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Situé sur la commune de Fresnicourt (à
16 km au sud de Béthune), le château d'Olhain, en Artois,
a été conservé en ses plans d'origine avec
sa "baille" ou "basse-cour". Il nous parvient
du lointain Moyen-Age, comme un authentique exemple de "château
fort des plaines de l'Europe de Nord". C'est l'un des plus
beaux fleurons du patrimoine historique de la région. Il
est le château médiéval le mieux conservé
du Nord de la France. L'ensemble imposant est bâti au creux
du vallon, et baigne ses murs de grès au milieu d'un étang
d'eaux vives. Il est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire
des Monuments Historiques depuis 1989.
HISTORIQUE
C'est vers 1200 que Hughes d'OLHAIN, capitaine croisé, armé
Chevalier au siège de Constantinople, édifia cet ensemble
défensif, avec l'aide et pour la sécurité des
habitants du hameau. Bien défendu par des douves en eau et
3 pont-levis, il servira de refuge pendant les périodes troublées
des XIIIe et XIVe siècles, puis, le château évoluera
en garnison au XV, XVIe et XVIIe siècles et la "basse-cour"
en ferme, au XVIIe siècle.
Les sires d'OLHAIN se succédèrent
durant les XIIIe et XIVe siècles, et Marie d'OLHAIN, dernière
du nom, épousa "Jean de NIELLES". Le château,
en partie détruit et incendié durant la guerre de
Cent Ans, fut restauré par leurs soins vers 1407 et équipé
d'artillerie. Jean de NIELLES joua un rôle important auprès
de Jean SANS PEUR, Duc de Bourgogne, dont il fut le Grand Argentier
et, ensuite, auprès du roi de France, Charles VI. Il fut
le principal artisan de leur réconciliation en 1409. Sa pierre
tombale de 1423 se trouve dans la cour intérieure, à
laquelle on accède par un pont-levis et une porte en ogive
entre deux grosses tours rondes.
Alix de NIELLES épousa Jean de RÉCOURT qui, le 24
octobre 1415, avec nombre de Chevaliers français, périt
à quelques lieux d'Olhain, à la bataille d'Azincourt.
Elle épousa en seconde noces Jean de BERGHES,
Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or,
qui prit part, avec Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, au siège
de Compiègne, où Jeanne d'Arc fut capturée.

En 1641, le château, occupé par les espagnols, fut
investi par surprise par un détachement de la garnison française
d'Arras qui massacra tout ce qui s'y trouvait en armes. René
de BERGHES, capitaine au régiment français de Rambures,
fut tué au siège de Rocroi sous les ordres du Grand
Condé.
Vers 1700, Louise de BERGHES épousa le comte d'ARTAGNAN,
gouverneur d'Arras (cousin du célèbre Mousquetaire
du Roy).
En 1710, le château fut investi à nouveau et occupé
par les Hollandais au moment de la prise de Béthune par les
Alliés contre la France.
Le dernier seigneur d'Olhain, Pierre Marie de BERGHES, chef d'escadrons,
périt au cours d'un engagement de cavalerie durant la guerre
de 1870. Dès lors, le château resta à l'abandon.
En 1900, le château et la ferme furent vendus aux enchères
et achetés par monsieur DARTOIS. Les terres étaient
à vendre avec le château, considéré comme
un fardeau. Monsieur DARTOIS confia le domaine à son neveu,
Jules DUTOIT. Des troupes furent cantonnées au château
d'Olhain lors des batailles d'Artois, après la première
bataille de la Marne et jusqu'à la fin de la guerre 1914-1918.
Durant 4 ans, troupes et chevaux des armées françaises,
anglaises puis canadiennes occupèrent château, dépendances,
bâtiments d'exploitation et prairies voisines.
Lors de la guerre 1939-1945, ce sont cette fois les troupes anglaises
et canadiennes qui occuperont le château. Il gardera de nombreuses
traces de ces occupations successives dans les ailes droites et
gauche. Ces salles ne sont pas ouvertes à la visite. Dans
les combles de l'aile droite, on retrouve de nombreuses inscriptions
laissées par les soldats ainsi que des impacts de balles
dans les murs au premier étage de l'aile gauche.
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RESTAURATION
A
la fin de la guerre 1914-1918, Jules DUTOIT reprit le travail de restauration
qu'il avait commencé. Il cultiva les terres et aménagea
peu à peu l'aile gauche où il habita avec sa famille.
Il fit refaire toutes les toitures, commençant par le plus
urgent. Il fera bâtir en 1930 une maison intégrée
au corps de la basse-cour, qu'habitent, depuis, les propriétaires
du château. Jusqu'en 2004, c'est monsieur Paul DUTOIT, fils
de Jules DUTOIT, qui a assuré les lourds travaux d'entretien
et de restauration du château. Il commença pendant l'Occupation
par assécher l'étang pour réparer tous les murs
immergés et a continué à entretenir et conserver
avec soin le château dont il avait la garde. Le chartrier dOlhain
ayant disparu lors de lincendie du château de Rasnes où
résidait le dernier de la maison de Berghes, cest peu
à peu et à force de recherches, que ces informations
ont été réunies, grâce aux documents patiemment
récoltés par M. Paul Dutoit.
Ce sont aujourd'hui ses descendants qui continuent son oeuvre avec
beaucoup de passion.
ARCHITECTURE
Le
château comprend deux parties bien individualisées :
sa basse-cour de forme ovale et le château proprement dit.
On accède à la première par deux ponts de pierre
franchissant les bras de la rivière Lawe ; du côté
méridional, les fossés ont été comblés
; c'est par un pont-levis que jadis on les franchissait. Ses murs
extérieurs sont ceux de l'ancienne enceinte construite par
Hughes d'OLHAIN qui étaient autrefois flanqués de tourelles
coiffées de poivriéres ;
il n'en subsiste qu'une, du côté Est, qui se mire dans
les eaux. A l'intérieur, cette cour est entourée de
bâtiments de ferme construits à des époques différentes
dont l'architecture est fort simple.
Le château est entièrement construit en grès.
Il est de forme polygonale. Son pont-levis a été établi
entre les deux grosses tours qui flanquent son front oriental. La
tour Nord-Est est plus forte que sa voisine. Les
corbeaux de ses
mâchicoulis se composent de quatre dés rectangulaires
de taille décroissante posés l'un sur l'autre, le plus
petit reposant lui-même sur un petit culot en pyramide renversée.
Cette forme de mâchicoulis est très fréquente
en Bretagne, mais elle n'était cependant pas ignorée
dans le Nord de la France puisqu'on la trouvait à la porte
Saint-Pierre à Lille. Aujourd'hui, cette tour est coiffée
d'une
toitures en poivrière. Deux gargouilles prouvent qu'à
l'origine le chemin de ronde monté sur ces consoles n'était
pas couvert ; en arrière et en retrait, on devait trouver une
salle servant de magasin et c'est sur celle-ci que devait reposer
la toiture conique. La tour Sud-Est n'a conservé que partiellement
ses mâchicoulis et leurs corbeaux n'ont qu'une assise.

La cour intérieure s'ouvre, à l'Ouest, par une terrasse
donnant sur l'étang, à l'emplacement d'une tour détruite
en 1654 par les Espagnols, lors d'un siège.
A l'autre extrémité, un pont de bois primitivement mobile
mène à l'entrée du château qui s'ouvre,
de ce côté, sous un arc brisé encadré de
deux hauts
contreforts en éperon, surmonté d'un fronton
rajouté au XIXe, timbré aux armes des Berghes (un lion).
On voit encore les rainures du
pont-levis. De part et d'autre de la porte, la courtine
est percée de plusieurs fenêtres ; celle de l'étage,
à gauche, a conservé ses
meneaux en grès du XVIe s., mais la fenêtre
inférieure a été refaite au XVIII s. ; l'autre
côté n'était éclairé que par une
petite fenêtre coiffée d'un linteau sur corbeaux. Du
côté de la cour, la porte a été dénaturée
au XVIIIe s. et refaite en briques.
Une tourelle d'escalier octogonale sépare ce corps de logis
d'un autre bâtiment daté de 1620, mais dépourvu
de caractère de même que celui que l'on trouve du côté
Nord de la cour. Cette tourelle a été construite en
briques, mais sa partie supérieure a été refaite
en pierres au siècle dernier; on y pénètre par
une porte en anse de panier et les fenêtres qui éclairent
la cage sont de forme rectangulaire.

La tour Nord-Est (ou donjon) n'a pas été tracée
sur la cour suivant un plan arrondi : son mur est oblique et ce n'est
qu'au niveau du second étage, par l'intermédiaire d'un
encorbellement mouluré porté par un gros cul-de-lampe,
qu'il reprend un tracé circulaire. A ce niveau la tour a été
dotée de mâchicoulis semblables à ceux de l'extérieur.
Une porte basse en anse de panier donne accès à une
cave dont la coupole a été refaite ; une autre porte
semblable à la première permet de pénétrer
dans une tourelle de guet à pans coupés dont la base
est en grès. Au-dessus du niveau des toitures, la tourelle
passe à un plan hexagonal et dans cette partie elle a été
reparementée en pierre au XIXème s. Au-dessus de la
porte, on trouve successivement une niche, une fenêtre rectangulaire,
une fenêtre en anse de panier et une seconde fenêtre rectangulaire.
Ces baies éclairent l'escalier qui permet d'accéder
aux différents étages de la tour.
La salle du premier étage est connue sous le nom de salle des
Gardes. Elle est couverte par une voûte d'ogives prismatiques
à six branches retombant sur des
culs-de-lampe et la clef
porte les insignes des
ordres de la Toison d'Or
(le mouton) et de
Saint-Michel (le collier
de l'Orde). Cette salle dotée d'un réduit pour un guetteur
était chauffée par une belle cheminée en grès
dont le linteau est agrémenté d'un cordon de feuillages.
Au niveau supérieur, on trouve une autre salle hexagonale coiffée
d'une coupole surbaissée sous laquelle sont bandées
douze nervures.

La tour Sud-Est se trouve engagée dans les bâtiments.
En 1840, ses deux niveaux inférieurs furent réunis par
le duc Alphonse de BERGHES SAINT WINOC, pair de France, et son épouse
la princesse Gabrielle de BROGLIES pour aménager une chapelle.
Elle contenait les reliques de Sainte Constance, martyre romaine qui
se trouvent actuellement sous le maître-autel, en l'église
de Fresnicourt. On constate ainsi que l'une et l'autre de ces deux
salles primitives avaient été établies sur un
plan hexagonal, mais à chaque angle de la première correspondait
le milieu d'un pan de la seconde ; la voûte supérieure
est à six branches d'ogives sur culs-de-lampe. Le réaménagement
du XIX s. a aussi supprimé les parties basses de l'escalier
; aujourd'hui, celui-ci part de la tribune de la chapelle et il mène
à une autre salle hexagonale qui a perdu sa voûte d'ogives.
Vu de l'extérieur, le château d'Olhain ne manque pas
d'allure ; des douves remplies d'eau, qui peuvent atteindre 80 m de
large, l'entourent. Les fenêtres de ses courtines ont été
agrandies au XVIII s. Du côté méridional, une
tourelle carrée en pierre flanque le mur ; elle appartient
bien à la construction primitive puisque sa base en grès
est appareillée avec la courtine ; une passerelle et un petit
pont-levis la reliaient jadis au jardin. Vers le Sud-Ouest, on voit
encore d'anciens mâchicoulis. Du côté Nord, on
trouve aussi une tourelle, mais elle est plus volumineuse et implantée
davantage vers l'Ouest que la première. Il est probable qu'une
ou deux grosses tours rondes ont jadis existé du côté
occidental avant les destructions
du XVII s. Des
archères pour arbalètes et couleuvrines étaient
disposées de façon à couvrir l'ensemble du château.

OUVERTURE AU PUBLIC
Le château est ouvert à la visite depuis 1954. Promenade
le long des "douves", visite de la basse-cour et du château
: cour intérieure, chapelle, caves voûtées, donjon
(101 marches) avec ses salles aux différents étages,
ses combles et la tour de guêt.
Le montant des visites est entièrement destiné à
lentretien du monument.
Visites possibles :
* du 1er Avril au 1er Novembre: les dimanches et jours fériés
de 15h à 18h30
* durant les vacances scolaires d'été: le samedi et
le dimanche de 15h à 18h30
Tarifs:
* Adultes: 4 €
* Enfants accompagnés (jusqu'à 12 ans): gratuit
* Cars / groupes adultes et scolaires: Toute l'année sur RDV
CONTACT
Madame CAPRON
Chateau d'Olhain
62150 Fresnicourt le Dolmen
Tél. 01.39.18.33.14
(ou 03.21.27.94.76)
site
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Les informations contenues dans ce reportage
ont été recueillies auprès des propriétaires. Sources : texte
historique : M. Jean François Leroy, Cercle Historique du Bruaysis. |
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