CHATEAU DE LA NEUVILLE SUR ESSONNE
La Neuville sur Essonne (Loiret)



HISTORIQUE

Le château de la Neuville était un prieuré dépendant de l’abbaye de Ferrières, célèbre abbaye bénédictine.

Probablement fondée par Clovis, attestée en tout cas dès le début du VIIème siècle, restaurée au IXème par Louis le Débonnaire et Charles le Chauve, Louis III et Carloman furent couronnés dans cette abbaye. Ses écoles étaient réputées, notamment sous l'abbé Loup de Ferrières.

A l’origine d’un prieuré, il y a le plus souvent un domaine foncier donné à une abbaye et suffisamment éloigné de celle-ci pour qu’elle délègue un de ses moines, appelé prieur, pour l’administrer. Le prieur gère le temporel sur place et envoie les revenus à l’abbaye.

L’appartenance du château de la Neuville à l’abbaye de Ferrières est rappelée aujourd’hui par la présence d’éléments d’un banc seigneurial dans l’église de la Neuville portant les armes de l’abbaye.

Le château de la Neuville semble avoir été construit au XIIIème siècle, peut-être sur des bâtiments plus anciens. Après des destructions occasionnées par les troubles de la guerre de cent ans, Louis de Blanchefort, abbé de Ferrières de 1465 à 1505, ordonne sa reconstruction. Descendant d'une illustre famille, Louis de Blanchefort, cinquième enfant de Guy de Blanchefort, sénéchal de Lyon et chambellan de Charles VII, et de Souveraine d'Aubusson, était le neveu de Pierre d'Aubusson, grand maître des Chevaliers de Rhodes. Louis XI était son parrain.
vue d'ensemble
Pour mener à bien la reconstruction des biens de l’abbaye durement éprouvés par la guerre de cent ans, il utilisa la fortune de sa famille, sollicita les dons des parents et amis. Le roi lui concéda une partie des forêts et garennes de Paucourt, domaine royal, qui devait lui fournir les bois de charpente.

La dernière reconstruction du château date donc des environs de 1500.

Mais à la fin du XVIème siècle, pendant les guerres de religion, le château est incendié. On pense que l'incendie eût lieu en 1562 au cours du siège de Pithiviers par les armées protestantes. Après cet incendie, le château n’a pas été reconstruit. Il a servi, comme beaucoup, de carrière de pierre. Une ferme s’est installée dans la basse-cour. Son histoire jusqu’à nos jours est encore mal connue. Il a en tout cas été une exploitation agricole jusque dans les années 1960.


Les ruines du château sont inscrites depuis 1928 à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Dom Morin nous donne dans son Histoire du Gâtinais de 1630 cette description du château ruiné de la Neuville : « un chasteau seigneurial fort ancien, (…) de beaux logements qui sont demeurez des ruines des guerres civilles avec un grand escallier tout de pierre qui sert pour monter aux chambres hautes, à chaque porte desquelles il y avait un pont levis pour entrer et un grand parc fermé de murailles dans lequel il y a une fontaine d’eau vive qui y coule ».

Edmond Michel, dans « Monuments religieux, civils et militaires du Gâtinais », donne en 1887 une description du château très proche de ce qu’on peut en voir aujourd’hui : (il) « conserve encore certaines parties anciennes, au milieu desquelles s’est établie une ferme. Sa construction remonte au XIVème siècle, mais il a été rebâti en partie au XVème. La porte principale, sur la rue se compose d’un arc surbaissé, couronné par une contre-courbe flanquée de pinacles. Une petite porte intérieure, donnant accès dans les anciens bâtiments, est formée d’un arc surbaissé avec une moulure hélicoïdale. Des tours rondes de coin qui restent debout, l’une est encore couverte de pierre ; elle renferme un escalier à vis de 1,65m de diamètre, l’épaisseur des murs est de 1,30m. Ces tours sont percées de fenêtres rectangulaires, et dans le bas, de meurtrières droites et obliques. Par des ouvertures pratiquées dans le mur de la tour, à chacun des trois étages, on entrait dans les appartements. Au dernier étage, le grand escalier cesse, et, sur le palier s’ouvre, dans l’épaisseur de la muraille, un petit escalier, large de 0,60 m qui conduit au sommet de la tour, sous le toit pointu en pierre ».





ARCHITECTURE

Le logis seigneurial

C’était un vaste rectangle, haut de trois étages. Accolé à ce rectangle, une tour renfermant un escalier à vis faisait communiquer entre eux les différents étages. Restent de ce logis la tour, le cellier, l’oratoire, et le mur de pignon nord. Cet ensemble date pour l’essentiel de la reconstruction ordonnée par Louis de Blanchefort.

La tour

tour Sud
On entre dans la tour par une belle porte surmontée d’une archère et des armes de l’abbé de Blanchefort. Dans le linteau de la porte, un judas est ingénieusement dissimulé. Il permettait de voir sans être vu depuis l’intérieur de la tour, qui était à la porte. On gravit ensuite un bel escalier à vis donnant accès à trois portes. Ces portes, si l’on en croit Dom Morin ouvraient chacune sur un pont-levis donnant accès aux trois étages du château. Arrivé au sommet du grand escalier, on monte dans un nouveau petit escalier bâti dans l’épaisseur du mur de la tour. On arrive par là à la chambre haute ou studium. C’était la pièce que se réservait souvent le seigneur pour lui servir de lieu d’étude. Cette attribution est confortée par la présence de niches et la forme hexagonale de la pièce : autrefois comme aujourd’hui, il était plus facile d’installer des bibliothèques contre des murs droits que contre ceux arrondis d’une tour.

A cet étage on devine les restes d’une bretèche qui défendait l’entrée de la tour. Son effondrement a dû précipiter celui du toit de pierre qui couvrait autrefois la chambre haute.

Le cellier

Si l’on redescend maintenant au rez-de-chaussée de la tour, on peut accéder en pénétrant dans l’ancien logis au cellier du château. C’est une pièce voutée bien conservée.



L’oratoire

Au dessus du cellier, on trouve l’ancien oratoire du château, curieusement orienté vers le nord. On y trouve un bel autel de pierre, surmonté d’une magnifique archère taillée en forme de croix. Des corbeaux semblent indiquer que l’entrée de l’oratoire était surmontée d’une tribune.

Le pignon nord

Il présente les restes de trois cheminées superposées. Celle peu ouvragée du rez-de-chaussée qui était celle des cuisines du château. Celle du premier étage, bel exemple de cheminée renaissante, et celle enfin très dégradée, du second étage.

L’enceinte de la cour

Elle garde aujourd’hui des murs de 9 m de haut sur trois côtés et une tour d’angle. Cette tour conserve d’intéressants graffitis fort anciens. Une belle porte à la curieuse moulure hélicoïdale s’ouvre dans le mur d’enceinte sud.

La basse-cour

Elle présente une porte du XIIIème siècle et un beau portail renaissant décoré de pinacles, malheureusement mutilé, et un corps de ferme des XVIIème et XVIIIème siècles.





RESTAURATION

Depuis 2001, la troupe des Minuits réhabilite les lieux afin d’en faire un lieu de création et de représentation. Les travaux ont commencé par le corps de ferme. La grange restaurée a été ouverte au public à l’automne 2007. Les ruines du château on été dégagées.

Les prochains travaux concernent la couverture et la réhabilitation de l’oratoire et de la tour du logis.

CONTACT

Les visites sont possibles sur rendez-vous.
Théâtre des Minuits
153 grande Rue
45390 La Neuville sur Essonne
02 38 39 18 11
site internet

 

Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès du propriétaire.



Plan de situation :