CHATEAU DE NIEUL LÈS SAINTES
Nieul lès Saintes (Charente Maritime)



HISTORIQUE

Ce château fort fut construit à la fin du XIVème siècle, vers 1370, par Jean CHAUDRIER, époux de Jeanne de PARTHENAY-L'ARCHEVEQUE, héritière de la terre de Nieul. C'est ce même Jean CHAUDRIER ou Jehan CHAUDERER, à l'époque maire de La Rochelle, qui la délivra du joug anglais, usant d'une ruse pacifique, savoureusement rapportée par FROISSART dans l'une de ses chroniques.

façade pont-levisDirectement vassaux du Roi de France, les CHAUDRIER se transmettent le fief de père en fils (nombreux aveux de vassalité conservés aux Archives Nationales). Jeanne CHAUDRIER donnera naissance, en 1524, à Pierre de RONSARD. On célèbrera de 1573 à 1574, le culte protestant au château de Nieul (église de fief) et certains écrits attesteront du passage de Bernard PALISSY ainsi que du "baptême de Marie, fille de Guillaume ESBAUDY et de Perette ROY, âgée de 6 mois, présentée par Mathurin PALISSY (fils de Bernard PALISSY)".

De CHAUDRIER en de CULANT, de de WANDEL en LEMOUZIN, de catholique à protestant et de protestant à catholique, la Seigneurie de Nieul sera vendue comme bien national en 1793, et son dernier Baron, Isaie LEMOUZIN, mourra de sa belle mort en 1797 à 83 ans, en un logis tout proche de son château. La même année, François-César, son petit-fils, émigré, mourait à Hambourg.


Le manoir de la Possonière où naquit Pierre de RONSARD conserve encore, peint à fresque sur le mur de la grande salle, l'écussion CHAUDRIER, composé de quatre parties :
écusson Chaudrier
au 1 : CHAUDRIER (d'azur à deux Fasces d'argent au Chef d'argent chargé de trois chaudières avec leurs anses de sable posées deux et une) accompagné de PARTHENAY (au Baston composé d'argent et de gueules chargé en Chef d'un quartier Miparti d'or et gueules Brochant sur le tout), c'est Jean CHAUDRIER, père de Jehanne CHAUDRIER, épouse de Loys de Ronsard.
au 2 : BEAUMONT (d'or à Aigle de sable, Couronnée de pourpre, becquée et membrée de gueules), c'est Joachine de BEAUMONT, sa mère.
au 3 : ROUAULT de BOISMENARD (de sable à deux Léopards, l'un sur l'autre d'or), c'est la grand-mère maternelle de Jehanne CHAUDRIER.
au 4 : BONENFANT (de gueules à la Fasce d'argent accompagnée de six Besans de mesme), c'est la grand-mère paternelle de Jehanne CHAUDRIER.

Acquis en 1972 par ses propriétaires actuels, dans un état de ruines avancé, le château fut inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1988. La restauration entreprise dès 1972 se poursuit patiemment.





ARCHITECTURE

Le château se présente comme une enceinte hexagonale irrégulière : courtines de 12 à 14 m de hauteur, percées d'archères, couronnées d'un chemin de ronde qui ne subsiste que sur la façade, et flanquées de tours carrées. Il est cerné de douves sèches dont on peut penser qu'elles pouvaient être alimentées à l'époque par le ruisseau tout proche.

Au sud, accolées à la muraille, les ruines d'une importante tour carrée, mises à jour en 1993, laissent supposer à cet emplacement l'existence d'un donjon primitif. Ce donjon, dont on a retrouvé les soubassements, ne s'est pas effondré mais a été arasé proprement. Le logis seigneurial, lui, a dû s'effondrer, le propriétaire ayant retrouvé de nombreuses tuiles et, sous ce logis, on trouve un cachot. On accéde au château par une avancée en pierres sur laquelle prennent appui deux pont-levis, l'un défend la grande porte ogivale, l'autre mène à la poterne (belle coupole hémisphérique).


logis meubléDans la vaste cour intérieure, adossés à la muraille d'enceinte, s'organisaient logis et communs. Trois tours d'escaliers conduisaient aux étages, l'une parfaitement conservée, l'autre en partie restaurée, la troisième ne subsistant que dans sa partie souterraine conduisant à de très belles salles voûtées de 8 et 20 m de longueur sur 6,60 m de large.

Le logis, sobrement meublé, tente de recréer une atmosphère médiévale avec ici et là quelques touches "Renaissance" : coffre, crédence et chaises à fenestrages gothiques, cathèdres, tableaux du XVIème etc... Bien que l'architecture du monument soit toute militaire et que sa date de construction le situe dans une époque troublée, aucun fait de guerre notable ne paraît s'y être déroulé. Les documents retrouvés le décrivent comme totalement ruiné dès le début du XIXème siècle et il semble probable qu'à la fin du XVIIème, les seigneurs de Nieul, maîtres d'autres fiefs, aient dédaigné l'inconfort de ces lieux austères pour l'agrément de logis plus riants...



Diaporama sur le château de Nieul les Saintes


RESTAURATION

Lors des différents travaux, une glacière a été mise à jour. Les salles voûtées qui ont été restaurées sont probablement postérieures à la construction du donjon arasé car on y trouve des meurtrières d'aération qui donnent sur l'extérieur, alors qu'elles se trouvent juste derrière le mur du donjon originel. Donc ces aérations ne pouvaient pas exister quand le donjon était debout. Le propriétaire a reconstruit la muraille de façon à soutenir les caves qui menaçaient de s'effondrer.





OUVERTURE AU PUBLIC

Du 15 juillet au 22 août, sur rendez-vous. Visites guidées les mercredi et samedi : 3 euros pour les adultes, 1 euro pour les scolaires.
Tél. 05 46 93 71 48

Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.



Plan de situation :