 |
HISTORIQUE DE PLESSIS
SAINT-JEAN et du CHATEAU
Le village :
L'origine du nom Plessis vient du latin signifiant "lieu fermé
de pieux et de branches entrelacées". On peut donc en
déduire que le village était autrefois pourvu d'une
enceinte primitive destinée à écarter les animaux
sauvages qui habitaient les forêts environnantes.
Quant au nom de Saint-Jean (ancien fief des
Templiers et des
Hospitaliers), il a pour
origine le fait que la terre appartint longtemps à l'ordre
des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui y possédaient
une grosse ferme, disparue depuis lors. Comme dans tous les bourgs
où l'ordre des Templiers possédait un château,
la légende affirme que de grands trésors sont enfouis
dans des caches secrètes. Lors des excavations faites sur
les lieux, certains prétendent que des pièces d'or
du XIIème et XIIIème siècles y ont effectivement
été découvertes.
Il faut noter que le mot "Plessis" a toujours figuré
dans le nom du village ; celui-ci s'est appelé primitivement
le Plessis-aux-Eventés, puis successivement le Plessis-Messire-Guillaume
et le Plessis-Praslin, du nom de deux seigneurs du lieu. Le plus
ancien seigneur connu à ce jour est Godefroy du Plessis-aux-Eventés.
Au cours du 12ème siècle, la frontière entre
le domaine royal et le jeune comté de Champagne se fixe définitivement.
Le tracé emprunte la vallée de l'Oreuse laissant le
plateau qui descend vers la Seine au pouvoir des Champenois. Retranché
à Provins où il développe l'activité
économique avec succès, le comte de Champagne a besoin
de défendre sa frontière des plateaux. Dans son entourage
figure la famille LÉVENTÉ, richement possessionnée
dans la vallée de la Voulzie et à Bray-sur-Seine.
Il charge un de ses membres de s'installer dans une maison forte
édifiée en un point haut du plateau : au Plessis.
Ainsi apparaît le Plessis-aux-Eventés qui deviendra
Plessis Saint-Jean.

Au milieu du règne de Philippe-Auguste, les LÉVENTÉ
abandonnent leur nom de famille pour s'identifier à la maison
forte qui fait leur orgueil. Ils s'appelleront désormais
DUPLESSIS (1202). Durant la guerre de Cent Ans, les chefs du lignage
portent avec constance le prénom Guillaume. Il en est tenu
compte. La paroisse se nomme alors "Plessis-Messire-Guillaume".
La famille DUPLESSIS se voit confier des responsabilités
: capitaines de Montereau et de Troyes, bailli de Troyes. Elle ne
vit plus dans son château ruiné par les
Jacques.
Pour les habitants, privés de la présence effective
de leurs seigneurs Duplessis, une évidence s'impose : leur
village est le Plessis Saint-Jean. L'abandon de l'ancien nom (Plessis
Messire Guillaume) fut obtenue par les villageois sans aucune autorisation
administrative.
Le château :
Le château de Plessis Saint Jean a obtenu l'agrément
fiscal des Monuments Historiques, première étape vers
l'inscription. La Fondation du Patrimoine a attribué son
label pour la partie visible de la route. Il n'en existe pas d'historique
précis.

Monsieur et madame CONSOLA, propriétaires actuels, l'ont
acheté en 2002 à la succession de monsieur et madame
NUNS qui en étaient propriétaires depuis 1943.
Il est situé sur une éminence et entouré d'un
parc de 4 hectares (sur les 1.000 que possédaient les DUPLESSIS).
Une allée bordée de tilleuls conduit à l'entrée
du village, place de l'église. Trois édifices ont
été successivement construits sur le même emplacement.
Le premier était un château fort du 12ème siècle
dont subsistent les fossés, parfaitement conservés,
et quelques vestiges. Ces fossés, profonds de 6 à
7 mètres et larges de 10 mètres, sont tapissés
intérieurement d'une muraille de pierres percée ça
et là de portes menant à des souterrains.

Ce château fut détruit et, vers l'époque de
la Renaissance, remplacé par un château plus élégant
et plus confortable. De ce second château subsistent encore
une tour ronde et un puits profond d'une centaine de mètres,
surmonté d'un ingénieux système de roues démultipliées.
Le château Renaissance fut démoli par ses propriétaires
et remplacé par le château actuel au 19ème siècle.
Des fenêtres mansardées, disparues aujourd'hui, ornaient
les toits, et la partie droite du corps de logis qui sert aujourd'hui
de garage était probablement une tour carrée symétrique
à celle de gauche. Il est intéressant de noter que
la tour de l'escalier (18ème siècle) est construite
sur une ancienne tour du château fort.
Le château est entouré de douves sèches, les
nappes phréatiques étant très profondes (80
à 100 mètres). Un pont-levis, aujourd'hui détruit
mais dont on reconnaît les traces, permettait de franchir
cette enceinte. Les murailles du château devaient probablement
s'élever au bord même de ces fossés profonds
qui constituaient une défense impressionnante.
A l'intérieur de l'enceinte, dans ce qui est aujourd'hui
le parc du château, on peut encore voir, sous une dalle de
pierre, deux oubliettes profondes d'environ 6,50 mètres.
L'une d'elles, située au centre de ce qui était la
tour
ronde primitive du château fort et de ce qu'on croit être
la chapelle, est encore munie d'une échelle métallique
rouillée qui permettait peut-être de récupérer
"morts ou vifs" ceux qui y avaient été jetés.
Sa maçonnerie, en pierres d'origine, est très bien
conservée.
L'ancien puits du château fort datant du 12-13ème
siècle est encore visible. C'est sans doute à cette époque
que fut démoli le pont-levis qui fut remplacé par
un large pont formant entrée du château. Des grilles
clôturent encore cette entrée. Elles étaient
autrefois surmontées d'un écusson aux armes de la
famille DUPLESSIS, mais un ouragan le brisa. Sur la pelouse on
peut admirer un cadran solaire en pierre dont la flèche
a malheureusement été perdue.
 |
|
 |
Le puits avant et après restauration |
D'importants communs étaient séparés du château par un grand mur
reliant l'entrée du château aux douves. La base d'un pigeonnier
a été mise à jour (10 mètres de diamètre)
et une citerne d'eau a également été découverte.
TRAVAUX DE RESTAURATION
L'ensemble du site est considéré comme site archéologique
et des fouilles seraient nécessaires pour retrouver ce qui
aurait pu être conservé de l'époque médiévale.
Toute la partie du parc se trouvant devant la façade Sud-Ouest
n'a jamais été touchée ; elle est donc parfaitement
intacte pour d'éventuelles recherches. Des vestiges de l'ancienne
chapelle ont été mis à jour au niveau d'une tour
ronde du château fort, détruite aujourd'hui, tout près
de la poterne
; cette poterne permettait, quand le pont-levis était levé,
de passer dans les douves pour des raisons de service.
La
quasi-totalité des douves a été débroussaillée
et les murs délierrés sur une bonne partie ce qui a
permis de se rendre compte de leur état de conservation, de
celui de la maçonnerie, des chaînages et du type de construction.
Un bassin présentant certaines caractéristiques d'une
cuve baptismale a été mis à jour de même
qu'une deuxième citerne à ras du sol, recouverte, datant
très probablement du château fort.
Une fenêtre datant du Moyen-Age vient d'être découverte
dans les douves avec sa protection en fer croisé. Elle est
percée dans un mur d'un mètre d'épaisseur.
Quand monsieur et madame CONSOLA en sont devenus propriétaires,
la partie habitable du château était recouverte de lierre.
Les
projets de restauration sont nombreux. En 2006, l'harmonisation
des deux tours carrées de la façade Sud
a été réalisée en reconstruisant celle de droite qui n'abritait plus
qu'une pièce
servant de garage. De même, il est envisagé de relever
d'un étage
la petite tour accolée à la tour ronde de l'escalier
et de refaire des lucarnes à la Mansart sur le toit, comme
autrefois.
Le château a été rendu habitable : installation
de chauffage, électricité, fosses sceptiques, évacuation
d'eau, aménagement d'une cuisine, de salles de bains... Douze
fenêtres ont été remplacées mais il faut
en refaire la totalité. Le ciment qui recouvre le bâtiment
sera remplacé par de la chaux.
La toiture actuelle, en petites tuiles de Bourgogne, sera probablement
remplacée par de l'ardoise car la charpente a souffert et l'ardoise
est plus légère que la tuile.
De
gros travaux de stabilisation et de restauration des douves sont en
cours. Celles-ci ont été en partie nettoyées
(le travail a été fait par un groupe de bénévoles
de l'association "Renaissance des châteaux de Plessis Saint
Jean" qui regroupe 40 personnes et qui est née en janvier
2004). Leurs murs extérieurs s'écroulent par endroit
mais leur assise, qui est celle du château fort du 12- 13ème
siècle, est impeccablement conservée et solide.
La partie du parc qui donne sur le village est close de murs dont
certaines parties se sont écroulées et qu'il faudra
refaire. Le reste n'était pas clôturé car il y
avait des bois. Monsieur et madame CONSOLA ont clos le périmètre
du château pour assurer la sécurité des personnes
du fait de la dangerosité du site.
Activités de restauration planifiées :
Restauration
des deux puits avec reconstruction de la charpente :
Le dossier du projet a été approuvé par
la SDAP d’Auxerre. Celui-ci est mis à disposition
des personnes intéressées.
Les différents travaux planifiés pour la fin année
2006 ont été réalisés par M. Devaud
avec la collaboration du groupe des bénévoles de
l’association : démolition de l’ancienne charpente
du puits de la plate-forme, terrassement et maçonnerie
de soutien. Les traçage, coupe et assemblage
de la charpente sont prévus pour l’hiver 2007. Le
projet est suivi par M. Leynet, architecte
du patrimoine désigné.
La profondeur des deux puits a été mesurée
par un puisatier et les deux contiennent plusieurs mètres
d’eau. (Voir le site internet pour les détails).
Le but est de les sécuriser d’une part et d’autre
part de les rendre fonctionnels, afin qu’ils constituent
un des points importants de présentation pour les visiteurs,
compte tenu de leur exceptionnelle profondeur et ancienneté.
L’inauguration est prévue lors la fête de
la Saint Jean.
Protection
de la poterne :
Dégagement plus soigneux des abords de la poterne et installation
d’une protection métallique. Nettoyage du coté interne
et solidification des parois.
Continuation
de la restauration des murailles des douves :
Les travaux de dégagement côté intérieur
et côté extérieur ont été poursuivis
pendant l’été et l’automne 2006 et vont
se poursuivre en 2007.
Recherches historiques :
Notre adhérente Madame
Jacqueline Brunot a terminé une importante recherche
sur les familles qui ont vécu sur le site et ont été les
maîtres du château et du village pendant plusieurs
siècles. L’étude couvre les époques
entre l’an mille et le XXème siècle. La
brochure grand public devrait sortir avant l’été 2007.
Une copie lisible des parchemins
du dossier "Templiers et Hospitaliers" de Plessis
Saint Jean (époque 12ème/18ème - original conservé à la Bibliothèque Nationale) va être fournie,
ce qui fera avancer considérablement les recherches.
Les sondages géo-électriques
ont été réalisés sur la plate-forme.
Les fondations de plusieurs bâtiments ont été détectées.
Un chantier de fouilles va être ouvert par le Service d'archéologie
de Dijon.
OUVERTURE AU PUBLIC 2010
Une visite guidée du parc, des douves, du château
et de ses annexes est prévue. Le site présentant un
danger potentiel pour les visiteurs du fait de l'état de délabrement
d'une partie des murs, particulièrement des douves médiévales,
les visiteurs ne seront pas autorisés à se promener
seuls et les lieux, ne pouvant pas actuellement être régulièrement
accessibles à la visite, ne le seront qu'en :
Juin
: 26 et 27
Juillet
: du 3 au 11 ; du 14 au 18 ; du 24 au 30
Août
: du 2 au 8 ; du 14 au 22
Septembre
: 4 et 5 ; 18 et 19
Tarif : adultes 2 euros - enfants 1 euro (- 18 ans)
Horaires des visites : 14 h - 15 h - 16 h - 17 h
Ces visites sont organisées par les propriétaires,
avec la collaboration de l'Association "Renaissance des châteaux
de Plessis Saint-Jean" dont l'objet est de faire redécouvrir
et connaître le site des châteaux de Plessis Saint-Jean
et de participer à sa sauvegarde et à son animation.
Elle est ouverte à tous ceux qui souhaitent participer à
la restauration du château et à la conservation des
vestiges historiques de la région.
JOURNEES DU PATRIMOINE :
Visite guidée gratuite du rez-de-chaussée, des douves
et des vestiges archéologiques.
ACTIVITES ET ANIMATIONS 2010 : consulter le site internet.
CONTACT
| Monsieur et madame CONSOLA
"Renaissance des châteaux de Plessis Saint Jean" Château de Plessis Saint Jean
7 Place de l'Eglise
89140 Le Plessis Saint Jean
Tél : 03 86 66 36 65
site
internet
e-mail
|
 |
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès des propriétaires. |
 |