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Au pied du célèbre plateau de Gergovie,
assis au bord d'une rivière verdoyante, La Batisse est entourée
de jardins à la Française, dessinés par Le
Nôtre. Ses bassins et ses vasques, le charme de ses grottes
en rocaille et de son labyrinthe de verdure, son allée célèbre
qui conduit à quatre cascades font de La Batisse et de son
parc, un ensemble harmonieux.
Construit du 15ème au 18ème siècle, l'intérieur
du château offre une belle suite d'appartements décorés
de fresques et de tapisseries où sont présentées
d'intéressantes pièces de mobilier des 16ème,
17ème et 18ème siècles. L'atelier du peintre
auvergnat Jean de Chasteauneuf, oncle des propriétaires,
ouvre au public une belle collection de toiles.

Le château de style méridional avec ses toits très
bas et ses tuiles provençales est construit en arkose (grès
blond dont la carrière se trouve à la Roche Blanche).
Château et jardins sont classés Monuments Historiques.
HISTORIQUE
Cité dans les actes depuis 1308, La Batisse appartenait au
14ème siècle, à Gérard d'AULTIER, seigneur
du lieu, écuyer. Par suite d'absence de descendance mâle,
le domaine passa par les femmes entre les mains des La VOLPILLIÈRE,
qui le conservèrent jusqu'en 1569. Après le suicide
du dernier de la famille, de nombreux procès laissèrent
le château sans entretien pendant 60 années. La seigneurie
fut acquise en 1622 par Claude ROUSSEL, puis vendue à nouveau
en 1693 à Jean GIRARD, Secrétaire du Roy en Sa Chancellerie,
près de la Cour des Aides de Clermont, qui prit le nom de
GIRARD DE CHASTEAUNEUF.

Aultier
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La Volpillière
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Roussel
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Girard
de Chasteauneuf
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Arnoux
de Maisonrouge
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Désormais, la vie de La Batisse va se confondre avec celle
de cette prestigieuse famille. De château de défense,
La Batisse devint château de plaisance, entouré de l'harmonieux
parc en terrasses. En 1961, à la mort du dernier descendant
de la famille Jean GIRARD DE CHASTEAUNEUF, artiste peintre, La Batisse,
en l'absence de successeur direct, fut reprise par son cousin, le
Général ARNOUX de MAISON ROUGE en 1967. Après
une brillante carrière militaire, il eut à coeur de
remettre en état, avec son épouse, cette somptueuse
demeure afin d'en ouvrir l'accès au public en 1964. Son fils
François et sa femme poursuivent à présent la
longue existence de leur château. 
Il y a environ 150 ans, quand le cimetière qui se trouvait
autour de l'église a été déplacé
à l'extérieur, un caveau fut créé pour
recevoir les corps de la famille de même qu'une petite chapelle
comprenant un oratoire d'origine 17ème.
ARCHITECTURE
Le château fut à son origine une simple tour de défense,
construite au 13ème siècle. Au 14ème siècle,
trois autres tours furent adjointes à la première
puis réunies par des corps de bâtiment, constituant
un véritable château-fort, avec sa cour d'honneur et
son bayle. En 1622, Richelieu pacifia l'Auvergne en rasant les grandes
places fortes et en démantelant un certain nombre de petits
châteaux. Sur l'ordre du Cardinal, les murs d'enceinte de
La Batisse ainsi qu'une tour furent rasés. Les mâchicoulis
et les créneaux
des trois tours restantes furent également détruits.
A la suite de ces démolitions, vers 1633, le propriétaire,
ROUSSEL, coiffa de calottes à lanternon abritant des cloches
les tours du château dont il surmonta l'une d'elles d'une
girouette portant ses armoiries. Le clocheton du centre est plus
récent, la cloche datant d'environ un siècle et demi.
Dès l'acquisition du château par les GIRARD DE CHASTEAUNEUF
en 1693 le château fut restauré en demeure de plaisance,
en véritable manoir à la mode du 18ème, et
pourvu d'un jardin à la Française en terrasses, au
style classique, agrémenté de broderies de buis et
de charmilles dont la conception a été réalisée
par l'école de LE NOTRE installée à Clermont.
Les deux tours restantes font partie de la partie ancienne : l'une
du 13ème l'autre du 15ème siècle.
Tour du 13ème siècle : la vallée de
l'Auzon était commandée par un château dont
il ne reste plus qu'une tour "le Crest". C'était
une garnison importante de 500 hommes qui surveillait tout horizon.
Il commandait aussi bien à l'Ouest le Livradois-Forez ; au
Sud, Montpeyroux, l'arrivée le long de l'Allier ; au Sud-Ouest,
la vallée de la Monne avec la série des châteaux
de Saint Amand Tallende et surtout le château royal de Saint-Saturnin
et bien sûr le village de Chanonat ; au Sud, le château
d'Opme qui commandait sur Clermont. Donc tout horizon, mais la vallée
de l'Auzon, à l'origine, était couverte d'arbres et
servait de chemin protégé, camouflé, remarquable
pour l'ennemi. Il était donc nécessaire de tenir les
hauts : c'est le cas du château du Crest ; mais il fallait
aussi tenir en bas et c'est ce qui explique l'existence de cette
tour du guetteur à La Batisse. Le guetteur habitait le village
et y arrivait par voie souterraine. Ce passage ouvert au 15ème
siècle est maintenant comblé. Le moyen de communication
avec le château du Crest était le feu, la fumée.
LES INTERIEURS
Tour de guetteur du 13ème siècle : devenue la
cuisine des gardes au 14ème siècle elle a, par la suite,
abrité le four à pain de la demeure. Les fenêtres
sont très resserrées de l'intérieur mais ouvertes
à l'extérieur pour avoir un champ de vision important.
On y trouve une fresque peinte par Jean GIRARD DE CHASTEAUNEUF qui
s'était exercé dans l'art guerrier en empruntant des
scènes de la tapisserie de Bayeux.
Salle des gardes : salle d'habitat par excellence où
vivaient les gens d'armes ainsi que les écuyers qui faisaient
au château leur éducation de chevalier. Elle abrite en
particulier une très belle Pieta du 16ème siècle,
classée Monument Historique, ainsi que la maquette du château
représenté tel qu'il était pendant la guerre
de Cent Ans, réalisée par monsieur de MAISON ROUGE.
Les armoiries des différents propriétaires viennent
illustrer, dans cette pièce, leur passage à La Batisse.
Salle du plan située au premier
étage : cette salle comprend un outil extraordinaire, unique
au moins en Auvergne par son importance : un plan des jardins de 8
mètres de long sur 2 mètres de haut (classé Monument
Historique), accompagné de 136 planches annexes qui détaillent
parcelle par parcelle les 8 hectares de jardin au 18ème siècle.
Ceci a permis de les restaurer. Il aurait été réalisé
par un Chasteauneuf selon l'école de Le Nôtre de Clermont-Ferrand.
C'est une aquarelle sur papier toilé. On ne connaît pas
exactement la date d'exécution de ce plan (il semblerait que
ce soit aux alentours de 1700-1750). Outre ce plan, cette salle présente
un bel ensemble de mobilier Louis XIII, ainsi qu'une tapisserie d'Aubusson,
des vitrines de porcelaines et faïences anciennes et une galerie
de six portraits en médaillon représentant les GIRARD
de CHASTEAUNEUF.
Faisant suite à cette vaste salle s'ouvre la Chambre des
Dames gardée à l'entrée par deux faïences
de Lunéville du 18ème siècle, brûle-parfums
d'inspiration chinoise, représentant un lion et une lionne.
Elle renferme un élégant ensemble de mobilier 18ème.

Escalier à vis dit "à la sarrasine" :
les marches s'appuient les unes sur les autres à la place de
la colonne centrale et pour bien les maintenir elles sont, selon l'expression
du maçon, "balancées" dans la muraille. Cette
exceptionnelle pièce d'architecture militaire empruntée
aux châteaux maures par les croisés, permettait la défense
du donjon
à l'épée, de haut en bas, grâce à
l'absence de pilier central.
Atelier de peinture de Jean GIRARD DE CHASTEAUNEUF qui était
artiste peintre. Veuf, sans enfant il a laissé la propriété
à son cousin qui était le père de monsieur de
MAISON ROUGE. Il faisait partie de l'Ecole de Murol, école
Auvergnate avec l'Abbé Boudal, curé de St Nectaire,
qui en était le fondateur ; Charreton de Saint Amand Tallende,
grand ami de Chasteauneuf et Zing, un polonais. Ensuite, une cinquantaine
d'autres peintres les ont rejoint. Cette école n'existe plus
de nos jours.
Jean GIRARD DE CHASTEAUNEUF peignait particulièrement des
portraits ; il a peint sa jeune épouse en 1910 ; lui -même
en 1911 en auto-portrait. Il a réalisé beaucoup de
portraits de son épouse. Quand il est devenu veuf, il a décidé
qu'il n'en ferait plus et il s'et mis à peindre des paysages,
surtout des paysages de neige, après s'être installé
à La Batisse (il habitait auparavant Paris près du
jardin du Luxembourg).

Ancienne cuisine : située dans l'ancien donjon carré
du château du 15ème siècle. Quand la partie
défense a été détruite et qu'on a construit
un château de plaisance, toute la partie restaurée
l'a été dans le goût de l'époque avec
des boiseries, salle à manger, salon... et cette pièce
qui était la partie haute du donjon est devenue la cuisine.
LES JARDINS

Le jardin du château de La Batisse est le plus grand du Puy-de-Dôme.
C'est un jardin
à la française, essentiellement jardin d'eau grâce
au ruisseau, l'Auzon qui, par gravitation, alimente plusieurs bassins.
On y trouve un larmier, 3 bassins et des chutes qui sont des trop
pleins du bassin. L'eau arrive non pas par des pompes, mais de façon
naturelle ; en amont du ruisseau se trouve un barrage qui capte
l'eau et qui amène l'eau dans un béal (nom auvergnat)
qui est un petit canal non couvert débouchant dans un château
d'eau situé au-dessus de la propriété, et,
par gravitation, l'eau arrive dans les bassins.
La terrasse de la cour d'honneur a été construite
de façon à voir et dominer les jardins : la symétrie
est parfaite. On y découvre une cascade qui emprunte le trop
plein des bassins et toute cette eau rejoint le ruisseau qui court
tout le long du domaine sur 1800 mètres. De l'autre côté
du ruisseau, le terrain est en pente conservée de façon
naturelle et volontaire pour l'utiliser comme un véritable
pupitre permettant d'avoir une vue d'ensemble des jardins, l'axe
de symétrie étant cette fois le ruisseau, avec ses
parterres, ses taillis traités en artepierre.
L'escalier
à double révolution permet de passer de la cour d'honneur
au jardin au grand jet d'eau. Cet escalier est composé d'une
double rampe à balustre dans un style d'inspiration italienne.
Une riche rocaille est ménagée dans l'escalier abritant
une petite fontaine.
Le jardin au grand jet d'eau est organisé en quatre grands
secteurs distincts sous forme de carrés de gazon avec à
chacun des coins un buis-boule su pied. Au centre de l'ensemble
se trouve un bassin circulaire à jet d'eau (7 mètres
de haut).
Une roseraie est située en contrebas du précédent
jardin, constituée de plates-bandes de gazon triangulaires
soulignées par de longs massifs de rosiers de collection,
grimpants ou en buisson.
Le damier : faisant face au jardin au grand jet d'eau, il est accessible
par une passerelle métallique du 19ème siècle
qui enjambe la rivière. Il offre en son point culminant une
vue saisissante sur la façade sud du château. Il est
constitué, d'après les plans d'origine, de quatre
parterres de gazon, bordés d'allées de gravier en
arabesques et planté de buis en cônes. Il n'y a pas
d'eau à cet endroit mais à il y eut des sources puisque
s'y trouve à l'extrémité une grotte qui était
une psychée mais malheureusement les travaux de restauration
des chemins communaux ont détourné la source qui ressort
plus bas.
A
gauche du damier, un verger conservatoire a été replanté
par les propriétaires à partir de six espèces
différentes d'arbres fruitiers (il y en a 50, du pépin
au noyau), séparés par des arbustes vivaces aux feuilles
persistantes taillées. Pour lui donner un côté
paysager, les propriétaires ont placé entre 2 arbres
des boules de verdure, buis, fusain.
Un labyrinthe végétal constitué de haies de
charmilles taillées, de buis et autres végétaux,
permet de découvrir une nymphée dans une grotte, une
tonnelle de buis et de nombreux cabinets de verdure.
Sa particularité est d'y trouver des arbres dominant les
charmilles qui procurent une ombre bienfaisante dans les allées.
Plantée de tilleuls, de charmes et d'érables, l'allée
cavalière des cascades (350 mètres de long) permet
de découvrir une quadruple cascade aménagée
sur l'Auzon. De gros blocs de pierre ont été taillés
en forme de palier. Au départ (selon les plans) il était
prévu d'en aménager huit.
L'ensemble du domaine fait 18 hectares (dont tout n'a pas été
réalisé en jardins), tout l'ensemble était
clos de murs ; certains se sont effondrés et ont été
restaurés.
Une ancienne glacière se trouve également dans le
jardin.
Un jardinier est employé à mi-temps seulement à
l'année. L'entretien des 9 hectares de jardin prend donc
beaucoup sur le temps de monsieur et madame de MAISON ROUGE.

L'Association des Amis des Jardins Historiques de La Batisse, a
été créée vers 1993. Elle est composée
de plus de 200 membres et soutient les propriétaires dans
leurs travaux. Tous les ans, monsieur et madame de MAISON ROUGE
organisent pour les membres une, deux ou trois journées de
voyage à l'extérieur de l'Auvergne pour aller visiter
d'autres jardins.
L'Association des Parcs et Jardins de France est en train de se
créer en Auvergne. Madame de MAISON ROUGE fait partie du
bureau.
Autre association tout à fait récente et pleine d'avenir
: les Jardins du Massif Central ; cette association rassemble 18
départements dont monsieur et madame de MAISON ROUGE font
partie des fondateurs.
RESTAURATION
La
partie "manoir" a utilisé totalement les vieux
murs pour en faire une façade très ouverte. Lorsque
la mère de François de MAISON ROUGE leur a légué
le château (ils y sont depuis 15 ans et étaient déjà
en charge auparavant depuis 1977), leur premier souci fut de restaurer
les toits et toutes les charpentes attaquées par les capricornes.
Après cela, ils ont restauré les murs extérieurs
de clôture, puis les jardins.
Moulin du château : ce moulin a été entièrement
restauré aux frais des propriétaires car le bâtiment
n'est pas classé ; ils viennent de refaire toute la charpente,
toute la toiture et ont aménagé les locaux pour pouvoir
accueillir du public : réceptions, concerts, repas d'affaire,
mariages peuvent avoir lieu dans 3 grandes salles.
VISITES
du 13 juin au 31 août : tous les jours, sauf le samedi, de 14h
à 19h.
Du 27 mars au 13 juin et du 1er septembre au 2 novembre: dimanches
et jours fériés de 14h30 à 18h.
Groupes sur rendez-vous toute l'année.
 
Location de salles pour réceptions, expositions, petits séminaires
dans le moulin disposant d'un accès indépendant.
La Batisse fait partie de la Route des Châteaux d'Auvergne
: Le père de monsieur de MAISON ROUGE et monsieur de MOROGES
(propriétaire du château d'Effiat qui fut le premier
à ouvrir sa demeure au public en 1937) ont créé
cette association qui s'est donné comme but au départ
de rassembler tous les moyens de communication pour faire connaître
l'existence de ce patrimoine. La Route fut faite initialement avec
le Cantal avec le projet de l'élargir à toute la région
Auvergne, ce qui est maintenant le cas. Actuellement, elle regroupe
47 châteaux sur la région Auvergne. Un dépliant
tiré à 160 000 exemplaires est distribué tous
les quinze jours dans différents sites (offices de tourisme,
lieux de vie comme Vulcania...). Elle vient aussi d'ouvrir son site
internet.
CONTACT
Monsieur et madame de MAISON ROUGE - Château de La Batisse
- 63450 Chanonat
Tél. 04 73 79 41 04 - Fax. 04 73 87 55 41
e-mail : Olivarnoux@aol.com
Les informations contenues dans ce reportage ont été
recueillies auprès des propriétaires.
Plan de situation : 
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