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HISTORIQUE et ARCHITECTURE
La première mention du château que l'on trouve dans les archives
date de 1190. Il est alors le centre d'un domaine qui comprenait
une boulangerie, une scierie, un potager, une forge, un pressoir,
la maison du fermier, le bureau de l'intendant, la pièce où l'on
jouait au billard, l'orangerie, la chapelle, la ferme, le pigeonnier,
la laiterie, la forge, les sources... En fait, tout ce qui était
nécessaire pour pouvoir vivre en autarcie complète. C'est donc un
témoignage de la vie à l'époque.
 
Quatre tours avec des bouches à feu protégeaient le château ; quelques
unes sont encore visibles malgré la pose de fenêtres. La tour de
défense de la première enceinte restant seule d'un groupe de trois
tours (les deux autres étant la poterne et le passage obligé pour
entrer dans le château par le pont-levis,
supprimé au 18ème siècle) a été transformée en pigeonnier. Celui-ci
comporte environ 521 boulins qui sont des pots en poterie qui étaient
fabriqués sur place et insérés directement dans la construction,
évitant ainsi le transport et les risques de casse.
A la Renaissance, fut construit le décor de terrasses, portées par
une colonnade et des arcades et bordées de 400 balustres, qui conduisent
à la chapelle, cet ensemble étant classé aux Monuments Historiques
depuis 1922. L'entièreté du château, les douves et les parties architecturées
du grand jardin ont été classées depuis.
Le château est construit selon un grand rectangle avec une tour
à chaque angle. Chaque pièce communique avec sa tour si bien que
ce ne sont pas des pièces indépendantes. Les tours de droite sont
très petites par rapport à celles de gauche.

 
La partie centrale loge un énorme escalier à double révolution construit
à la Renaissance, ce qui réduit d'environ un quart la partie habitable.
Jusqu'au 18ème siècle, on ne vivait qu'au premier étage ; au 18ème
siècle, une salle à manger d'été fut rajoutée au rez-de-chaussée.
Les autres pièces étaient des pièces utilitaires.
Les derniers murs d'enceinte ont disparu. Le château était entièrement
entouré d'eau. La cour actuelle a été construite de façon à dégager
la perspective. Sa construction a nécessité le remblayage des douves
côté jardin, mais les trois autres côtés sont restés en eau.
Les
17 et 18ème siècles ont été une période assez faste pour La Barge.
Le 18 mars 1739, Armand-Gabriel de MONTMORIN (qui possédait plusieurs
demeures dont La Barge) épousa Marie-Catherine LEGENDRE de COLANDRE.
Celle-ci, très riche, voulut que La Barge se remette au goût du
jour. Elle était assez bien placée près de la Cour pour avoir envie
de faire la même chose chez elle. On doit à ce ménage très actif
les embellissements du jardin dans le goût de l'époque de Le Nôtre
et ceux du château ; il reçut à ce moment là, dans la cour d'honneur,
un magnifique ouvrage en fer forgé. Des embellissements sur le château
lui-même pour le rendre plus confortable furent également réalisés,
tels que l'agrandissement de toutes les fenêtres pour créer les
porte-fenêtres qui donnent sur la terrasse et datent de la fin 17ème.
Au décès de son époux, Marie-Catherine LEGENDRE de COLANDRE a consacré
toute sa fortune et son temps de veuvage à décorer le château et
lui donner le prestige de l'époque.
Les grilles en fer forgé furent démontées à la Révolution. Il n'en
reste que la petite grille menant au jardin. Depuis, La Barge a
gardé la silhouette qu'ils lui avaient donnée.
La dernière fille LA BARGE ayant épousé un de MONTMORIN a fait entrer
le château dans la famille des MONTMORIN, actuels propriétaires.
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LA FERME
Monsieur et Madame de MONTMORIN travaillent à redonner à la cour
de la ferme un visage qui lui convient et qui soit son style. Il
y a encore trois ans, on y trouvait une activité agricole, des moutons.
Le sol de la cour ayant été remblayé, il est nécessaire de le remettre
au niveau d'origine pour pouvoir dégager ce que l'on appelle les
"calades" c'est-à-dire des rangées de pierre qui font couler la
pluie le long des bâtiments (sorte de trottoir) ; la cour de la
ferme est inscrite à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques
car elle possède de nombreuses ouvertures du 18ème ; elle fut d'ailleurs
restaurée au début du 18ème. Des aménagements réalisés au 19ème
subsistent des portes, que Monsieur et Madame de MONTMORIN vont
faire disparaître petit à petit pour leur redonner le style de l'époque
qui voulait non pas qu'il y ait des briques mais des montants en
bois plus rustiques.
A l'entrée, une demi-lune qui existait auparavant a été réaménagée
de même que la perspective d'une grande allée bordée d'arbres qui
avait disparu.
LA CHAPELLE
Elle est classée Monument Historique. Le fronton au-dessus de sa
porte datant de la fin du 16ème siècle représente une marguerite
auvergnate. Cette chapelle est le plus joli témoignage que le 16ème
siècle a pu laisser. En 1568, les protestants descendant d'Ambert
en direction de Thiers sont passés par La Barge ; ils s'y sont probablement
arrêtés car les lettres retrouvées (provenant des personnages que
l'on peut voir en bas des vitraux) en témoignent ; un post-scriptum
fait mention de la chapelle "autant ils l'ont démoli, nous la reconstruirons".
Le marché de travaux passé avec le maçon pour sa construction, avec
tous les détails, date de 1569. Une autre date permet également
de situer cette chapelle : 1616 ; dans l'église de Courpière, le
curé a indiqué : "Maître Jehan ... (pas de nom de famille) vivant
à La Barge et décédé à La Barge en octobre 1616". Tout laisse donc
à penser que c'est l'oeuvre d'une même main. De nombreuses hypothèses
non confirmées existent quant au nom de famille (les vitraux n'étant
généralement pas signés) .
Ces
vitraux sont intéressants à plusieurs titres. D'abord parce qu'ils
sont assez rares pour une chapelle d'un château privé de moyenne taille.
Ensuite, ils offfrent 3 centres d'intérêt : dix portraits de la famille
des LA BARGE qui sont considérés comme les donateurs avec trois générations
représentées ; le vitrail du centre représente l'enseignement dont
l'illustration de l'évangile : enfin, certains indiquent les instruments
de musique en usage à l'époque. Dans ces vitraux on retrouve tous
les symboles que l'on peut décrypter (par ex. le crâne et l'os au
pied de la croix qui rappellent le crâne d'Adam et la mort du Christ
sur le mont Golgotha, le mont des morts ; par derrière on voit une
vue de Jérusalem et les nuages qui rappellent l'obscurité qui s'est
créée quand le Christ est mort). Ils sont au 7/8ème d'époque mais
quelques restaurations ont bien sûr été effectuées. Le seul élément
ne datant pas de la renaissance est l'autel en stuc imitant le marbre
qui a été ajouté au 18ème.

Le maître de maison, Monsieur de LA BARGE marié à Gabrielle des ESSARTS,
capitaine de 50 hommes d'arme, est représenté sur ces vitraux portant
autour du cou l'ordre du collier de St Michel que l'on voit également
autour de ses armoiries (grosse chaîne avec des coquilles St Jacques
et une médaille). Il en était tellement fier qu'à la fin de sa carrière
militaire, très longue et très épuisante pendant les guerres de religion,
il a tenu à la mettre également sur la clé de voûte centrale de la
chapelle. Au centre du plafond de la chapelle l'écusson des LA BARGE
est entouré d'une parenté.
Le plafond de la chapelle est décoré de fleurs de lys et de croissants
de lune. Le croissant de lune a probablement été peint au 19ème siècle
pour rappeler les armoiries de Narcisse d'AURELLE. En effet, après
la révolution, il n'y avait plus qu'une petite fille et la famille
des MONTMORIN allait s'éteindre. Celle-ci a épousé Narcisse d'AURELLE
qui était du pays ; or, Narcisse d'AURELLE avait des armoiries très
voisines de celles des MONTMORIN ; dans le blason brisé, les lions
sur fond rouge ce sont les armoiries des MONTMORIN qui comportent
des mollettes et les armoiries des d'AURELLE ont des étoiles et une
lune sous le pied du lion.

Cette chapelle servait aux offices où les personnes des environs pouvaient
venir ; jusqu'à la guerre de 1940 elle a servi de paroisse. Actuellement,
on y célèbre des mariages, des communions. C'est une chapelle semi-publique.
Mr et Mme de MONTMORIN n'ont pas encore entrepris sa restauration
car ils s'occupent d'abord des toits, c'est-à-dire de la terrasse
(qui couvre en partie la chapelle).
LE JARDIN
Ce jardin à la française est en sommeil jusqu'au 15 juillet. Il
est ouvert du 1er au 15 juin. Le 16 juin les foins sont faits ;
il faut alors attendre que l'herbe repousse dans les parties autrefois
cultivées de façon à voir la différence de niveau entre les deux
herbes, les allées tondues ras et les parties autrefois cultivées
pour en comprendre la construction. Les plans anciens figurant le
paysage qui entoure le château de La Barge témoignent d'une constante
recherche pour concilier l'art et la nature.
"Au Jardin de la Renaissance évoqué par Gabriel de LA BARGE dans sa
correspondance, succéda un verger potager ornemental dans l'esprit
de LE NOTRE sur un levé en couleur. LA QUINTINIE, ingénieur du Roy,
a fixé les détails de ce jardin de style baroque tel qu'il était cultivé
en 1774 (sa conception étant antérieure). Sur plus de deux hectares
entièrement clos, 422 arbres fruitiers délimitaient les espaces potagers
ou de verdure minutieusement organisés pour le plaisir de l'oeil.
La partie centrale était purement décorative ; l'eau utilisée avec
raffinement en bassins et jets d'eau gardait toute sa fonction
utilitaire par l'agencement des puits et canaux de répartition. Il
y avait 5 bassins, un pour chaque carré, un purement central, et un
petit fossé cressonnier. Dans le prolongement de la façade du château,
l'axe central emporte le regard au-delà du jardin. Depuis 1998, de
nouvelles plantations d'arbres fruitiers de diverses espèces contribuent
à une restauration progressive du verger. Chaque variété n'est présente
qu'en un seul exemplaire. D'origine ancienne ou locale, ces arbres
constituent, avec ceux du verger conservatoire de Tours sur Meymont,
un échantillon représentatif de notre patrimoine fruitier. Pour rester
dans l'esprit des créateurs de ce jardin, les variétés sont greffées
sur des plans de vigueur moyenne ; la taille des arbres permet alors
de rechercher un effet décoratif par la forme des ramures."
Celui-ci est inscrit dans un grand paysage qui a été formé de main
d'homme pendant plusieurs siècles. Le cadastre de 1810 montre les
perspectives qui relient le jardin et le château à un parc dessiné
en étoile. Le paysage est ceinturé par la rivière ce qui explique
la présence de nombreux canaux. Le domaine étant situé dans le fond
de la vallée, l'eau était abondante mais il fallait également pouvoir
la capter l'été pour l'utiliser à bon escient. Un canal de 500 mètres
de long a donc été construit le long de la route. Il recueille les
eaux de ruissellement ou de source et pouvait à l'époque les tenir
prisonnières. On les lâchait à volonté quand c'était nécessaire pour
actionner des machines (roue à aube...). Tous ces petits canaux représentent
un travail fantastique puisqu'il faut des pierres de vannage pour
les stopper ou des passages souterrains pour réaliser les allées.
L'eau arrive encore par les vieilles canalisations d'origine. LA BARGE
se trouve au pourtour d'une poche verte d'environ 150 hectares.
Le jardin Renaissance est resté longtemps en petit carrés comme
c'était la mode (un plan datant du début du 18ème siècle en témoigne).
On pense que le jardin a été remis au goût du jour au 18ème par
la réalisation du centre fait avec des boulingrins et une décoration
de caisses d'orangers. L'ancienne disposition en carrés n'a été
conservée que sur les côtés. Dans l'ancienne maison du jardinier
sont conservés des outils de jardin anciens et des explications
et plans sur le jardin.
Deux pavillons au toit à la mansart
ponctuent les extrémités du jardin ; leur façade possède chacune une
large ouverture ; l'un de ces pavillons a gardé des traces de sa décoration
d'origine à la fresque de fleurs et de fruits encadrée de colonnes
de faux marbre rose. La terrasse formant en partie le jardin est totalement
artificielle car avant le terrain allait en pente douce jusqu'à la
rivière ; elle a plus de deux hectares.
Monsieur et Madame de MONTMORIN ont recalculé toutes les allées
d'après le plan de 1774 et ont commencé à garnir trois carrés (des
pommiers de race auvergnate uniquement, arbres à noyaux, et pommiers).
Le jardin est en devenir mais c'est une superbe réalisation de l'époque.
OUVERTURE AU PUBLIC
Visites guidées du site, des jardins et de la chapelle :
Du 1er au 15
juin et du 15 juillet au 31 juillet tous les jours, sauf le samedi,
de 14 heures à 18 heures
De mai à octobre
sur rendez-vous pour les groupes de plus de 10 personnes.
"Rendez-vous
aux jardins" de juin
"Journées
du patrimoine" de septembre


Location pour réceptions, concerts, expositions. La grange, située
dans la cour de la ferme et qui servait autrefois à mettre animaux
et réserves à l'abri, a été aménagée pour en faire une salle de réception.
De cette salle, nommée "salle du Colombier" puisqu'elle donne directement
sur le pigeonnier, on a une très jolie vue sur le château. Possibilité
de défilés de mode. Tournages de films.
CONTACT
Monsieur et Madame de MONTMORIN
63120 COURPIERE
Tél/Fax : 04 73 53 14 51
montmorinlabarge@télé2.fr
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès des propriétaires. |
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