CHATEAU DU PÉRENNOU
PLOMELIN (Finistère Sud)



Construit en bordure de vallon, le château domine majestueusement l'Odet qui coule 400 mètres en contrebas. Il a reçu l'agrément des Monuments Historiques et est en cours de classement. Contrairement à la signification de son toponyme (Pérennou signifiant lieu planté de poiriers) il est une terre de pommiers. Mais on y dénombre aussi, à l'époque du manoir, de nombreux cerisiers, pruniers, pêchers et tout de même 239 poiriers pour 61 variétés.

HISTORIQUE

ancien manoir

Sous la Révolution, le domaine appartient à Jean-Charles du MARHALLAC'H (1746-1813), son acquéreur en 1774. Lorsqu'il l'acquiert, le château du Pérennou n'est à l'époque qu'un modeste manoir. La signature de Jean-Charles du MARHALLAC'H figure au bas de la célèbre protestation de la noblesse bretonne, en 1788. Mais il est surtout connu par ses démêlés avec les autorités révolutionnaires en 1794. A cette date, il s'efforce en effet de faire lever le séquestre établi sur ses biens, en raison de l'émigration clandestine de ses deux enfants vers la Prusse-Rhénane, en 1792. Ses efforts sont vains puisque les deux tiers de ceux-ci sont mis à la disposition de la nation. Toutefois, il ne perd pas le Pérennou.



Son fils, Jean-Félix (1772-1858) se retire définitivement au Pérennou après la révolution de 1830. Il en profite pour achever la mise en place du jardin baroque. Au moment de la révolution de 1848, il est propriétaire d'un domaine qui dépasse les 350 hectares "partagés" entre neuf domaniers, deux fermiers et un métayer.
blason de la famille du MARHALLAC'H à trois orceaux surmonté d'une couronne de comte

Son fils Auguste-Félix (1808-1891) connaît un destin exceptionnel. Nommé inspecteur des Monuments Historiques en 1835, il se marie en 1839 mais perd rapidement sa femme et ses trois enfants. C'est ce qui motive sans doute sont entrée au séminaire de Quimper d'où il sort prêtre en 1854. Le pape Léon XIII lui décerne le titre de Protonotaire apostolique, ce qui correspond à la distinction du plus haut prélat romain après l'évêque. Il devient donc Monseigneur du MARHALLAC'H.


à gauche : blason de la famille de BROC : de sable, à la bande fuselée d'argent, 5 pièces et demi - à droite : blason de la famille de CARNÉ - surmontés d'une couronne de comte
Edgar de BROC (1867-1876) est originaire d'Anjou. Il épouse en 1891 Marie de CARNÉ-MARCEIN, petite-fille de l'académicien Louis de CARNÉ (1804-1876) qui a vécu les dix dernières années de sa vie au Pérennou. Comme celle-ci est l'héritière testamentaire de son grand oncle Mgr du MARHALLAC'H, Edgar de BROC se retrouve à la tête du Pérennou, dès la première année de son mariage. C'est lui qui transformera le vieux manoir classique en château néo-gothique.



Christian de BROC, propriétaire actuel du Pérennou, descend de la famille du MARHALLAC'H par sa grand-mère, Marie de CARNÉ, héritière de Monseigneur du MARHALLAC'H.





ARCHITECTURE

tour créneléeJusqu'à la Révolution française, le château du Pérennou était un manoir classique avec des jardins à la française composés de terrasses rectilignes étagées, entièrement clos de murs. Le clos s'arrêtait probablement au milieu du parc actuel. C'est à cette époque que Jean-Charles du MARHALLAC'H, sa femme et ses enfants ont quitté le lieu pendant une dizaine d'années, laissant le manoir à l'abandon. A leur retour, sous le Premier Empire, ils le récupèrent dans un état épouvantable car le manoir avait été pillé, de même que le clos dont les pierres avaient été volées.

Ce manoir de l'Ancien Régime qui menace ruine est alors rénové à partir de 1812 dans le style classique. On décide de faire table rase du passé. Plus de motte féodale et de pigeonnier, les jardins sont ouverts et retrouvent leur pente naturelle vers l'Odet.

De 1893 à 1899, il est profondément transformé dans le style néo-gothique cher aux romantiques pour donner le château actuel. Son architecture utilise le style Renaissance (présent dans toutes les ouvertures) tout en rappelant la construction fortifiée du Bas Moyen-Age. Pour l'essentiel, sur l'édifice remis en état dès 1812, sont venues se greffer de petites extensions latérales (tours circulaires), une chapelle domestique, un avant corps jouxtant l'entrée principale, et un donjon placé en encorbellement sur l'angle sud-ouest de la construction. Le tout est dominé par des échauguettes et des tours crénelées. Ce mélange harmonieux d'ancien et néo confère à l'édifice un caractère majestueux et pittoresque, tout en gardant une certaine cohérence dans le style romantique. façade arrière




Si en ce 19ème finissant un donjon ou une tour d'angle n'affirment plus de prétentions féodales, ils évoquent encore une certaine supériorité sociale de l'aristocratie sur le peuple des campagnes.

Du manoir initial n'auront été conservées que la partie centrale en avancée, incluant la porte d'entrée, avec une soupente dans la partie supérieure et une seule des deux ailes qui étaient exactement symétriques. L'aile gauche fut volontairement rasée pour construire le Pérennou.





PARC

L'ancien jardin à la française négligé sous la Révolution évolue à partir de 1810 vers le parc paysager. vue du parc descendant vers l'Odet

Transformé à l'anglaise au début du 19ème siècle, les propriétaires successifs ont attaché une grande importance à ce parc. Il a été nécessaire de détruire tout ce qui restait du jardin à la française et de recasser le terrain pour rétablir les pentes naturelles vers l'Odet afin de retrouver sa configuration naturelle telle qu'on l'imagine avant que ne soient faits les terrassements pour créer le jardin à la française de l'ancien manoir. Des chemins furent créés, quelques arbres plantés. Vers les années 1840 c'est l'architecte paysagiste BUHLER qui est intervenu pour concevoir les plantations, les pentes et les perspectives. Il semblerait que le jardin du Pérennou soit l'un des premiers conçus par BUHLER. En 1850, le jardin n'est qu'une ébauche car les arbres sont encore jeunes, mais on a planté ginko, platanes d'Orient, magnolias, sequoïas... Il y avait une collection un peu plus importante d'espèces d'arbres qui n'a malheureusement pas été entretenue ; beaucoup d'arbres furent supprimés sans être remplacés. La superficie du parc est de 25 hectares.

Sur le domaine, on a mis à jour trois périodes de marques de civilisation : tout d'abord, la période mégalithique puisque l'on trouve un monument mégalithique avec trois dolmens, ensuite la période gallo-romaine car il y a d'anciens thermes gallo-romains et la glacière évocation fin 18ème.

le Pérennou, façade Sud, dans son écrin de verdure
Les bains romains ruinés furent découverts en 1833 par Jean-Félix du MARHALLAC'H. Ils datent du 1er siècle après J.C. Une médaille de Tibère, empereur romain de 14 à 37 après JC, enfouie dans un morceau de ciment tiré des vestiges a permis d'en dater la construction. Si on continuait encore, au début du siècle dernier, à entretenir et à visiter les bains romains, c'est sans doute parce que le charme attractif de ces vieilles pierres chargées d'histoire n'avait pas disparu avec le tarissement du mouvement romantique dont il était issu. En octobre 1987, l'ouragan a fait chuter un arbre plus que centenaire sur les vestiges des bains, qu'il a éventrés. Compte-tenu de son épaisseur et de l'inaccessibilité de l'endroit les ruines risquent de ne pas être dégagées avant longtemps.





INTERIEURS

L'aménagement du château, en particulier les salles de réception du rez-de-chaussée et le vestibule qui les sépare, témoigne encore d'une certaine splendeur attestant les goûts et les richesses des anciens propriétaires.

salle à manger   hall d'entrée, inspiration italienne
grand salon   détail du plafond du grand salon,inspiration renaissance





chapelle

RESTAURATION


Les travaux d'entretien et de restauration du parc et du château se font au fil des ans. Par contre, des travaux de restauration de la chapelle devraient débuter en octobre 2004 de même que ceux de la toiture et de la façade Nord.





OUVERTURE AU PUBLIC

Visite commentée : se renseigner.







chapelle, vitrail et rosace CONTACT

Christian de BROC
Château du Pérennou
29700 PLOMELIN
Tel : 02 98 52 57 90


Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.



Plan de situation :