CHATEAU DE PRUNOY
PRUNOY (Yonne)



Le château de Prunoy (originellement appelé château de Vienne), situé à la lisière de la Bourgogne, entre Courtenay et Auxerrre, est inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques depuis 1974.

HISTORIQUE


façades Sud et EstL'histoire de ce château, aménagé en locations de chambres, suites et appartements depuis 1983 par Josée ROUMILHAC, ne s'inaugure pas comme un conte de fées. Elle commence au début du 16ème siècle, lorsque Guillaume de CREVECOEUR, fils de Philippe de CREVECOEUR qui négocia le fameux traité d'Arras rattachant la Bourgogne à la France, choisit le site de Prunoy pour y bâtir le château de Prunoy au coeur d'une propriété de 3.000 hectares à l'époque. Un plan du 18ème rend compte de l'étendue de ce domaine. En 1721, François Christophe de LALIVE, receveur général des finances, fait transformer le château gothique, ne conservant que la tour dite "de la bibliothèque", pour y ériger, à la place, un château du plus pur 18ème avec de petites tours carrées sur les côtés. Un aspect et une allure qu'il conserve encore de nos jours. Après sa mort, en 1765, le domaine revient à Ange Laurent LALIVE de JULLY, brillant diplomate, peintre et graveur qui s'attache à Prunoy, multiplie les plantations et assèche les étangs environnants à l'exception de deux créés artificiellement et qui subsistent à l'heure actuelle. Il s'éteint en 1779.
bel exemple de cheminée décorée de briques

La Révolution ne portera pas physiquement atteinte au corps de logis qui avait été, néanmoins, abandonné dès 1779. L'aîné des de LALIVE revient y habiter 20 ans plus tard. Il en est chassé par les soldats Bavarois qui font du château de Prunoy un quartier général lors de la campagne de France. En 1826, la chapelle est incendiée. Le dernier des de LALIVE vend le domaine à son neveu Raymond Aymery, Duc de MONTESQUIOU-FEZENSAC, Ambassadeur de France à Madrid, qui fera restaurer le château en 1851. C'est sa fille, Henriette Oriane, épouse du Comte de GOYON, qui en héritera en 1867 et s'attachera à redonner vie à ce lieu historique. campanile de bois érigé au 16ème siècleVers 1900, la famille de GOYON cèdera à son tour la propriété à Georges RAVERAT, grand maître du port du Havre. Son fils, Jacques, qui épousera la petite fille de Darwin, fut avec le poète Ruppert CHAWNER BROOKE l'un des grands animateurs d'un groupe d'intellectuels anglais que Virginia WOOLF baptisa les "néo-païens". Ce mouvement qui regroupait Bertrand RUSSELL, André GIDE, DH LAWRENCE, EM FORSTER et Katherine COX ne survécut pas à la première guerre mondiale.

Mais c'est à Prunoy, autour de Jacques RAVERAT, entre 1910 et 1916, que cette belle société attacha ses rêves. Suite à de mauvaises spéculations, Georges RAVERAT vend le domaine en 1917.

Nous retrouvons le château de Prunoy en 1926 acquis par la famille LOYER-ROUMILHAC, grand-parents de l'actuelle propriétaire, Josée ROUMILHAC. Durant la seconde guerre mondiale, les Allemands occupent Prunoy et en repartiront avec tous les meubles.

Josée ROUMILHAC a juste 20 ans lorsqu'elle hérite en 1955 du château envahi par la broussaille et à l'abandon, château qu'elle ouvrira au public en 1971 pour l'inauguration de la première "Cour des Antiquaires". Puis les choses s'accélèrent. En 1974, Prunoy est Inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques. Sept ans après, Josée ROUMILHAC, jusqu'alors antiquaire à Paris, décide d'y habiter et d'aménager le château afin de faire partager aux autres ce havre de paix.





ARCHITECTURE

Avec ses façades Régence, ceintes de tourelles carrées, son élégant fronton et l'alternance sur son toit d'ardoises, d'oeils de boeuf, de mansardes et de cheminées graciles, Prunoy est sans conteste un très pur exemple du 18ème siècle français. Ensemble harmonieux, mis en valeur par les dégagements infinis d'un parc de 100 hectares dessiné par un élève de Le Nôtre : larges pelouses bordées d'arbres généreux, étangs romantiques créés au 18ème aperçus dans une trouée de forêt, allées boisées faisant le tour de la propriété... Dans cet environnement préservé, tout concourt à créer un effet de perspective unique.


Frappé aux armes de la famille de LALIVE, ce superbe fronton couronne le portail d'entrée. Il fut sculpté au début du 18ème siècle.


Au-dessus des portes des tourelles carrées flanquant le corps de logis, on peut admirer ces superbes sculptures de blasons.


 


Au faîte de la tour Renaissance, au-dessus de l'ancienne bibliothèque, est fixée une girouette du 16ème siècle.





RESTAURATION

façade Sud tournée vers le parc
Quand Josée ROUMILHAC en devient propriétaire, le château est en bien mauvais état et la restauration sera difficile. Les fenêtres avaient sauté, amenant humidité et traces de salpêtre à l'intérieur. Un mur sur cinq s'effondrait. Les poutres du 16ème siècle avaient beaucoup souffert. Des fenêtres étaient murées. Le château n'était plus meublé.

Vingt ans de gros travaux furent nécessaires après qu'en 1960 Josée ROUMILHAC ait décidé de ne pas vendre. Ils se terminèrent en 1980 et Josée s'y installa en 1981. Elle fit démurer 28 fenêtres (celles-ci l'ayant été du fait de l'impôt sur les fenêtres établi sous Napoléon III).

La surface habitable du château, répartie sur trois niveaux, est de 3.000 m2.



La maîtresse des lieux, aussi chaleureuse qu'imaginative, a plus d'une corde à son arc. Anciennement antiquaire, elle possède aussi un rare génie de la mise en scène et de l'organisation. En effet, dès le début des années 1970, le domaine tout entier se fera la terre d'accueil de nombreuses manifestations artistiques, culturelles ou sportives. Outre la "cour des Antiquaires" qui redonna longtemps vie aux communs du château, se dérouleront dans une débauche de masques et de fleurs des bals costumés, des veillées de Noël passées auprès de gigantesques crèches ou de dressoirs aux présents multiples, des lâchers de mongolfières dans le parc, des concerts d'été accueillant solistes ou quators. Rituels de la vie de cour mais aussi stricte observance des traditions terriennes : tous les 5 ans on vide les étang en sa présence. Pour la plupart d'entre elles, les réjouissances ont pour cadre des pièces du rez-de-chaussée dont le décor se renouvelle selon les trouvailles de Josée ROUMILHAC.


salon Régence   vaste hall d'entrée


Le vaste hall d'entrée dont le sol est recouvert d'un parquet Point de Hongrie, est garni de boiseries Régence, les dessus de portes sont décorés par OUDRY.

Les chambres ont des airs de légende : au rez-de-chaussée avec ses cinq fenêtres, la suite Harmonie ; au premier, la chambre "azur" ; la chambre "rose" et son exquise salle de bains d'angle meublée de rotin ; la "Sidonie" et son lit de jeune fille Directoire ; l'"Orphée" avec ses bois d'église 18ème ; plus haut encore, la suite "Vieux chêne" que soutient la massive charpente du 16ème siècle de l'ancienne tour. Par l'audace de ses mélanges et l'éclectisme de ses compositions, le château de Prunoy évoque ces maisons de famille "gigogne" qui s'enrichissent à chaque génération de curiosités et d'existence.





OUVERTURE AU PUBLIC

vue partielle du parc


En 2010, le parc du château a accueilli une manifestation de vide-grenier.

Le château quant à lui n'est plus ouvert au public que ce soit pour des visites ou des réservations de chambres.

Se renseigner.












CONTACT

Madame Josée ROUMILHAC
Château de Prunoy
89120 Prunoy

  arrivée au château


Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès de la propriétaire.



Plan de situation :