CHATEAU DE RATILLY
TREIGNY (Yonne)


HISTORIQUE

Le nom de Ratilly (dont l'origine semble provenir du mot "ratel", la herse) est cité pour la première fois dans un acte de 1160 (chevalier Renaud de RATILLY). Un château-fort aurait été construit dès le 11ème siècle, lors de l'établissement de la féodalité en Puisaye. Rasé au niveau des glacis au cours de guerres entre seigneurs, c'est sur ses fondations que Mathieu de RATILLY fait bâtir vers 1270 l'édifice actuel, qui va connaître bien des remous malgré son isolement.


vue extérieure du pigeonnier et du mur d'enceinte Durant la guerre de Cent Ans, entre 1357 et 1380, Ratilly est aux mains du seigneur Guy de VALLERY, lequel y entretient une bande d'aventuriers bretons qui pillent la région (incendie du prieuré de Moutiers).

En 1485, le Chevalier Jean de CHANDIOU est "seigneur de Treigny en Ratilly". A sa mort en 1520, sa fille Anne épouse Jean de la MENUE, d'origine bourbonnaise.

En 1567, début des guerres de religion, les Huguenots s'emparent de Ratilly et en font leur place forte dans l'Auxerrois d'où ils commettent "pillages, voleries, meurtres et saccagements".

Le calme revient à l'avènement d'Henri IV.




tour Sud-Est avec ses latrines

Mary du PUY, seigneur d'Igny près de Palaiseau, fait restaurer Ratilly (fenêtres sur la cour intérieure, cheminée de la salle des gardes) et s'y installe en 1587. Sa seconde fille, Jeanne, épouse en 1616 Louis de MENOU, gouverneur du Duché de Saint Fargeau.

Celui-ci fait construire le bâtiment d'entrée reliant les deux tours et restaurer la chapelle Sainte Anne, disparue depuis.

En novembre 1653, Louis de MENOU reçoit la Grande Demoiselle, désireuse de quitter momentanément le château de Saint Fargeau où vient de mourir l'une de ses dames d'honneur. "Comme la maison est petite, j'y menai peu de monde et ne gardai même point de carrosse... Je fus cinq à six jours dans ce désert..." note-t-elle dans ses mémoires.

En 1732, Louis CARRÉ de MONTGERON, Conseiller au Parlement de Paris, achète Ratilly pour aider l'abbé Terrasson, exilé à Treigny, à propager les idées jansénistes. Mais en 1735 Monsieur de Montgeron et l'abbé Terrasson sont embastillés, et Ratilly revendu.

Il est acheté en 1740 par Pierre FRAPPIER, seigneur de Dalinet, dont la fille épouse en 1755 André-Marie d'AVIGNEAU, d'une famille noble d'Auxerre.

Au moment de la Révolution, le château, un peu éloigné de tout, est épargné.


En 1849, le domaine échoit à Charles-Louis VIVIEN, Juge de Paix à Saint Fargeau qui l'entretient magnifiquement. Il fait assécher les douves, alimentées en eau par des sources qui se trouvent dans la colline située légèrement en amont du château, et il organise les vergers. Les murs de ces vergers semblent avoir été construits avec des pierres provenant d'une première enceinte dont le porche qui subsiste aujourd'hui est un vestige, laissant supposer l'existence, au Moyen-Age, d'un espace clos devant le château où la population venait se réfugier en cas de menace.


cour intérieureLe château est vendu en 1912 à Juliette-Ernestine BENARD, veuve à vingt ans de Charles-Joseph d'ALINCOURT. Elle vivra seule à Ratilly dans un grand dénuement et ne pourra entretenir le château. Sans descendance, elle lègue en 1945 Ratilly au chanoine GROSSIER, archéologue et professeur au séminaire de Sens, assurée qu'il l'entretiendra de son mieux. De fait, le chanoine entreprend d'importantes et urgentes réparations de toitures, mais âgé et mesurant combien la tâche qui lui incombe dépasse ses forces, il envisage de vendre Ratilly à des acquéreurs en qui il pourrait avoir toute confiance.

Ce seront Jeanne et Norbert PIERLOT, en 1951. Elle, potière ayant fait son apprentissage à Saint Amand en Puisaye chez Eugène Lion, et lui comédien, entreprennent de créer à Ratilly un atelier de grès, un lieu de stages de poterie et de musique, et dès 1956, un centre culturel où sont donnés chaque été des concerts et présentées des expositions des meilleurs artistes contemporains, que ce soit en peinture ou en sculpture.


bâtiment de façade vu de la cour intérieureLa démarche originale de Jeanne et Norbert PIERLOT, aujourd'hui disparus, est perpétuée par leurs cinq enfants, soutenus par l'Association des Amis de Ratilly. L'une de leurs filles s'occupe de tout ce qui est poterie ; monsieur Pierlot de tout ce qui est stage de musique (les stages de poterie ont cessé), de l'organisatiion de concerts et d'expositions qui ont lieu principalement en été.

Le château est désormais un lieu privilégié de rencontres dans tous les domaines de l'art.

Toute l'aile de gauche est consacrée à la poterie, aux ateliers ; on y trouve au rez-de-chaussée la salle dans laquelle on prépare la terre, et la salle d'exposition à l'étage ; l'aile du fond regroupe les salles d'exposition de peintures et de sculptures ; l'ancien maître logis, abrite la partie des appartements privés du château. Dans le bâtiment de façade, se trouvent des chambres que l'on utilise lors des stages de musique, d'arts plastiques, de théâtre, organisés au château.





pigeonnier ou tour Sud-OuestRESTAURATION

Des travaux relativement importants ont été réalisés par Jeanne et Norbert PIERLOT, en particulier la réfection totale de l'ensemble des toitures. Ils ont également rendu le château habitable en faisant installer l'électricité, l'eau et le chauffage dans l'ensemble du bâtiment.

Plus récemment, la toiture du pigeonnier (ancienne tour de défense) et celle de la tour Sud-Est ont été restaurées.

Au niveau du pigeonnier, on voit nettement que tout le tiers supérieur a été remanié, avec adjonction de la petite couronne de pierres dont la fonction est d'empêcher les rats, les belettes, les fouines et autres prédateurs de rentrer à l'intérieur. Il est en très bon état, et possède environ 1.000 boulins ; il a conservé son échelle centrale mobile.

D'autres travaux ont concerné l'intérieur de la cour : réfection complète de la façade dont les murs avaient été recouverts de crépis au 19ème siècle pour faire réapparaître la pierre ; des gouttières en zinc ont été remplacées. Des fenêtres murées (pour éviter l'impôt sur les fenêtres) donnant sur la façade intérieure ont été rouvertes. Toute l'aile Est, a été refaite.

En 1972, un important incendie détruisait l'aile Ouest qui a été reconstruite et dans laquelle une grande salle d'exposition de poteries a été emménagée au premier étage, le niveau inférieur étant réservé à la fabrication et à la cuisson des grès.





ARCHITECTURE

cheminée Renaissance

Ratilly est un château de type Philippien, modèle relativement classique, de type quadrangulaire. Il compte une tour de défense à chaque angle, deux tours jumelles flanquant la porte d'entrée (seule issue du château) pour la protéger.

Il est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques pour l'ensemble des toitures ainsi que la cheminée de la salle des Gardes, très belle cheminée Renaissance.

Dès l'origine, le château comptait six tours, séparées entre elles uniquement par le mur d'enceinte extérieur et le maître logis, côté Est, dont le pignon s'appuie sur la tour Sud-Est.

Toutes les tours étaient munies de meurtrières, sur deux niveaux ; celles-ci étaient décalées, entre chaque niveau, de façon à ce que les archers puissent couvrir l'ensemble du terrain.



Ratilly a traversé le Moyen Age. La Renaissance, voit la fin des petites guerres locales et la pacification de la région ; par ailleurs, on assiste à l'évolution de l'armement. Les petits châteaux forts comme Ratilly, efficaces face aux armes du Moyen Age, ne le sont plus face à des canons. Beaucoup de ceux-ci sont alors abandonnés, tombant en ruine. D'autres, comme ce fut le cas pour Ratilly, ont été transformés en résidence. Les propriétaires de l'époque y ont installé des pièces à vivre, des chambres dans trois tours à savoir les deux tours jumelles et la tour Sud-Est, la tour Sud-Ouest étant emménagée en pigeonnier. Toutes les meurtrières furent alors murées. C'est également à la Renaissance, que fut construit le grand bâtiment qui relie les tours entre elles et les deux ailes qui servaient de communs. Le château ayant un usage agricole, ceux-ci servaient d'étables dont il reste des auges en pierre.


autre vue de l'enceinte extérieure et douves
Toute l'escarpe est faite avec des blocs de pierre bien réguliers, bien taillés, assurant ainsi la solidité de la base du château. Ce travail, assuré par les tailleurs de pierre, était très long et très coûteux. Les seigneurs du Moyen Age, dans un souci d'économie et de rapidité d'exécution, ont donc alterné les couches de pierres taillées avec des couches en pierres plus grossières, dont seule une face était plane. Cette façon de construire avait l'avantage d'êre plus rapide et donc de coûter moins cher. A l'origine, cette alternance existait jusqu'en haut des tours. On le voit bien dans la tour Sud-Est qui est d'origine et a gardé ses meurtrières ainsi que ses corbeaux qui soutenaient les hourds.

Pour les autres tours, il a été nécessaire de consolider avec du mortier après l'ouverture des grandes fenêtres à la Renaissance, ces ouvertures fragilisant la structure.





OUVERTURE AU PUBLIC


Périodes
lundi au vendredi
samedi
dimanche et jours fériés
1er avril au 14 juin 10/12 - 14/18 h 15 h - 18 h 15 h - 18 h
15 juin au 30 septembre 10 h - 18 h 10 h - 18 h 10 h - 18 h
1er octobre au 31 octobre 10/12 h - 14 h/16 h30 15 h - 18 h 15 h - 18 h
1er novembre au 31 mars Horaires sur répondeur au 03 86 74 79 54


STAGES ET ACTIVITES

Vous prendrez connaissance des différentes activités de la saison en cliquant sur le lien suivant : SAISON 2016.





CONTACT
Jean Pierlot
Chateau de Ratilly - 89520 Treigny
Tel: 01 42 87 24 36 ou 03 86 74 79 54
e-mail:
jeanpierlot@orange.fr
site internet

salle d'exposition des poteries
  vue aérienne du château et du potager


Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.

 


Plan de situation :