CHATEAU DES MARTINANCHES
SAINT DIER D'AUVERGNE (Puy-de-Dôme)



ARCHITECTURE ET HISTORIQUE

Les Martinanches apportent une douceur qui surprend et séduit. Niché au fond d’un vallon dans un parc et entouré de douves, le château du XIème siècle fut principalement remanié au XVème, puis au XVIIIème siècle.

Il fut construit en 1070 par une grande famille d'origine aveyronnaise, la famille des COMPTOUR d'APCHON. Il a été édifié sur l'ancienne voie romaine qui allait du Puy jusqu'à Clermont-Ferrand. Pendant l'occupation romaine, il existait à cet endroit une station d'octroi que l'on devait régler pour continuer plus loin sur Clermont-Ferrand. Le guerrier romain ayant établi sa garnison à cet endroit s'appelait Martinus, d'où le nom de Martinanches par la suite.

Le château du 11ème était un véritable château-fort ; en effet, il servait de dépôt d'armes pour les fiefs de Boissonnelle, Montboissier et Mauzun. Il est situé dans une dépression ce qui le rend invisible : c'était donc un emplacement idéal.

façade Ouest du château
L'architecture du château était à l'époque toute autre que de nos jours : il était protégé par deux ceintures de douves (celle qui subsiste a été conservée depuis le 11ème siècle). Entre ces deux ceintures de douves se trouvaient des bâtiments qui entouraient entièrement le château et abritaient les habitants du fief des Martinanches dont la superficie s'est étendue jusqu'à 230 hectares (30 hectares de ferme et 200 hectares de bois) ; le pont était un pont-levis équipé d'une tour de chaque côté ; le château était entièrement entouré de murs crénelés qui tombaient à pic sur les douves avec 7 tours de garde tout autour du château ; enfin, il était composé de trois tours et d'un donjon (aujourd'hui, il possède cinq tours et le donjon).



la chapelle A l'emplacement de la chapelle se trouvait un bâtiment qui formait un porche avec le bâtiment de droite encore existant. Lors d'une attaque, on pouvait abaisser une herse ; une deuxième herse se trouvait devant le pont-levis. Le porche était équipé d'un assommoir.

Au 11ème siècle, le corps du château n'avait d'autre ouverture que de toutes petites fenêtres. Des fenêtres plus larges ont été percées fin 15ème, début 16ème quand la forteresse a été transformée en demeure seigneuriale. Les grandes fenêtres, elles, ont été percées au début du 20ème.

De plus, au 11ème siècle, les toits étaient recouverts de dalles de pierre. Au 15ème, on a enlevé les moyens de défense du château, et les toitures, pointues comme celle du donjon, furent recouvertes de tuiles. A la Révolution, les révolutionnaires y mirent le feu pensant que le château brûlerait entièrement. Heureusement, le grenier était recouvert de tomettes qui ont empêché le feu de se propager. Les toitures furent alors reconstruites mais le coût de reconstruction ne permit pas de les reconstruire toutes en poivrière (seul le donjon a été reconstruit à l'identique).


tour d'escalier hexagonale
Au 16ème siècle, les propriétaires souhaitant avoir une ouverture sur les douves ont détruit le bâtiment qui se trouvait face à la façade Ouest du château et, avec les pierres de récupération, ont construit la tour hexagonale qui orne cette façade. Cette tour fut construite pour permettre une entrée de plein pied (avant le 16ème siècle, les propriétaires étaient obligés de rentrer par les caves, de monter au rez-de-chaussée par un escalier creusé dans la pierre, et ils accédaient au premier et au deuxième étages par des échelles qu'ils hissaient après leur passage, sécurité en cas d'attaque). Elle permit également d'accéder aux étages grâce à l'escalier à volutes construit en pierres de Volvic. Cet escalier, très particulier, n'a pas de pilier central ; il a été construit en même temps que la tour et chaque marche est enchâssée dans les murs (seul un pilier se trouvant dans les caves soutient l'escalier). Dans le même temps, des ouvertures ont été percées sur la façade. A l'origine, les fenêtres possédaient des meneaux mais, en 1793, lorsqu'il fallut payer l'impôt sur les ouvertures, ceux-ci furent enlevés pour ne payer qu'un impôt au lieu de 4... et des ouvertures de fenêtres furent également bouchées !

L'aile droite du château a été construite en 1766 ; elle renferme la grande salle à manger aux 23 chaises (une dame de RIBEROLLES ayant eut 23 enfants, chacun d'eux avait sa chaise avec un motif différent) et la grande cuisine.


armoiries des Comptour d'Apchon
Au-dessus de la porte d'entrée on peut voir les armoiries des COMPTOUR d'APCHON, taillées dans la piere de Volvic. Elles avaient été effacées à la Révolution mais les RIBEROLLES, par reconnaissance, les ont fait reproduire. Elles représentent 3 têtes de bélier surmontées d'un heaume.

La façade Nord est celle qui a le plus conservé l'aspect de château-fort. On y voit l'entrée du 11ème siècle avec une meurtrière de chaque côté.

A l'Ouest, est organisé un jardin à la française où, primitivement, se trouvaient les fermes (entre les deux ceintures de douves). Au début du 19ème, celles-ci ont été déplacées et le jardin à la française aménagé.



douves

Les douves ont une profondeur de 2,80 à 3,50 mètres. Elles sont alimentées par un ruisseau et par des drains (ceci permettait qu'en cas de siège elles soient toujours en eau). Primitivement, il n'y avait ni bonde, ni vanne pour les vider. La vanne a été faite au début du 20ème.

Le château est passé à la famille de CADIER de VEAUCE en 1892 quand le Baron de VEAUCE a épousé Claire de RIBEROLLES. Monsieur Arnaud de CADIER de VEAUCE en est l'actuel propriétaire.







INTERIEURS

Les pièces de réception dégagent une agréable impression d’intimité : salon voûté avec cheminée monumentale, salle à manger au 23 chaises ; plafonds à la française, parquets fougères ; porcelaines de la compagnie des Indes, faïences des tuileries, abondant mobilier, souvenir d’Alexandre de Riberolles, Président de la cour des comptes, Grand Chancelier de la légion d’honneur.

Salle d'accueil : elle renferme une des deux seules cheminées qui datent du 11ème siècle. On peut y voir un écusson qui porte les initiales des compagnons qui ont construit le château et une date qui correspond à l'année où la construction du château a été achevée : 1171.

caveLes caves : une des pièces servait de dépôt d'armes. On y trouve également une pièce, située sous le donjon, qui servait de cuisine, ainsi que le cachot, car de 1510 à 1789 le seigneur propriétaire du fief des Martinanches avait droit de vie et de mort sur les habitants. Au-dessus de la porte figure une inscription "Ce lundi 8ème jour de mai 1511", jour de mise en service du cachot.


Vestibule : On y remarque des plafonds à caisson dits "à la française", à chevrons en quinconce.

salle capitulaire
Salle capitulaire
: c'est la seule salle voûtée du château. En 1580 une demoiselle COMPTOUR d'APCHON orpheline et célibataire a donné le château en gérance aux moines de la Chaise Dieu (elle avait exigé dans cette donation que le château lui soit restitué le jour où elle se marierait) qui ont fait de cette pièce la salle de prière et qui l'ont voûtée. Le château fut donc pendant une vingtaine d'années un relais pour le pèlerinage de St Jacques de Compostelle. Les moines ont également rapporté une magnifique plaque de cheminée représentant le Christ et Marie-Madeleine au Puit de Jacob.

Salon Empire : il a été entièrement meublé en 1805 avec un mobilier directoire retour d'Egypte en acajou (têtes de femmes d'inspiration grecque et pieds en pattes de sphinx).

plaque de cheminée représentant le Christ et Marie-Madeleine au Puit de JacobSalle d'armes ou chapelle : cette pièce était primitivement une salle de garde d'où on pouvait voir les assaillants de loin. Puis, vers 1700, elle a été transformée en chapelle et quand eut lieu la construction de l'aile pour les 23 enfants en 1766, elle est devenue une salle de passage dont on a fait une salle d'armes.



Un passage situé dans cette pièce renferme un superbe escalier à vis taillé dans un même tronc de chêne. Le centre du tronc forme le pilier central (il est spiralé) et les marches ont été taillées dans le reste du tronc.

Salle à manger : c'est ici que l'on retrouve les 23 petites chaises pour chacun des enfants de madame de RIBEROLLES. On y voit aussi une importante collection d'assiettes de la Compagnie des Indes, quelques assiettes de Sèvres, des plats et soupières de Lunéville.

Bureau : Situé dans la quatrième tour primitive du 11ème, agrandie au 16ème pour pouvoir contenir le bureau et la chambre de l'intendant. En effet, au 16ème siècle, le fief des Martinanches d'une superficie de 230 hectares nécessitait la présence d'un intendant qui régissait l'ensemble du fief.





LA CHAPELLE

intérieur de la chapelleElle date de 1872 et fut construite en hommage à Alexandre de RIBEROLLES, propriétaire des lieux, Président de la Cour des Comptes à Paris, tué sous la commune (il est enterré à Paris et non pas aux Martinanches). Cette chapelle est de style néo-gothique, construite en pierres de Volvic.


RESTAURATION

L'aile 18ème du château a été transformée en chambres d'hôtes en 2005 ; il reste à transformer les communs en salle de d'expositions et de réceptions, pouvant accueillir jusqu'à 140 personnes.

Les travaux à effectuer en priorité concernent les toitures (donjon, future salle de réception), l'électricité et la pose de canalisations d'eaux dans tout le château.




Le château met à votre disposition des chambres d'hôtes aménagées dans l'aile 18ème.


OUVERTURE AU PUBLIC


Visites guidées payantes de 14 h à 18 h 30 sauf le samedi en juillet/août et de 14 h à 18 h les dimanches et jours fériés de Pâques à la Toussaint. Sur réservation pour les groupes.

CONTACT

Monsieur Arnaud de Cadier de Veauce
Château des Martinanches
63520 Saint Dier d'Auvergne
Tel/fax : 04 73 70 81 98
Mobile : 06 09 94 84 56
site internet
mail : lesmartinanches@wanadoo.fr

vue aérienne du château

Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.



Plan de situation :