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Inscrit
aux Monuments Historiques, le château de Montréal, entièrement
bâti sur le rocher, dresse dans le ciel son donjon du 12ème
siècle.
HISTORIQUE
Son nom vient du latin Mons Regalis (Mont Royal) indiquant une
position
dominante.
Il y a d'ailleurs sept Montréal en France, ainsi qu'un en Sicile, un en
Allemagne
et bien sûr un au Québec. Tous ces Montréal ont été bâtis à l'origine sur des
positions dominantes.
La première construction fut le donjon datant du 11ème ou
du 12ème
siècle, construit par un seigneur des BALAZUC afin de surveiller
les vallées qui menaient à Argentaria
(devenu Largentière) où l'on extrayait du minerai d'argent avec lequel on
frappait monnaie.
Sept châteaux environ défendaient cette richesse, dont Montréal.
Au 13ème siècle, la famille
des MONTRÉAL agrandit le château en construisant un mur d'enceinte et
un logis seigneurial situé à l'étage.
Les familles suivantes batissent à l'intérieur
des murs du 13ème siècle,
dont la partie Renaissance avec sa cour datant du 16ème siècle, une belle
porte
Renaissance
et
un escalier d'apparat (datant de 1559, une pierre gravée en témoigne)
démarrant
derrière
cette porte.
Sa largeur est de 2 mètres (il monte à gauche,
ce
n'est
donc pas
un
escalier
défensif
dans lequel on monte à droite tout simplement car les soldats tenant toujours
l'épée à main droite pouvaient plus facilement se défendre contre l'adversaire).
Mais
la fonction première du château était bien militaire.
Monsieur FENESTRIER, originaire de Normandie et s'étant établi en Ardèche depuis
33 ans,
a
acquis
le
château
en 1998.
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ARCHITECTURE
Le vestibule
d'entrée : de plan rectangulaire (7m x 4
m), il a certainement été bâti
au 16ème siècle.
Construction de transition entre le château
vieux auquel il s'appuie à gauche et le château neuf à droite,
il est couvert d'une voûte surbaissée dont la clé est décorée
par un blason aux armes des BALAZUC-MONTRÉAL.
Ce blason est une pièce très rare
car
il
est en bon état n'ayant pas été martelé à la
révolution.
Du côté armoiries des MONTRÉAL, on retrouve le griffon (animal mythique,
mi lion mi aigle), symbole du gardien du trésor, celui-ci étant les mines
d'argent.

Dans
la
cour,
se
trouve
une citerne destinée à récupérer les eaux de pluie
des
toitures
car le château de Montréal ne dispose pas en sous-sol de rivière souterraine
ou de
source.
Au total, le château dispose de trois citernes, la plus grande ayant une
contenance de
50
m3.

La poterne
Renaissance : cette poterne a été décorée
avec soin : jambages, moulures, pinacles finement sculptés, linteau chanfreiné servant
d'imposte à la fenêtre qui éclaire la montée d'escalier.
A mi-hauteur, et flanquant la poterne de part et d'autre, deux archères
canonnières permettant de passer des bouches à feu ou
des arquebuses pour la défense de l'entrée du château ; on
retrouve
d'ailleurs ces
archères canonnières dans les balcons suspendus afin de défendre l'accès à la
cour
intérieure. Ces balcons sont soutenus par des arcs boutants.
Des motifs sculptés
en forme de coquille (ce n'est cependant pas la coquille de Saint Jacques de
Compostelle) ornent
ces arcs boutants. Parmi les fenêtres, certaines ont été murées,
d'autres
réouvertes
dont
une
belle fenêtre
Renaissance à meneau.
La chapelle : elle est construite sur le passage donnant accès
au verger, son dallage est remarquable. En son centre, une grande dalle rectangulaire,
sans aucun doute
l'ancienne pierre d'autel, est utilisée ici en réemploi. Au fond,
le cul du four à pain dont la porte se trouvait dans une pièce
aujourd'hui murée. Etant allumé quotidiennement pour cuire le pain,
le four chauffait en même temps la chapelle.
Dans la pièce jouxtant la chapelle, monsieur FENESTRIER a
le projet d'aménager
une salle
des blasons après restauration complète.
Trois portes maintenant murées conduisaient à la partie Renaissance, devenue
aujourd'hui
appartement
privé de monsieur FENESTRIER.
Dans la partie Renaissance, non visible au public,
les
plafonds
ne
sont
plus d'origine, ceux-ci ayant été détruits par le feu
en 1875.
Les murs de
cette partie étaient, il y a 250 ans, ornés de 58 tapisseries et tentures d'Aubusson
qui
sont parties
en dot à un mariage, de même que de très beaux meubles à Vallon Pont d'Arc.

La grande salle voûtée : la grande porte rectangulaire
aménagée
au XIXème siècle dans une porte ogivale dont les claveaux
sont encore visible permet d'accéder à la grande salle à la
voûte surbaissée. A l'origine, cette salle était divisée
en trois pièces distinctes : une réserve, la salle à manger
seigneuriale et la cuisine.
La réserve a certainement servi de saloir au XIXème
siècle. Elle se prolonge au Nord par une petite pièce fermée.
Le logis seigneurial : en haut de l'escalier, une galerie conduit
aux appartements
du château neuf et du logis seigneurial du 13ème siècle.
Une porte s'ouvre dans ce qui fut à l'origine un vestibule d'accès
au logis et au donjon. Ce couloir était délimité par deux
murs ; l'un à l'Ouest fermant le logis et qui sera démoli au XIXème
siècle lorsqu'une magnanerie sera aménagée à la place
du logis.
Le second était percé de deux rangées d'archères
contrôlant l'accès à la poterne. Le vestibule permettait
d'accéder au logis et débouchait aussi sur un couloir à ciel
ouvert conduisant à l'escalier menant au donjon.
L'élément
le plus remarquable du logis est sans doute la grande cheminée romane
dépourvue
aujourd'hui de son manteau, de sa hotte conique et de ses pieds-droits à la
suite d'un véritable pillage.
De part et d'autre, deux archères
ont été transformées ; l'une a été murée
lors de la construction du château neuf ; l'autre a été élargie
et garnie de meneaux.
Quant au plafond porté par des
poutres et soutenant vraisemblablement un étage, il a complètement
disparu. Dans
le logis seigneurial, on peut voir une archère typique 13ème siècle qui était
murée et que monsieur FENESTRIER a réouverte. Dans les gravats, il
a même trouvé un morceau de tégulé (tuile romaine). Le plafond du logis
doit également être refait.

Le donjon : vu de l'extérieur, le donjon est
un carré de dix mètres de côté et de 28 mètres
de haut. A l'origine, il culminait à 35 mètres, mais il fut démantelé en
partie juste après la révolution et amputé de 7 mètres à son
sommet.
Les murs ont une épaisseur de 2,50 mètres (notamment pour
soutenir
les deux voûtes dont une seule subsiste aujourd'hui, et également pour intégrer
un
escalier à vis
défensif à l'intérieur) et sont percés
d'archères pour
la défense, celles-ci donnant peu de lumière.
L'intérieur du donjon est étroit et sombre car c'est un lieu voué à la
défense et non à l'habitation. A l'intérieur se trouve une
citerne, des réserves, des salles de gardes, tout ce qui est nécessaire
en cas de siège. Des anneaux métalliques sont scellés au
sommet de la voûte, probablement destinés à recevoir, dans
des sacs en cuir, les archives du fief, ainsi à l'abri des rats, de l'eau
et des attaquants.
L'enduit couvert d'inscriptions datant du XVème siècle
révèle qu'à l'époque de la transformation du château
vieux, au moins une pièce du donjon a dû servir de logis. On peut
y voir "gloire à Dieu" en
latin, des compas, le donjon dessiné, une pince à pierre (pour lever les pierres).
Sur un des murs du
donjon, on remarque un "interphone" du
12ème siècle (conduit vertical percé dans l'épaisseur du mur) qui permettait à partir
de
cette salle
de
communiquer
avec
les
soldats
qui étaient tout en haut et vice-versa. C'est une particularité très rare pour
l'époque médiévale.
Sous nos pieds à 5,50 m du bas, se trouve la "réserve" endroit qui servait à conserver
les victuailles en cas de siège, un escalier en fer en permet l'accès.
On
remarque
deux
petites
fenêtres en vis-à-vis accessibles par des couloirs dans l'épaisseur des murs
et dans lesquelles un soldat pouvait se poster avec une arbalète et faire un
feu croisé si l'ennemi arrivait à forcer la porte, hypothèse peu probable
puisque
si on y accède maintenant par un escalier en bois, à l'époque c'était au moyen
d'une échelle, l'accès étant situé à 6 ou 7 mètres de hauteur.

Dans le donjon se cotoient styles
roman et gothique. Particularité du
donjon : les pierres à bossage pour
dévier les projectiles envoyés avec des machines de siège.
Dans le verger, sur la partie gauche, on peut voir encore des murs garnis de
pierres à bossage,
une porte datant sans doute 13ème siècle (ancienne porte d'entrée du château),
et
dans l'angle, un support d'échauguette
; l'échauguette fut démontée
en
1638 quand le mur de la grande façade a été reconstruit.
Subsistent aussi des corbeaux en
pierre qui servaient de support à des mâchicoulis.
Autre particularité : une grotte se trouve sous
le donjon. Elle n'est pas encore déblayée entièrement mais il est surprenant
de constater qu'une masse de milliers de tonnes repose en partie sur du vide,
sur une voûte naturelle. Monsieur FENESTRIER a construit un mur en pierres pour
soutenir le rocher car
le rocher avait bougé entraînant des fissures dans les murs.
RESTAURATION
Depuis
1998, monsieur FENESTRIER restaure le château. Pendant 10 ans, il l'a
restauré tout seul et, depuis 2008 ans, il est aidé par
un jeune passionné. Monsieur FENESTRIER fait tous les travaux lui-même, à l'exception
des menuiseries et des ferronneries.
Pour la restauration de la salle voûtée, plus
de
6
mois de travail ont été nécessaires.
A l'origine,
elle se composait de trois pièces distinctes : une pièce pour ranger
la
nourriture,
les armes... ; au centre, se trouvait le logis seigneurial, et
à l'endroit où subsiste
la cheminée se trouvait la cuisine.
Dans cette cheminée, se trouve le bugadier
pour
faire la bugade (la lessive : on mettait l'eau chaude, la cendre, on laissait
tremper le linge et on allait le rincer à la rivière).
La cheminée
Renaissance qui garnissait cette salle a malheureusement été vendue par les
propriétaires précédents
;
on en voit encore le conduit.
Dans la partie 13ème siècle, une cheminée ainsi que des gargouilles ont également
disparu.
Le donjon va être consolidé et non
pas reconstruit à l'identique, sa partie basse devant être rendue accessible
au
public
dès l'été 2010. Pour la partie haute, il y a encore beaucoup à faire : enlever
la végétation, remaçonner le haut des murs et faire une plate-forme, probablement
en fer galvanisé car on ne peut guère le faire autrement et, ainsi, le public
aura la vue à 360 degrés.
Logis seigneurial : c'est à peu près
la seule partie du château que monsieur FENESTRIER aimerait reconstruire
au château
de
Montréal
; en effet, il est contre la recontruction des châteaux du fait du risque d'erreurs
possibles ;
il
s'attache
plutôt à restaurer
ce qui a besoin de l'être.
OUVERTURE AU PUBLIC
Dans la salle voûtée, se tiennent
des mariages, des banquets, des séminaires, des journées pédagogiques.
Les animations
ont principalement lieu en été et au printemps. Une équipe d'environ huit
personnes
propose
des
visites
théâtralisées, des ateliers médiévaux (forgeron, tourneur sur bois, calligraphie,
le mercenaire, le chevalier, le capitaine des archers - on peut tirer à l'arc, à l'arbalète-
initiation à l'escrime).
Deux fêtes médiévales ont lieu en été : une mi-juillet,
une
mi-août ; les jours de fête médiévale, se tient aussi un marché médiéval avec des artisans.
Eté : ouvert de 10 h 30 à 13 heures et de 15
heures à 19 heures.
Hors saison, ouvert tous les jours sauf le samedi matin et le dimanche
matin.
Fermé du 5 janvier au 15 février.
CONTACT
Hubert FENESTRIER
Le Château
07110 Montréal
tél : 04 75 89 91 81
e-mail: chateau.montreal@free.fr
site
internet
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès du propriétaire. |
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