 |
HISTORIQUE
Guillaume
RASTIER est seigneur du Cheix en 1303. Le château passe à
Pierre de MASCON, seigneur du Cheix et de Neuville, dont la famille
du même nom en fut propriétaire pendant 5 siècles.
Le dernier des MASCON, François Balthazar, se marie le
1er juillet 1774 à Marie-Anne de LA SAIGNE de SAINT GEORGES.
Ils ont pour fille unique Elisabeth de MASCON qui épouse
le 10 avril 1790 son voisin Joseph Benoït de PIERRE,
marquis d'Aulteribe, seigneur de la CHASSAIGNE, décédée
sans prospérité en 1842.
Puis le château passe à Louis DESSAIGNE, décédé
au Cheix le 24 janvier 1913. Passe à Joseph DESSAIGNE
le 29 août 1944, suite au décès de sa mère,
née Marie THIALLIER le 23 juillet 1944. Il est vendu à
Henri RABET et Madame née Marie-Camille PINTRAND qui le
laisse à l'abandon.
Il est acheté pour les terres en 1962 par la famille DAUZAT,
agriculteurs, qui l'utilise comme bâtiment d'élevage.
Vendu à Michel PANCRACIO
le 26 janvier 1970.
Vendu en quasi-ruine à Monsieur
et Madame CORNUT GENTILLE le 23 novembre 1974 qui, durant vingt
cinq ans, jusqu'à la mort de Monsieur Jean-Jacques CORNUT
GENTILLE, le restaurèrent avec courage, compétence
et passion, sans pouvoir le terminer.
Enfin, il est vendu le 17 août 2004 à Monsieur
Pierre CHASSAIGNE, président fondateur du groupe immobilier
Mercure France et Madame née France SAUZIER, son épouse,
qui oeuvrent avec autant de passion que leurs prédécesseurs
pour terminer l'oeuvre gigantesque de ces derniers.
|
|
|
|
ARCHITECTURE
Des origines médiévales du château, on conservera
le fait que le fossé entourait entièrement l'édifice
et que l'entrée, avec pont-levis,
se trouvait du côté du parc au Nord. La galerie, qui
a été subdivisée au 19ème siècle
par des cloisons en torchis avec mousse naturelle d'isolation, était
donc, à l'origine, continue
et défensive : le mur extérieur devait ne comporter
que de petites ouvertures, voire des meurtrières, tandis
que le mur opposé (côté
cour) devait comporter de vraies fenêtres. Ces dernières
ont été
remplacées, à la Renaissance, par de plus grandes
ouvertures à
meneaux.
Quant au mur Sud, il semble avoir comporté,
dès
la fin du 15ème ou au début du 16ème siècle,
une seule et large fenêtre
au linteau en arc surbaissé, en "anse de panier".
Cette ouverture avait été aveuglée au 19ème
siècle lors de la pose du porche en
pierre
de Volvic. Ce dernier est devenu l'entrée principale.
Le passage voûté correspondant au porche se trouvant
plus élevé que
la voûte du rez-de-chaussée, le sol originel de la
galerie dût
être rehaussé de 80 cm environ et fit disparaître
la partie basse du décor 17ème.
Cet ensemble décoratif
comportait, en partie basse une balustrade peinte qui courait
tout au long de la galerie, y
compris les enforcements de la base des fenêtres. Ce décor
ne montre plus que partiellement le haut des balustres correspondant à la
partie inférieure des cadres jouant le rôle de la
tablette d'appui.
Le château du Cheix a certainement subi, au 17ème
siècle, une importante
campagne de mise au goût du jour : le plafond peint, dont
la parenté
évidente avec celui du château de Ravel, pourrait
nous autoriser
à l'attribuer au même décorateur nommé Isaac
MOILLON. Les décors
de la galerie pourraient dater de la même période,
c'est-à-dire
le milieu du 17ème siècle.
D'époque
XIII-XVIIIème, il est flanqué
de quatre tours d'angle reliées par quatre corps de logis,
formant une cour d'honneur ; il est construit en pierres du pays.
Les murs, sur leurs bases, peuvent
atteindre 3 mètres de large
par endroit.
A l'origine, l'escalier qui menait aux étages était un escalier
à vis, logé dans une tour dont la base a été supprimée de
façon à pouvoir construire le large escalier en pierre
de Volvic qui dessert les étages supérieurs.
La base tronquée de cette tour est également faite de pierre
de Volvic, ornée d'une coquille Saint-Jacques, ce qui laisse à penser
que le château était une halte sur le chemin du Puy pour les pèlerins
se rendant à Saint Jacques de Compostelle, ce dernier longeant la
voie romaine.

Le château était entouré de douves dont deux subsistent
à l'Est et à l'Ouest. La présence de corbeaux
au Nord, situe l'emplacement du pont-levis et de la porte d'entrée.
Les fenêtres à meneaux
donnant sur la cour intérieure
ont été murées ou réduites pour échapper
à l'impôt sur les fenêtres ; de fausses fenêtres
ont été peintes.
Au-dessus de la porte d'entrée rapportée au 18ème siècle lorsque
la douve Sud a été bouchée, on remarque un emblème
qui a été
martelé à la Révolution.
RESTAURATION
Quand Monsieur et Madame CORNUT GENTILLE en ont fait l'acquisition,
le château était presque totalement ruiné. Le premier gros travail
a été de refaire les toitures des quatre tours d'angle et des autre
corps de logis entourant la jolie cour d'honneur.
Les parties sur lesquelles les toitures manquent ont été transformées
en terrasses.
Un écoulement a été installé sous les dalles en pierre
de Volvic recouvrant la cour intérieure.
Des travaux d'assainissement par vide sanitaire ont été effectués
dans certaines pièces du rez-de-chaussée.
Le pigeonnier, situé à l'Est, a été restauré.
Les douves maintenues ont été consolidées.
Le château a quasiment été laissé à
l'abandon durant les sept années suivant le décès
de Monsieur CORNUT GENTILLE. Les nouveaux propriétaires se
sont employés à défricher, à replanter
le parc et à
accomplir d'importants travaux de finition (peintures, sol, volets,
crépis, parquets, plafonds, tommettes... et piscine).
Une partie du mur d'enceinte a été
abattue à l'Ouest pour admirer la jolie vue sur la chaîne
des Puy et des Dômes et remplacée par des lisses.
Grâce aux restaurations du plafond renaissance du grand salon du
premier étage et des peintures murales de sa galerie Sud, le château
a été inscrit au titre
des monuments historiques dans sa totalité, y compris les
douves et les intérieurs avec leurs décors, le 28 décembre 2006.
Les fresques du
17ème récemment restaurées
représentent des allégories
: Hercule symbolisant la force au service du bien, la justice, la
religion, Caligula la Déesse de l'obscurité, Fucus
(faux semblant...). Les personnages de ces scènes historiées
sont habillés de vêtements pseudo-antiques
avec un traitement des draperies tout à fait nouveau. On les
retrouve à travers l'Europe
tout entière après que LE BERNIN (peintre italien)
les ait mises
à la mode en les faisant tourbillonner, cette accentuation
des mouvements naturels étant un des effets caractéristiques
du style Baroque. Ces figures allégoriques sont la personnification
des vertus et des vices, faisant partie du symbolisme religieux moralisant
et didactique
de l'époque. Au château du Cheix, chaque personnification
symbolique proclame une "vérité révélée" de
la religion chrétienne pour le réconfort
et l'édification des croyants. Ces figures, selon la tradition
remontant au Moyen-Age, étaient désignées par
des cartouches et des attributs pour éviter toute méprise.
En haut des scènes dominent les allégories
du Bien et, en bas, foulées à leurs pieds, petites
et rabougries, se trouvent les figurations du Mal. En haut, l'éternel,
le céleste
et le spirituel. En bas, le temporel, le terrestre et le matériel.
OUVERTURE AU PUBLIC
Le château
n'est pas ouvert au public.
Les informations contenues dans ce reportage
ont été recueillies auprès des propriétaires.
Une partie du texte sur l'architecture et la totalité de celui concernant
les fresques a été rédigée par Yves Morvan, restaurateur
d'oeuvres d'art à Le Crest. |
|
 |
|
 |