CHATEAU DE LANDREVILLE
BAYONVILLE et CHENNERY (Ardennes)


Bâti au début du XIIème siècle et rebâti au milieu du XVIème, de style classique, le château de Landreville, situé dans la région de l’Argonne Ardennaise, est une petite forteresse rectangulaire flanquée de quatre tours à poivrières.

Aujourd'hui propriété de la famille RENAULT, c'est un rare exemple encore intact du château français de la pré-renaissance. 800 ans d’histoire, de drames et de joies, des familles BEAUVAIS, MAILLART, MEIXMORON sont présents dans ces quatre murs entourés de douves à eaux vives, d’un parc de six hectares, de communs et de deux pavillons. Sur le territoire de la commune de Bayonville et Chennery, à mi-chemin entre Buzancy et Grandpré, dans l’Argonne Ardennaise (département de la Champagne-Ardennes 08), le Château de Landreville, en voie de classement par les Monuments Historiques, représente donc encore aujourd’hui, un bel exemple de ces petites forteresses de confins.

Le château est, depuis Juillet 2004, en pleine restauration.


ARCHITECTURE :

coté Sud-EstLe château est à l’origine (au XIIème siècle) une construction traditionnelle avec créneaux, douves, pont-levis et meurtrières. Ce n’est qu’en 1567 qu’il est complètement restauré, doté de sa toiture centrale, de cheminées aux étages, de poivrières, et plus tard au XIXème siècle de grandes ouvertures.

Ce type de château fait partie de la catégorie pré-renaissance avec donjon quadrangulaire : un bâtiment isolé généralement flanqué de quatre tours d’angle avec ses douves à eaux vives et ses quatre tours pratiquement intactes.

Caché par la végétation, isolé au fond d’une petite vallée, dans un des creux du plateau de Buzancy où les Châtelains avaient trouvé fraîcheur et sécurité, dans un secteur de l’Argonne aujourd’hui voué aux grandes cultures, cette petite forteresse, rare exemple de la seigneurie de la fin du Moyen-Age / début de la Renaissance, est curieusement d’ailleurs, encore aujourd’hui assez méconnue des touristes ou des passionnés d’histoire. Curieusement mais en même temps compréhensible, car ce corps de logis de plan rectangulaire massif, cantonné par ses quatre tours rondes, sait se faire discret dans le vallon de la rivière Agron et du ruisseau Furba qui alimente en eaux ses douves.


arrivée par le ponceauLes hautes poivrières qui coiffent les quatre tours (légèrement plus élevées que le corps central et de dimensions variables, la tour Nord étant la plus importante) émergent à peine du rideau d’arbres qui délimitent la propriété. Les deux pavillons comme les dépendances agricoles, créent un environnement quasiment symétrique et plein de charme, que les remaniements successifs Renaissance (1567) et moderne (fin XIXème siècle) ont rendu plus accueillant par de hautes baies à trumeaux de pierre et de belles cheminées briquetées et décorées.

L’entrée du Château au Nord-Ouest, par un ponceau qui remplace le pont-levis malheureusement disparu, s’ouvre dans un encadrement traité dans un style monumental ; sa magnifique porte à fronton Renaissance étant ornée de pierres en brossages vermiculés et d’un entablement sculpté. Porte complétée par les MEIXMORON à la fin du XIXème siècle dont l’entablement est enrichi de trois cartouches armoriés en médaillons enguirlandés de feuillage et accompagné de petits personnages à corps gainés. Le blason du XVIème des MAILLART est au centre, celui des BEAUVAIS à gauche et celui des MEIXMORON à droite.

Le château, de dimensions modestes (300 m2 au sol et trois étages), est construit en moellons assisés, avec cordon de pierre à la base du rez-de-chaussée, et recouvert d’une toiture avec combles en ardoises, accompagnés d’intéressantes cheminées en briques.


blasons à l'entrée du châteauDans les tours sont ménagées à différents niveaux des canonnières à ébrasement extérieur rectangulaire, dirigées en flanquement du logis et vers les douves. Certaines d’entre-elles correspondent à deux orifices internes et, dans la tour Nord-Ouest qui accueille l’escalier, la hauteur des postes de tir suit le niveau des marches. Avec un peu d’attention on peut voir de chaque coté des tours, des descentes d’eau en pierre de belle facture, ainsi que des gargouilles d’angle dont une « au bélier ».

L’ensemble et l’allure générale remarquables restent quasiment d’origine, en dépit de toutes les exactions apportées par les nombreuses guerres : 1792 – 1815 – 1870 - 1914/18 et 1940/44… si ont excepte les huit guerres de religion, les escarmouches de la guerre de cent ans, les guerres contre les Pays-Bas d’Espagne, et la guerre de trente ans…





HISTORIQUE :

Etant donné l'exceptionnelle richesse de l'historique du château de Landreville, celui-ci fait l'objet d'une page dédiée


Historique du Château de Landreville





LES INTERIEURS:

Rez-de-chaussée :
Au rez-de-chaussée, le château se développe sur environ 300 m2 avec en premier lieu, l’entrée, où l’ont peut admirer le bas relief en bois sculpté au-dessus de la porte de la salle à manger, donné en cadeau vers 1740 par le Roi de Pologne et Duc de Lorraine Stanislas Leczinski au Seigneur de Landreville de l’époque, Claude François de MAILLART.
Le château a conservé de belles cheminées Renaissance dont certaines restaurées au XIXème siècle, une dans le salon avec les armoiries des MAILLART et leur devise « Etiam Nascendo Tremendus », l’autre dans la salle à manger avec la sentence des MEIXMORON "Ami de foi bonne ».
Une petite cuisine se trouve dans la tour Sud-Ouest et la tour Nord-Ouest abrite l’escalier principal. Dans le grand salon avec un angle fumoir se trouve un plafond à solives peintes à l’Italienne et une colonne avec chapiteau daté 1567 qui a sûrement été insérée pour permettre d’agrandir les fenêtres.
Un bureau dans la tour Sud-Est avec wc, une chambre dans la tour Nord-Eest avec salle de bains.

1er ETAGE :
tête d'homme Jean Coley de Maillart, cheminée chambre Sud-Ouesttête de femme,cheminée chambre Sud-Ouest Au 1er étage un couloir conduit dans plusieurs pièces.
La première est une salle de lecture, suivie par la première chambre du coté Sud-Ouest avec sa cheminée monumentale Renaissance. Sur le pilier droit, est figuré en pierre de taille le portrait du légendaire ancêtre COLLIN-MAILLART, sur l’autre pilier celui de sa femme.
Quand à la cheminée de la chambre du coté Sud-Est, sur un de ses pieds droits, apparaît de nouveau la date de 1567. Sa salle de bain et son boudoir correspondent à la tour Sud-Est avec une petite cheminée. Enfin une ultime petite chambre avec cheminée en marbre fin XIXème siècle se trouve dans la tour Nord-Est avec ses wc.


DEUXIEME ETAGE ou combles:
Au deuxième étage se trouve un grenier (ou combles) qui présente de très belles charpentes d’origine et la monumentale cheminée centrale qui collecte les conduits des étages inférieurs, plus différentes pièces centrales et trois autres qui correspondent à la tour Sud-Est, à la tour Sud-Ouest qui abritait jusqu’au siècle dernier l’atelier du peintre MEIXMORON et à celle Nord-Est.
La plus jolie, déjà restaurée, reste celle de la tour Sud-Est, circulaire, toute en briques et poutres apparentes.

SOUS-SOL ou rez-des-douves:
Au sous-sol, plus ou moins à 50 cm au-dessus du niveau de l’eau des douves, nous trouvons la partie plus habitée par la seigneurie aussi bien en hiver qu’en été. L’étage ne présente étonnamment aucune humidité.

salle des GardesCe « rez-des-douves » comprend plusieurs salles couvertes de voûtes surbaissées d’une rare beauté. La plus grande, la splendide « salle des gardes » (transformée en cuisine au XIXème siècle puis restaurée actuellement comme à l’origine) avec parois et plafond en pierres de taille, présente des voûtes avec des nervures en arcature de section carrée qui retombent sur une colonne centrale à chapiteau annulaire. Dans la même pièce on trouve un puits par lequel on s’approvisionnait d’eau et par lequel on pouvait s’enfuir en traversant les douves et les sous-terrains qui suivent, et une très belle cheminée monumentale Louis XIII authentique et sans restauration aucune.
Au dos de la large cheminée, dans la salle voisine assez lumineuse (ancienne pièce des réserves alimentaires), est aménagée dans un encadrement classique en hauteur une petite armoire en pierre, privée de ses volets de bois qui devait servir à entreposer le sel et autres denrées sensibles à l’humidité. Cachés dans un angle de la pièce, sur la droite de l’armoire, on trouve aussi les vestiges d’un escalier secret en pierres de taille et en bois, lequel devait sans doute permettre au seigneur du moment de passer d’un étage à l’autre et d’observer ainsi incognito, par un petit orifice percé à cet effet niché à la base de l’escalier. Par la suite ce petit escalier creusé dans les murs a semble-t-il été utilisé par les domestiques pour relier les offices aux salles de réception.
salonA la base de la tour Sud, se trouve une pièce ronde, vraisemblablement un caveau, surmontée par un plafond surbaissé en forme de coupole en pierres concentriques, encore aujourd’hui en très bon état. Sous la tour Est se trouve une autre petite cave ronde composée d’une coupole extraordinaire par sa facture artisanale: concentriquement, les pierres du plafond tournent avec régularité, soutenues et maintenues, au centre, par une pierre carrée, assez grande celle-ci, mais aussi ouvragée que les autres. La légende veut qu’en ce « Cul de basse fosse » l’on enferme les délinquants du moment. Aujourd’hui y a été aménagée la chaudière.
Une deuxième salle s’ouvre dans la tour Sud-Ouest avec un très bel évier en pierre et une troisième sur le coté Nord dans laquelle a été aménagé un bureau où se trouve une belle meurtrière.
A l'Est on trouve une autre pièce avec une petite cheminée en hauteur qui semble-t-il permettait une meilleure ventilation des lieux (elle devait servir à l’évacuation des fumées produites par les coups d’arquebuses et de couleuvrines).





L’EXTERIEUR

PAVILLON OUEST :
château et douvesDeux pavillons se trouvent quasiment symétriquement de part et d’autre à l’Est et à l’Ouest du Château, au-delà des douves.
Le pavillon Ouest fut construit semble-t-il en 1743. Il devrait s’agir de la Chapelle du Château où Claude François de MAILLART, seigneur de Launois, marquis de Landreville aurait épousé le 18 juillet 1743 Marguerite de Graffeuil, dame de Mont-Saint-Martin. Mais nous avons actuellement beaucoup de doutes sur ces données car il est plus probable que ce bâtiment appartienne au début du XXème siècle (construit après la première guerre mondiale).
Reste un sous-sol ou cave semi-enterrée, le rez-de-chaussée, le premier étage et le grenier où l’on aperçoit encore la forme ronde de l’emplacement du clocher disparu (?).

PAVILLON EST :
Le pavillon fut construit dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle en 1773 (date sur le fronton de la porte d’entrée). Originellement il s’agissait de la maison du gardien accolée à l’ancien lavoir du château (disparu aujourd’hui).
Actuellement le pavillon présente un rez-de-chaussée avec deux pièces symétriques et un premier étage avec ses belles voûtes d’origine en très bon état et ses toitures en ardoise.


LES COMMUNS :
les communs et le pavillon Est

Dans la partie Est de la propriété nous trouvons les dépendances ou communs. Ils se divisent en grange, grenier, double garage et jardin botanique.

Leur architecture est très intéressante, avec leurs tuiles romaines et leurs chapiteaux en bois du XIXème siècle (?).

Tous les communs sont en pleine restructuration pour leur redonner leur structure originale.








LE PARC :

promenade des charmesAu XVIème siècle il était certainement beaucoup plus grand et les chênes croissaient au lieu des sapins. Au XVIIème il y avait au Nord, devant le château, un beau jardin à la Française (voir les dessins d’après les cartes des frères Naudin vers 1730).
Ses douves sont servies à l’Est par le ruisseau Furba (ou ruisseau de Landreville) et le débit d’eaux vives est réglé par une petite cluse en fer à l’Ouest qui renvoie le surplus d’eau dans l’Agron (à proximité de l’emplacement de l’ancien gué aujourd’hui disparu), par un canal, aujourd’hui, souterrain. Au XVIIIème siècle le ruisseau formait une petite île au Sud-Ouest du parc.
Suivant le cour d’eau de l’Agron, plus à l'Ouest, l’ancienne propriété se terminait par un moulin lui aussi malheureusement disparu aujourd’hui.
Le parc actuel du château, de plus de 6 hectares, est délimité au Sud par l’Agron avec un hectare de sycomores et frênes, puis par le jardin qui entoure le château et au Nord par un bois de sapins épicéa auparavant appelé « Bois de l’épinette ».
L’entrée principale du château, dite « Allée cavalière », toujours encadrée de ses pilastres d’origine, est située sur le coté Nord-Est de la propriété, à l’orée du bois, et se prolonge vers l’Ouest par la promenade dite « des Charmes ». Au centre du bois se trouve un très joli petit sanctuaire dédié à la vierge Marie qui date du début du XXème siècle.
Entre autres curiosités : devant le château se trouve une toute petite dépendance avec deux pièces semble-t-il construite vers 1920 (à quoi servait-elle ?) et un puits…





ACCES & LOCALISATION :

Le château de Landreville (altitude 193 mètres) se trouve dans un tout petit village de quelques maisons appelées Hameau de Landreville (une douzaine d’habitants) situé à 1,5 km au sud de la commune de Bayonville et Chennery dans le département de l'Argonne Ardennaise (08) et dans la région de la Champagne - Ardenne.
Il est situé à 230 km de Paris – 285 km de Strasbourg – 100 km de Luxembourg – 215 km de Bruxelles – 90 km de Reims – 50 km de Verdun – 140 km de Nancy – 30 km de Vouziers.





VISITES DU CHATEAU:

statue décor de gauche entrée du château

La propriété et le château ne peuvent être visités aujourd’hui étant une propriété privée. Les propriétaires attendent les directives des Monuments Historiques pour décider des visites publiques.

Château de Landreville : 08240 Hameau et 55 Route de Landreville – Bayonville & Chennery - France.

Tél. : +33(0)3 24 30 00 79
E-mail : info@chateaudelandreville.com
Web Site : www.chateaudelandreville.com


Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.



Plan de situation :