 |
De tous les édifices
castraux de la première moitié du
XIVème siècle, le château de Puivert, dans
l'arrière
pays audois dénommé le Quercorb, apparaît
assurément
comme l'un des mieux conservés. Classé Monument
Historique depuis 1907, il demeure un témoignage
majeur et authentique de la diffusion en Languedoc des grands principes
de l'architecture royale française, dite architecture
philippienne. Depuis le XIIème siècle, Puivert
est intimement lié à l'illustre
troubadour Peire d'Alvernha dont la "galerie littéraire" fut
imaginée en ce lieu lors d'une grande réunion artistique.
HISTORIQUE

Les XIIème et XIIIème siècles qui furent
ceux du catharisme ou plus précisément de l'hérésie,
furent aussi ceux de la foi romaine et connurent paradoxalement
une admirable floraison de monastères et de bâtiments
religieux.
A Puivert, il ne s'agit pas d'un tel monument, mais d'un castrum
de guet et de défense.
S'il est difficile et même risqué de dater
avec précision l'ancien castrum, nous pouvons consulter
l'Histoire Générale
du Languedoc et noter alors que :
"Le vicomte de Carcassonne reçut en 1152 et 1153
l'hommage des seigneurs d'ANIORT et de CASTELPOR, dans le Pays
de Sault.
Il dominait aussi sur le pays de Kercorb, portion du diocèse
de Mirepoix, comme il paraît par l'hommage de Bernard de
CONGOST à qui
il avait donné un emplacement dans son château de
Villefort pour y bâtir, à condition qu'il administrerait
le pays".
Cet extrait nous permet de penser que c'est vers 1152 que
fut édifié le castrum de Puivert.
En 1152, Bernard de CONGOST aurait donc reçu en fief de
Raimond TRENCAVEL (vicomte de Carcassonne) le lieu de Villefort
pour y bâtir
un château. C'est étendre un peu loin la petite seigneurie
de Villefort que d'y ajouter celle de Puivert qui, à elle
seule, avait un territoire dix fois supérieur. Pus tard,
après 1210, elle devait devenir une dépendance de
la baronnie de Puivert.

Pour Gayraut de SAINT BENOÎT, le château de Puivert
existait en 1152 et appartenait à Alphonse
II d'ARAGON alors que Villefort dépendait des vicomtes de
Carcassonne et devait surveiller ou défendre les frontières
de ses puissants voisins ( Aragon et Foix).
Un autre extrait de l'Histoire générale du Languedoc
qui rapporte l'acte de vente du Kercob en 1167
par Trencavel, vicomte de Carcassonne et de Béziers, à Miron
de TONNEINS (seigneur des environs d'Alaigne) pour onze mille sols
melgoriens, énumère, dans le détail et avec
précision, toutes les villae (paroisses ou villages et hameaux)
qui font partie à cette date du kercorb.
Il est à noter
que la plupart de ceux-ci existent toujours mais que paradoxalement
Puivert n'y est pas cité.
Il faut lire encore que le château de Puivert faisait partie
du pays de Sault ainsi que la terre du Kercorb,
et dépendait donc du comté du Razès lorsque
Charlemagne créa ce comté par un démembrement
de celui de Narbonne. Mais en 851, le pays de Sault (donc Puivert)
passa dans la famille de Barcelone qui l'affecta plus tard dans
la branche des comtes de Cerdagne ; et la terre de Kercorb qui,
primitivement, en dépendait, resta aux comtes du Razès.
Nous apprenons enfin qu'en 1199, la vicomté du pays de Sault
devint la propriété de Raymond VI, comte de Toulouse,
par son mariage avec Eléonore, soeur de Pierre II, roi d'Aragon.
Nous retrouvons Alpaïs de CONGOST au château de Puivert
pour y recevoir le
consolement, en 1208, avant de mourir à Paris
en Ariège.
La croisade contre les Albigeois :
Simon de Montfort ordonna à Pons de BRUYÈRES, en
qualité de lieutenant, avec un corps de six mille hommes,
de prendre les châteaux du quercorb, pour s'arrêter à Puivert.
Le château sera pris en trois jours et quatre nuits de siège,
sans fait d'armes, sans traité de paix.
Nous pouvons donc supposer qu'il était suffisamment
imposant pour stopper une si grande colonne trois jours et quatre
nuits durant. Il est fort probable que ses occupants aient fuit
avant l'arrivée de BRUYÈRES. Nous retrouverons Bernard
de CONGOST à Montségur vingt années plus
tard en 1234, où il y decède, consolé lui
aussi. Heureusement, cette prise du château fut décrite
et conservée
aux archives du château de Chalabre.
Gaillard, son fils, participe à l'expédition d'Avignonet
; ses soeurs seront sur le bûcher de Montségur.
Les BRUYÈRES étaient une famille depuis longtemps
considérable ; lors de la croisade l'un des aïeux de
Pons avait pris en 1089, le nom du fief de Bruyères le
châtel,
situé dans la forêt d'Ivelisse, Seine et Oise, près
de Montlhéry, parce qu'il en avait reçu l'investiture
de Beaudoin, comte de Flandres, son oncle, et tuteur du roi Philippe
I.
Un Thomas de BRUYÈRES avait accompagné Louis le GROS
aux obsèques de Milon de Montlhéry ; Simon, son fils,
s'était croisé avec Louis le Jeune (1147) ; Nicolas
de BRUYÈRES certainement le père de Pons, est cité comme
témoin dans divers actes notariés.

Jean I, fils de Pons, se maria avec Eustachi de LÉVIS,
dont le frère avait épousé la soeur de celui-ci.
Six ans après, en l'an
1279, selon les chroniqueurs, la rupture du verrou naturel du lac
de Puivert endeuilla toute la vallée jusqu'à Mirepoix.
En 1283, pour ses terres de Puivert, Jean fut appellé au
service du roi, Philippe le HARDI, pour composer une suite imposante
se rendant sur l'Aragon. Ce voyage
lui permit d'obtenir le titre de chambellan du roi, et il se vit
comblé de
faveurs royales.
Le roi lui accorda, en considération
de ses services, d'avoir ses vassaux taillables à sa volonté ;
le déchargea à perpétuité de toutes
sortes d'impôts envers la couronne ; le déclara gouverneur
né de
ses châteaux de Puivert et de Chalabre ; lui en confia la
garde par ses vassaux ; créa, de plus, pour cette garde
une compagnie de cinquante hommes dont il devait être capitaine
né, et voulut que ces privilèges fussent acquis à jamais à sa
descendance.
Pour obtenir de telles récompenses, il fallait
que Jean soit proche du roi ; rappelons au passage que Philippe
III le HARDI meurt dans la région de Perpignan lors de la
conquête Aragonaise, aux cotés de Jean. Ce dernier
meurt quelques temps après, laissant à sa femme la
gestion de Bruyères
et de Puivert où il fut enseveli.

En 1310, Thomas, fils de Jean, épouse Isabeau de MELUN,
et part aussitôt pour la guerre des Flandres, laissant certainement à sa
femme les plaisirs de l'embellissement du château de Puivert
(concernant la partie Est essentiellement). Lui aussi fréquente
les "grands" de cette époque bouleversée,
puisque par lettres patentes données en 1319, Philippe IV étend
les immunités de Puivert, et marie sa fille au comte de
Soissons. Le donjon, la taille et la richesse sculpturale des tours
et de l'enceinte, datés de 1310, demeurent les témoins
les plus importants des ambitions politiques et du rayonnement
culturel de cette grande famille.
Thomas II hérita de Puivert, Nébias, St Jean de Paracol,
Montjardin, etc. ; son frère, Philippe, de Chalabre, Rivel,
Sonac, etc. ; leur soeur, mariée au comte de Soissons, vendit
ses droits sur les terres de Puivert à Thomas.
Celui-ci fait montre de ses privilèges dans les années
1350. Béatrix, sa femme, ne lui donne pas d'enfant mâle,
mais quatre filles qui, à sa mort, se partageront avec son
frère Philippe, le château de Puivert et ses dépendances.
En 1379, Guiraud de VOISIN, gendre de Thomas, intente
un procès contre les ''puivertains'' qui
refusaient la garde du site pour laquelle ils furent exemptés
de taxes royales. Il réussit enfin à éliminer ses concurrents
au château et y décède en 1414.
Son gendre, Roger de LÉVIS-MIREPOIX, y meurt aussi. Son
petit fils, Jean II de VOISIN, épousera Paule de FOIX RABAT,
mariage qui augmenta ses titres, déjà considérables.
Pour Puivert notamment, il prêta hommage au roi en l'an 1461.
Ce fut enfin Jean de LÉVIS qui commanda la défense
du château lors des attaques espagnoles en 1495.
Restitué à Jean II de VOISINS lors de l'acquittement total
de la dot, sa fille apporta la baronnie et le château à son
fils Guillaume II de JOYEUSE vers 1570.
Chevalier du roy, Jean de PRESSOIRES, acheta la baronnie et, en
1655, sa femme la lèguera à François de ROUX,
conseiller du roi, juge mage de Carcassonne.
Durant l'année 1680, Louis XIV, érigea la baronnie
en marquisat et, sous le titre de François de ROUX de SAINTE
COLOMBE, son fils fut reçu, en 1695, président aux
requêtes du parlement de Toulouse. En 1722, il rend hommage
au roi pour son marquisat de Puivert.
Cette noble famille exerça les plus hautes fonctions au
parlement de Toulouse. Son petit fils, Bernard-Emmanuel
de ROUX, fut capitaine au régiment royal-Picardie, major
dans celui de Guienne, émigra en 1791, et fut colonel, maréchal
de camp et aide de camp de Monsieur. Arrêté en 1804,
engeôlé au Temple, à Vincennes, puis à Angers,
il nous laisse un poignant témoignage de sa captivité.
Mais il sort le 15 avril 1814 et est nommé par Louis XVIII,
en reconnaissance de ses courageux services, gouverneur de Vincennes.
Chevalier puis officier de la légion d'honneur,
commandeur de Saint-Louis, il fut pair de France en 1829. Il demanda
à la préfecture de l'Aude, le 22 février
1818, d'être remis en possession en sa qualité de
seigneur haut justicier des lieux de Sainte Colombe, Rivel, Villefort
et Puivert.

Le château en partie démantelé, fut classé en
1907. Mais ceci n'empêcha pas la bêtise de certains
de s'abattre sur le bâtiment. Quelques campagnes de sauvegardes
ont été menées par la famille de GINESTÉ-PUIVERT
durant les années 1950-1970.
Aujourd'hui encore, Michel MIGNARD, propriétaire du site,
perpétue cette tradition d'indépendance et de rayonnement
culturel attaché au château. Par une présence
constante, des campagnes de restauration annuelles il lui redonne
vie, permet au plus grand nombre et aux générations futures de s'approprier
une part de l'Histoire de France.
Puivert et les troubadours
PEIRE D'AUVERGNE a immortalisé "PUY-VERD" par
sa poésie en 1170 :
Aliénor d'Aquitaine, fille de la reine d'Angleterre, naquit
en 1122. Son territoire s'étendait
de la Loire aux Pyrénées, comptant Poitou, Limousin,
Auvergne, Guyenne et Gascogne en plus de l'Aquitaine. Elle naît
duchesse, devient reine de France, puis reine d'Angleterre, et
représente aujourd'hui la Femme complète. Les plus
grands troubadours d'Occitanie s'en sont amourachés, tels
Bernard de Ventadour , Jaufré Rudel, Peire d'Auvergne...
Sur la route du retour, le cortège castillan-aquitain (comptant
les plus fameux troubadours du temps) devant présenter Alphonse
VIII à la petite Aliénor, alors âgée
de neuf ans, s'arrête à Puivert
quelques jours. Le château occupait alors une place importante,
aux portes des comtés de Foix, de Toulouse de Carcassonne,
du royaume d'Aragon, sur les ambitions anglaises, sur la ''via
aquitania'', car cet arrêt est une marque flagrante de reconnaissance,
et surtout, il dénote d'un volume de bâtiments suffisamment
grand pour accueillir toute cette cour et son intendance (il est à noter
que le logis du château, daté du XIIème siècle,
est deux fois plus grand que le logis de Chinon). C'est alors que
Peire d'Auvergne rédigea sa ''satire littéraire''
dans laquelle il critique tout les treize trouvères présents:
Peire Roger, Guiraud de Bornelh, Bernard de Ventadour, Guilhem
de Ribes, Rimbaut d'Orange, Cossezen... pour finir sur lui même.
 |
ARCHITECTURE :
Campé sur le rocher, à 605 m d'altitude, le château de
Puivert étend sa majestueuse verticalité sur une longueur de
175 m.
Initialement pourvu de huit tours de flanquement dont cinq demeurent à ce
jour dans un très bon état de conservation, le site castral est
commandé par un donjon, de 15 m de côté et 35 m de haut,
délimitant l'extrémité occidentale d'une basse-cour rigoureusement
plane de 3.200 m2.
Sous une apparente rigueur extérieure, le donjon, originellement attenant
au logis seigneurial, possède quatre magnifiques salles voûtées
et une terrasse d'où les visiteurs peuvent contempler le panorama grandiose
qui s'étend jusqu'aux cimes enneigées des Pyrénées.
La sculpture décorative y est omniprésente et d'une rare distinction.
Les culots figurés participant à la conception interne des salles
hautes sont des plus fascinants. Ceux de la salle d'apparat dite Salle des
Musiciens se composent de personnages en buste finement ouvragés jouant
chacun d'un instrument différent.
La cornemuse, la flûte, le tambourin,
le rebec, le luth, la guiterne, l'orgue portatif, le psaltérion et la
vièle à archet sont ainsi représentés avec une
finesse et une précision descriptive saisissante. Cet ensemble de sculpture
profane entièrement dédié à l'iconographie musicale
est véritablement unique en Europe et constitue un joyau de notre Patrimoine
français.
La basse cour
Aménagée en 1310 entre deux rochers (à l'Est
sous la tour porte, et à l'Ouest sous le donjon),
elle nous frappe par son plan quadrangulaire de 100 mètres sur 40 mètres.
Le but principal de cette architecture est d'augmenter la puissance
dégagée par le donjon. Vaste cour de ferme, elle est le lieux
de rencontre de toutes les populations. Accessible à tous, elle est
dominée par 6 tours de défense qui restent à l'usage
privatif. Contre les courtines, des appentis abritent les diverses corporations
indispensablesà la vie quotidienne.
Ainsi, tailleurs de pierres, menuisiers, charrons et forgerons pouvaient sans
soucis quitter leurs ateliers le soir.

La chapelle
C'est
la salle la plus riche, car elle permettra aux châtelains contemplatifs
de juger des revenus, du raffinement, et surtout du pouvoir des propriétaires
des lieux. La fontaine liturgique qui sert pour la cène, coule durant
l'office. Alimentée depuis la terrasse par un homme, elle se rencontre
très
rarement dans les châteaux. Les culs de lampes, sculptés en
diables vociférants,
en laïcs se bouchant les oreilles ou encore en moines et anges nous
poussent à une
interprétation personnelle...
La clef de voûte représente le couronnement de la Sainte Vierge,
tandis qu'à ses pieds, en se retournant, Saint Michel terrasse le
dragon. Les fenêtres, de tailles et de décors identiques à celles
de la collégiale de Mantes la jolie, ont une surface en vitrail de
plus de 6 m2. Dans une salle cubique de 8 mètres de côté,
l'architecte réussit en désaxant
deux nervures de voûte, à créer un choeur. Cette "aspiration
vers le haut" est
augmentée par la couleur réalisée, non pas par un crépi
mais par la couleur de la pierre elle même.
La salle des musiciens
De même taille que la chapelle et d'architecture symétrique,
elle est réservée à la réception. On y mange,
parle politique, crée des alliances et bien sûr
on s'y divertit par la musique et la poésie.
Seul ensemble profane au monde, ses culs de lampe sont sculptés en
musiciens.
Chacun d'eux est singulier, au réalisme exemplaire.
En clef de voûte, un écu partie BRUYERES et MEULUN, nous rappelle
ses commanditaires.
La salle des gardes
De 8 mètres de cotés sur 7 mètres de haut, cette salle à la
voûte simple et épurée est l'équivalent de la
bibliothèque,
du bureau ; on y entrepose les archives, les actes notariés, les livres
; on y siège
pour rendre la justice aidé ou non d'hommes de confiance et
on y signe divers actes devant des témoins. Le sol étant au
même
niveau que la cour, on surélève l'allège des fenêtres
et, pour les manoeuvrer, des escaliers permettent d'y accéder. Afin
de profiter de la lumière du jour, des bancs (cousièges) suivent
les degrés
des escaliers.
Le logis
De 25 mètres de long sur 20 de large, il appartient au "château
vieux" et comporte 4 niveaux :
au rez de chaussée
correspondent les cuisines ;
le premier étage
(première passerelle)
est un niveau d'habitation ;
le deuxième étage
(à hauteur de la grande passerelle)
est l'habitat du seigneur ;
le dernier, les combles,
sert uniquement à la défense.
La tour bossue
Il s'agit d'une tour de défense. Elle protège
les courtines au moyen de ses archères disposées
en quinconce sur trois étages.
Seul le rez de chaussée est réservé à la justice
:
en temps de paix il sert de prison.
Les tours de Quayre
Tours de défense, ce sont les éléments clefs
du système frontal. Avec sa soeur jumelle au
Sud, la tour du Quayre Nord (angle Nord) "flanque", avec les archères
de ses 4 niveaux, les courtines la reliant avec la tour bossue et
la tour de l'Hyére.
Elles forment saillies aux angles et ainsi
quadrillent, en complément de la tour porte,
l'intégralité du fossé de l'entrée,
principal point d'attaque.
RESTAURATIONS

De janvier à mars 1996, une réfection totale et un réaménagement
de la plate-forme sommitale du donjon était effectués. Pour
la première fois, la terrasse devenait enfin accessible au public.
De septembre 1997 à mai 1998, une mise hors eau de la Tour Gaillarde était
réalisée avec remontage des parements supérieurs disparus.
D'autres importantes interventions sont envisagées.
Pour assurer cet ambitieux programme, les nouveaux propriétaires ont
fait le choix d'y réinvestir la quasi totalité des recettes du
château.
OUVERTURE AU PUBLIC
Visite guidée à partir du 1er avril sur réservation.
Ouverture:
Du 15 décembre
au 30 avril de 10 heures à
17 heures -
fermé le samedi hors vacances
scolaires toutes zônes
Du 1er mai au 15 novembre
: tous les jours de 9 heures à 19 heures
Fermeture annuelle : du
15 novembre au
15 décembre
CONTACT :
04 68 20 81 52
|
|
 |
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès
du propriétaire.
|
 |