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Sur le chemin de pèlerinage
d’Orléans à Saint
Gilles, Portes surveillait le passage des Cévennes sur dix
lieues. Les ANDUZE, les RANDON et les POLIGNAC rendront hommage à l’abbé de
Saint-Pierre-de-Sauve pour ce château du XIème au
XIVème siècle.
HISTORIQUE

La première mention d’un village à Portes
apparaît
en 1052, lorsqu’Almérade d’ANDUZE lègue
ce dernier et son église Saint-Gilles au prieuré de
Sauve. Portes appartient alors aux ANDUZE, vassaux des comtes de
Toulouse. Au moment de la Croisade contre les Cathares, Pierre-Bermond
VII d’ANDUZE refuse de prêter hommage à leur
chef, Simon de Montfort ; il est dépossédé de
son bien au profit de son oncle, Bernard VIII d’ANDUZE. Vers
1250, le château de Portes passe par héritage à la
famille de POLIGNAC. Le chemin de Régordane se trouve alors
contrôlé par la même famille jusqu’en
Auverge. Mais, Guillaume de RANDON-POLIGNAC, endetté doit
vendre ses terres.
Raymond Guillaume de BUDOS, neveu du pape Clément V, achète
la seigneurie en 1322, agrandit le château et le flanque
d’au moins deux tours. En 1384, Thibaud de BUDOS récupère
Portes enlevé à son père André qui
avait pris le parti des Anglais au début de la Guerre de
Cent Ans.
La seigneurie devient de plus en plus riche et puissante jusqu’à ce
que Louis XIII érige Portes en marquisat en faveur d’Antoine
Hercule de BUDOS à qui l’on doit sans doute le Château
Neuf. Son père est évêque d’Agde, une
de ses sœurs duchesse de Montmorency, une autre abbesse de « l’Abbaye
des Dames » de Caen. Maréchal de Camp, il est tué au
siège de Privas en 1629. Sa fille, Marie-Félice,
laisse le château en héritage à son neveu,
le Prince de CONTI, en 1693, que son descendant vend à LOUIS
XVI en 1781.
A la Révolution, le bien est nationalisé et vendu à six
propriétaires successifs. Il aboutit en 1841 entre les mains
de la famille de La VERNEDE qui fera restaurer le monument alors
en mauvais état.
Il est aujourd'hui la propriété de la famille COQUEBERT
DE NEUVILLE.
Le village et les mines :
A la suite d’exploitation intensive des mines de charbon
sous le site, les terrains s’effondrent provoquant la ruine
du château, évacué en 1929, et la démolition
du village rebâti 300 mètres plus loin. Le bassin de la Grande
Combe est en effet riche en charbon. Or, durant la guerre de 1914-1918,
les besoins en énergie sont primordiaux. Les sociétés
d’exploitation sont donc autorisées à augmenter
leur production pour fournir à la France le charbon dont
elle a besoin, faisant passer au second plan toute autre considération.
Les sociétés minières délimitent leurs
parcelles et le château de Portes sert de point de mire.
Au lendemain de cette Guerre, des affaissements de terrains se
produisent créant de larges fissures dans le château
et dans les constructions du vieux village de Portes qui s'étendait à ses
pieds.
A partir de 1933, la situation devient si grave que les sociétés
minières font raser le village pour le rebâtir quelques
centaines de mètres plus bas vers le Nord, au bord de la
route nationale dans le style propre aux constructions ouvrières
de cette époque. Le château, lui, est abandonné à son
triste sort et les lézardes se multiplient. Elles entraînent
l'effondrement des toitures et des étages. La ruine des
vieilles murailles continue malgré les efforts des propriétaires
qui essayèrent de conforter le monument par la pose de chaînages
métalliques. Ce n'est que des années plus tard, une
fois les terrains totalement stabilisés, que l'on put espérer
sauvegarder ce château, ce qu'a entrepris l'Association
Renaissance du Château de Portes, gestionnaire
depuis 1972. Le château
est classé Monument historique depuis 1984.
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ARCHITECTURE
Jusqu’à la fin du XIIIème siècle, il
y avait là un château quadrangulaire flanqué de
tours carrées, bâti en gros moellons de grès.
Au XVIème siècle apparurent fenêtres à meneaux,
galeries et escalier droit sur la cour d’honneur.
Au début du XVIIème siècle, à l’angle
Sud-Est, fut édifié en grand appareil un haut bâtiment,
le Château Neuf, en forme d’éperon très
effilé qui fait toute l’originalité et la gloire
du monument. Cet éperon forme un angle très effilé (49
degrés) qui lui donne une allure de proue de navire due à la
fonction d'Antoine Hercule de BUDOS. Cette pointe est dirigée
vers Alès, la ville de son ennemi le Duc de Rohan à la
tête des troupes protestantes. Sa forme se veut défensive
mais elle est symbolique. Des archères font tout le tour
du château, elles ne peuvent recevoir que des armes à feu
légères : le mousquet, l'arquebuse. La défense
est organisée pour un soulèvement local et non pour
une guerre. La barbacane ajoutée à la même époque
permet d'étendre la construction à l'Ouest. Le château
a subi trois assauts au cours des guerres de religion mais a toujours
résisté.
A part les restaurations du XIXème siècle, il ne
semble pas que le château ait vu d’autres travaux jusqu’à la
ruine de 1929.
Au
couchant, la façade d’arrivée, munie d’une
porte à assommoir, est précédée d’une
barbacane et encadrée de deux tours rondes, dont une fortement
talutée. La cour d’honneur présente une galerie
en arcade au sommet des courtines Ouest et Nord. Au midi, une galerie
basse aux voûtes restaurées, précède
le bâtiment Sud ruiné. A l’angle Sud-Ouest,
l’escalier droit dessert les différentes galeries.
Au levant, un bâtiment, flanqué au Nord-Est d’une
tour carrée, contient les traces d’une grande cheminée
du XIVème ou XVème siècle, sans doute celle
des cuisines médiévales.
RESTAURATION
Les tout premiers travaux, non pas de restauration,
mais de déblaiement,
ont commencé en 1969. D'abord composée d'une petite équipe
de passionnés et d'habitants du village, l'entreprise de
restauration s'est vite prolongée dans le temps. En 1972,
l'association pour la Renaissance du Château de Portes (R.C.P)
voit le jour. Dans le même temps, elle adhère à une
autre association naissante : l'association pour la restauration
et l'entretien des monuments du patrimoine artistique (R.E.M.P.A.R.T).
On retrouve une similitude des statuts des deux associations : "Cette
association a pour but de mettre en œuvre, soit directement
soit indirectement, tout moyen juridique, technique ou intellectuel
pour l'organisation de chantiers ayant pour objet la sauvegarde,
la réhabilitation et l'entretien du château de Portes
ainsi que d'assurer son utilisation dans un but culturel et d'intérêt
général."
Si les structures sont relativement intactes, le monument a subi
de sérieux dommages. Bon nombre de murs qui n'étaient
pas scellés à la maçonnerie se sont écroulés,
le château renaissance s'est lézardé, les plafonds
ont disparu ainsi que les cheminées (bien que certaines
aient été vendues au 19ème par les anciens
propriétaires).
La tâche est immense.
Il faut préserver ce qui peut l'être, déblayer
les tonnes de gravas qui encombrent la cour, consolider les murs...
Les premiers bénévoles ont donc permis de dégager
les structures. Les techniques sont rudimentaires, tout comme le
matériel; pioches, pelles et brouettes, mais surtout la
force des bras.
Certaines erreurs ont été commises, la galerie d'Anduze
a été refaite plusieurs fois et est à refaire.
Le plafond entre le premier étage et le second du château
renaissance a été fait en béton armé;
s’il a le mérite de solidifier l'ensemble, il a le
désavantage de défigurer le château, jusqu'à ce
qu'un jour, d'autres bénévoles trouvent le temps
de le cacher.
Mais il faut cependant rendre hommage à ces
bénévoles et chefs de chantiers qui ont permis, malgré ces
erreurs, de préserver le château et de nous le transmettre
aujourd'hui. Car sans le travail acharné de centaines de
bénévoles, le château ne serait jamais arrivé jusqu'à nous.
Les chantiers bénévoles ont un peu changé depuis.
L'apprentissage des techniques de restauration s'est fait plus
présent. D’abord par la formation d'animateur de chantier,
par le biais de Rempart, ensuite par une sensibilisation au patrimoine.
Non pas que les premiers bénévoles n'aient pas été
sensibilités au patrimoine, loin de là, mais
l'esprit était
plus dans celui des chantiers de jeunes des années '68.
Aujourd’hui, si le bon temps est toujours de mise, les chantiers
sont plus techniques.
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OUVERTURE AU PUBLIC
Le château
est ouvert la majeure partie de l’année :
 Juillet
/ Août, tous les jours de 10h à 19h* ;
le lundi de 13h à 19h*
 Septembre, tous les jours
(fermé le lundi) de 14h à 18h*
 Vacances scolaires (sauf
Noël) : ouvert tous les jours de 14h à 17h*
 Hors
saison (week-ends et jours fériés) : ouvert
de 14h à 17h*
 Fermé de
fin novembre à février
* départ de la dernière visite
En cas d’intempéries ou d’activités exceptionnelles,
les
horaires peuvent être modifiés. |
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CONTACT
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès de l'Association.. |
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