CHATEAU DE MALVIRADE
Grezet-Cavagnan (Lot et Garonne)



Construit sur l'emplacement d'une tour de défense du XIIème siècle, le château de Malvirade résulte de plusieurs campagnes de travaux entreprises entre les XVème et XVIIème siècles. Les restaurations effectuées au XIXème n'ont pas altéré le caractère de cette belle demeure jouxtée par ses jardins à la Française créés selon des dessins de l'époque XVIIème.

HISTORIQUE


entrée de la tour d'AliénorAu XIIème siècle, Aliénor, fille aînée du duc Guillaume X hérite du duché d’Aquitaine, vastes terres débordant de richesses. L’Albret est une de ces terres située à l’extrême Est du duché, en bordure des terres des comtes de Toulouse. Le domaine de Malvirade – nommé ainsi par les Romains : mal orienté – fait partie intégrante de l’Albret et se trouve en position de frontalier vis-à-vis des terres des comtes de Toulouse.

Plusieurs voies traversaient ce domaine, en particulier une ancienne voie romaine qui reliait Casteljaloux à Agen via le Mas d’Agenais en passant par les villages de Cavagnan et de Grezet, à travers la forêt.

En ce lieu stratégique d’intersection entre cette voie romaine et la frontière, Aliénor ordonna la construction, sur l'emplacement d'anciens thermes, d’une tour de défense de section rectangulaire comptant trois niveaux.. Cellier, salle commune, logis, y abritaient une garnison de soldats dont la mission était de contrôler ce point frontière et aussi d’observer vers l’Est.




château au 16ème siècle
château aux 17 et 18ème siècles

La situation va durer jusqu’en 1453. A Castillon, alors, prend fin la guerre de cent ans, mais prend fin aussi le Moyen-Age. Déjà, le Quatrocento déverse sur le Royaume de France son retour à l’Antique. L’Europe entière va vivre la grande aventure de la Renaissance. Après avoir servi les Anglais la famille d’Albret, qui tire son nom de la terre du même nom, va se doter d’une nouvelle organisation. Pierre de SACRISTE devient le premier seigneur de Malvirade. Il est le vassal de la famille d’ALBRET, et est très sensible aux idées d’humanisme. C’est lui, qui, dès la fin du XVème, va ordonner selon ces idées nouvelles , la construction de l’actuel château de Malvirade.

On ira chercher la pierre du côté de Bordeaux, une pierre calcaire blanche et dure qui accroche bien la lumière. On la transportera par barques sur la Garonne jusqu’au niveau de Caumont, où elle sera ensuite acheminée par charrettes tirées par des attelages de bœufs et de chevaux. On extraira les sables, les argiles, la chaux, des terres de Malvirade. L’eau proviendra des sources même du domaine. Dans ses forêts, on choisira les meilleurs chênes pour réaliser parquets, charpentes, portes et fenêtres. On bâtira sans répit pendant trois générations de SACRISTE.


château au 21ème siècleOn fera venir des sculpteurs pour tailler et ouvrager portes, fenêtres, escaliers et cheminées. Des charpentiers réaliseront d’audacieuses toitures coniques ainsi que de magnifiques plafonds et parquets à la Française ainsi qu’a soffite.
Des peintres seront chargés de recouvrir murs et plafonds de fresques polychromes. Quant à l’ancienne tour d’Aliénor, elle sera réhabilitée selon les goûts du jour.

Cependant, le Moyen-Age n’étant pas encore très loin, et le Royaume de France encore incertain, on dotera la bâtisse de quelques éléments défensifs : chambres de tir ou de combustion dotées de systèmes de ventilation, bouches à feu, points d’observation.

La période étant prospère, les seigneurs de Malvirade feront aménager l’aile Sud du château pour y loger une petite garnison de gens en armes dont la mission essentielle est de protéger jour et nuit les lieux.


Au début du XVIème les lieux sont achevés. Mais voici que le Royaume de France va vivre à l’heure des guerres de Religion. Les seigneurs de Malvirade seront Huguenots. A la tête du Royaume de France, François 1er. A ses côtés, sa sœur aînée Marguerite qui sera de tous les instants – en Italie elle vivra de succès en échec : Pavie ou elle perdra son premier mari le duc d’Alençon – en Espagne, ambassadrice de son frère elle négociera avec Charles Quint.
salle des chevaliers
François 1er à nouveau sur le trône de France, Marguerite aidera alors l’école des réformistes de Meaux dirigée par Lefèvre d’Estaples; école qui sera au cœur de la Réforme.

Marguerite devant prendre quelques distances par rapport aux événements, se réfugie alors à Nérac en 1530 parce qu'elle y a épousé peu auparavant, Henry II d’Albret. Nérac qu'elle affectionne tout particulièrement.

Mais ses protégés viennent très vite lui demander asile. C’est ainsi qu’elle ouvre ses portes à Calvin, Lefèvre d’Estaples, Marot et bien d’autres. Nérac devient alors la cour de l’humanisme, la cour de la Renaissance, la cour de la langue française.

Les seigneurs de Malvirade vont fréquenter cette cour ainsi que plus tard celle de Jeanne d’Albret, la fille de Marguerite de Valois.

A Malvirade, on pratiquera la docte langue française tant estimée à la cour de François 1er et dans les années 1576-1577 on y recevra Théodore Agrippa d’Aubigné, grand-père de Madame de Maintenon (Françoise d'Aubigné seconde épouse de Louis XIV). Agrippa était alors plus connu pour ses faits d’armes que pour ses effets de plume. Il sera blessé près du château au cours d'un de ces combats qui opposaient Catholiques associés et Réformés. Lorsqu’en 1593 Henri IV abjure sa religion réformée pour la religion catholique, il est suivi dans sa démarche par bon nombre de ses fidèles en particulier par les Sacristes de Malvirade et c’est sans doute ce qui épargnera le démantèlement de la bâtisse.

salle des chevaliers
Au XVIIème, les Sacriste de Malvirade se laissent séduire par cette mode venue de Versailles. On va réaménager la bâtisse et lui donner un petit air à la mode. C’est ainsi que toute l’aile Ouest est remaniée: les pièces sont en enfilade, la chapelle fait désormais partie intégrante du château et les jardins sont réorganisés. On comble les douves.

En 1794
on perd trace des Sacriste de Malvirade. La bâtisse est en partie démantelée.
C’est un baron d’Empire nommé La Valette qui au début du XIXème relève en partie ce qui reste du château. Un peu plus tard, il deviendra propriété des comtes de Fumel jusqu’en 1950. Puis il sera inhabité pendant cinquante ans.

En 1990 Joël et Françoise CUVILLIER en deviennent les propriétaires et entreprennent les travaux de rénovation.





ARCHITECTURE
cour intérieure
Le château, victime d'importantes destructions à l'époque révolutionnaire, se réduit aujourd'hui au corps de logis, dont la façade donnant sur la cour d'honneur s'encadre entre un gros pavillon et une tour carrée, elle-même adossée à une tour plus importante qui, autrefois précédée d'un pont-levis enjambant la douve, contrôlait l'accès à la basse cour close de murs.

En façade principale, le corps de logis a conservé quelques fenêtres à meneaux, mais les autres ouvertures ont été remaniées. La partie donnant sur l'ancienne basse cour est doublée au rez-de-chaussée par une galerie à arcades soutenue par de massifs piliers de pierre.

Cette galerie épouse l'angle formé entre le corps principal et un bâtiment bas, coiffé de tuiles, qui suit le tracé de l'ancienne courtine. A l'intérieur, le château a conservé quelqus belles cheminées, ainsi que le décor peint de scènes de chasse qui orne les poutres et les murs de la salle Est du pavillon Sud.





INTERIEURS

Au cours de votre visite, vous pourrez admirer :

la salle Sacriste, avec sa cheminée première Renaissance française, son plafond polychrome à motifs de scènes de chasse et de trophées guerriers.
la salle Agrippa d'Aubigné, où celui-ci reçut les premiers soins après avoir été gravement blessé au cours de la bataille de Malvirade qui opposa réformés et catholiques.

salle Agrippa d'Aubigné salle Jean de Sacriste


le salon vert avec son plafond à la Française, sa cheminée et ses boiseries première Renaissance.
le salon des traditions avec sa cheminée et son ensemble de boiseries Louis XIV.
la salle Hughes Sacriste avec son ensemble de boiseries fin XVIIème et son plafond à la Française.
la salle d'armes ou salle Marie Baccoué et son plafond sur lequel étaient inscrites des images de la bataille de Malvirade.





OUVERTURE AU PUBLIC

Du 1er mai au 30 juin : tous les samedi et dimanche de 14 h 30 à 17 h 30
Du 1er juillet au 31 août : tous les jours sauf le lundi de 14 h 30 à 17 h 30
Pendant les Journées du Patrimoine


le parc
Aujourd’hui reconnu Monument Historique, le château de Malvirade, situé dans le Lot et Garonne au sud de Marmande, est ouvert au public pour des visites, des manifestations culturelles, mais aussi pour des mariages, séminaires et séjours en chambres d'hôtes.

En liaison avec les hauts lieux de la culture, de l'industrie et du tourisme s'enclenche une véritable organisation en réseau offrant dans le cadre des "Chemins de France" l'opportunité de revivre en direct les moments marquants de l'histoire, des sources du thermalisme à l'aventure spatiale en passant par la grande épopée féodale représentée par le château de Madaillan, près d'Agen, propriété de Chantal et Jacques AURIN, et par le génie de la Renaissance dont l'un de ces hauts lieux est le Château de Malvirade.





CONTACT

Françoise et Joël CUVILLIER
47250 Grezet-Cavagnan France
Tel : 05 53 20 61 31 - Mobile : 33 (0)6 11 60 74 59 - Fax : 05 53 89 25 61
E-mail
site internet

Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.



Plan de situation :