance à double
révolution. Jusqu’au 18ème siècle on
vivait surtout à l’étage, les pièces
du bas étant restées utilitaires : cuisines, salle
des gardes…
Puis, Catherine LEGENDRE de COLLANDRE fit aménager
au rez-de-chaussée une salle-à-manger. Le plafond
est voûté dans le même esprit que celui du « salon
rouge », de la salle de billard et des deux pavillons de
jardin.
Devenue veuve, Catherine LEGENDRE de COLLANDRE continua à habiter
le château, souffrant du froid (elle fait venir de Paris
un poêle, les cheminées ne suffisant pas), afin de
mener à bien les travaux faits pour son fils unique, Armand-Marc,
dernier ministre des Affaires Etrangères sous Louis XVI,
et son fidèle ami qui n’émigra pas.
Ces travaux ont été réalisés au temps
des parents d’Armand-Marc de MONTMORIN dont la famille connut
un sort tragique en 1792 et 1793. Pauline, seule épargnée,
devenue Comtesse de BEAUMONT, encouragea Chateaubriand dans sa
jeune carrière. Des pages touchantes l’évoquent
dans les Mémoires d’Outre Tombe. Enfant, elle joua
dans les jardins de la Barge. Par la suite, Armand-Marc de MONTMORIN
vendit la Barge en 1784 à son
cousin de Vollore, Jean-Baptiste de MONTMORIN SAINT HÉREM.
Il emporta une partie des papiers concernant les travaux exécutés à la
Barge par ses parents et grands parents, par sa mère Catherine
LEGENDRE de COLLANDRE, si bien que la transition 16ème /
17ème-18ème des archives de la Barge ne fonctionne
pas aussi bien qu’on pourrait le souhaiter. Cependant il
reste des plans intéressants tracés au 18ème,
leurs commentaires et des lettres. Ces documents permettent de
retracer les souhaits et les réalisations qui ont suivi,
confirmés par le cadastre de 1810 et un plan de 1832.

Quelques dégâts eurent lieu à la révolution
: principalement les trois belles grilles, la séparation
de la cour d’avec
le jardin en fer forgé également, les girouettes à fleurs
de lys des quatre tours du château, la pierre armoriée
de la façade principale et les bases des colonnes soutenant
la terrasse. Les propriétaires du moment, Jean-Baptiste
de MONTMORIN SAINT HÉREM et son épouse, furent tenus « fermés » dans
une maison à Thiers. Nicolette, qui veillait sur leur petite
fille de huit ans, courut mettre des pierres sur la bonde des douves,
afin d’éviter qu’elles soient vidées
pour « pécher le poisson ».
Par la suite, seule
la grille du jardin fut retrouvée et remise en place. Elle
est d’un très beau modèle qui fait regretter
l’ensemble disparu.
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LA CHAPELLE
Beau souvenir du 16ème siècle laissé à la
Barge. A cette époque, la liaison Thiers-Ambert se faisait
par une route unique, l’actuelle D 58 à la hauteur
de la Barge. La N 906 n’existait pas. Après avoir
commis des ravages à Thiers, une troupe de protestants se
dirigea vers Ambert (Imberdis). Elle passa donc obligatoirement
par la Barge et fit de même (Archives de la Barge).
La chapelle est de style gothique tertiaire, les clés de
voûte portent des armoiries doubles représentatives
des mariages familiaux du 16ème au 19ème siècle.
Les cinq fenêtres sculptées abritent une suite remarquable
de vitraux : dix scènes de l’enfance du Christ, une
crucifixion et le martyre de Sainte Catherine d’Alexandrie.
En bas de chaque scène, dix portraits des donateurs sur
trois générations, avec légendes, tous appartenant à la
famille de la Barge. Dans les « bouche trous », des
anges musiciens (instruments à vent et à cordes,
tambourin, triangle, harpe, clavicorde…).
La porte d’entrée
est d’un style plus tardif que celui des fenêtres.
On y voit un écusson à cinq armoiries, une crosse
d’abbé, souvenir d’Etienne de LA BARGE, et d’autres
motifs d’une sculpture très fine. Un autel a été rajouté au
18ème, les murs ont été repeints lors d’une
légère restauration à la fin du 19ème.
La construction d’un seul jet lui apporte ses qualités
d’unicité.
Le maître de maison de l’époque, François
de LA BARGE est représenté sur l’un des vitraux
portant l’Ordre du Collier de Saint Michel (lourde chaîne
en or avec coquilles et médaille), prestigieuse récompense
des services à l’armée. L’ordre du Collier
de Saint Michel figure également sur la clé de voûte
centrale encadrant les armoiries des la Barge. Les trois clés
de voûte représentées sur photos résument
la descendance de Jean Baptiste de la Barge, dernier du nom.
La chapelle a été déclarée semi-publique
; jusqu’à la guerre de 1940, elle a servi de relais à la
paroisse de Courpière, évitant aux habitants proches
une longue course à pied quand les moyens de transport manquaient.
Elle accueille de nos jours des scouts, des pèlerins pour
des messes et en d’autres occasions.
PARC ET JARDINS, LE JARDIN AUX BASSINS
Dès l’abord, allées et pièces d’eau
accueillent le visiteur et l’accompagnent jusqu’à l’habitat.
On pénètre dans la cour de la ferme reconvertie depuis
peu au tourisme et qui possède un jeune jardin. Dans la
cour d’honneur, quatre pelouses et au chevet de la chapelle,
un petit jardin de buis fleuri. Dans l’axe du château,
la grande surface terrassée et rectangulaire d’un
jardin ayant vue sur la rivière : le « jardin-aux-bassins ».
Conçu au début du 18ème, dans l’esprit
de la Quintinie pour sa partie potagère et fruitière,
il se présente en 16 damiers : huit de chaque coté regroupés
quatre par quatre autour d’un bassin. 422 arbres fruitiers
disposés autour des carrés voisinaient avec les rangées
de fruits et de légumes. La partie centrale, purement décorative
avec son grand bassin, sur un grand plan conservé, est dans
l’esprit de Le Nôtre.
En 1774, les damiers de la partie
centrale ont tous disparu et sont remplacés par deux tapis
verts tandis que les parterres entourant le bassin, d’un
nouveau dessin, sont assez semblables à ceux du jardin français
du Petit Trianon. Longues plates bandes bordées de buis,
interrompues par des cercles de même et abondamment fleuris
(Plan 1774). Des orangers en caisse complétaient le décor.
Deux pavillons, aux toits en dôme, pour ponctuer les extrémités
du jardin. L’un deux a gardé des traces de sa décoration
de fleurs et de fruits encadrés de colonnes de marbre rose.
A fréquenter les beaux endroits de Versailles ou d’ailleurs,
les MONTMORIN s’emballent et font venir de Paris un plan
de parc ambitieux. Il s’agit de construire un autre château à l’emplacement
de l’actuel, avec entrée majestueuse à l’Est,
un deuxième jardin au Nord, le tout dans un parc avec bosquets,
cascades, chambres de verdure, petits sentiers sinueux, perspectives… espaces
ouverts pour l’agriculture, le plaisir des yeux et espaces
boisés, judicieusement répartis… L’axe
Est-Ouest du jardin-aux-bassins sert de base au projet afin de
former un tout. L’axe le plus long, collines et rivière
obligent, est Nord-Sud. Les documents familiaux montrent qu’une
partie seulement du projet de parc sera réalisée,
dont il reste une futaie étoilée à huit branches
(18 hectares), visible depuis le pavillon de la chasse, diverses
perspectives et … le "jardin-aux-bassins".
Le domaine est situé en bas de vallée et l’eau
abondante a imposé une hydrographie compliquée pour
l’agrément et l’assainissement sous forme de
pièces d’eau, fossés, petits ponts, et d’un
canal (1060 m long, carte de Cassini) et ses adductions.
En réorganisation, le «jardin-aux-bassins» se
présente actuellement presque entièrement engazonné.
Deux hauteurs de coupes d’herbe séparent allées
et parties destinées à la culture. Le mois de juin,
avec ses hautes herbes, lui va bien et les enfants s’amusent à se
cacher dans les allées tout en se poursuivant. Il y a une
promenade à thème proposée, et un plan guide
pour ceux qui préfèrent se prendre en mains ou rêver
tranquilles.
A partir du 19ème, le sac de blé a nettement prévalu
sur le coup d’œil. Mais, nous l’espérons,
le visiteur sera sensible au travail réalisé qui
tend au retour à l’équilibre de jadis dans
ce paysage. Il faut se souvenir que le «jardin-aux-bassins» servait
encore de pâturage il y a peu.
LA FERME
La ferme revient de loin. Constamment utilisée pour les
activités agricoles du domaine, elle avait besoin d’un
sérieux coup de plumeau.
A l’entrée : une forêt
de vieux piquets en désordre sensés délimiter
les prairies, de vieux appareils bons pour la casse, une végétation
désordonnée de ronces et d’orties, de gros
chiens mordeurs, les portes de la grange du colombier cassées,
gros hangar sur le point de s’écrouler … seuls
les touristes courageux continuaient leur chemin et pénétraient
dans la cour de la ferme. Mais là, nouvelle déconvenue
touristique : fumier sur le sol, portes cassées, vitres
absentes, fenêtres et portes dépeintes, linge qui
sèche, dépôts divers, abris grillagés
pour les bidons de fuel le long des bâtiments et « pampa » un
peu partout…
Il fallait de la détermination pour arriver
jusqu’à la cour d’honneur du château et à la
chapelle séparés de la ferme par un portail.
Nous nous sommes efforcés de remédier à cela,
afin que la cour de cette ferme pittoresque devienne un jardin
: le « jardin des mariages ». Une série de buis
en pot et de bancs en pierre accompagnent les murs, portes et fenêtres
ont été repeintes et réparées, un jeune
jardin se développe, et un vaste espace a été gravillonné pour
les cocktails en plein air. Des projets sont en cours.
OUVERTURE AU PUBLIC
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OUVERT
EN JUIN ET SEPTEMBRE (donc fermé en juillet et août)
du lundi au vendredi inclus (donc fermé les samedis
et dimanches)
VISITES
GUIDEES : à 14 h/ 15,30 h/ 17h : site, jardins, chapelle,
maison du jardinier (On ne visite pas l’intérieur
du château) Droit
d’entrée : 4€ à partir de 12 ans - 3€ groupes
- Prix spéciaux scolaires.
OUVERT toute
l’année sur RDV pour groupes. films… |
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès des propriétaires. |
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