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Non loin de Sennecey, s'élève le beau château
de Ruffey. C'est une des constructions féodales les plus anciennes
et les plus considérables
de la région. Une partie notable du château et une grosse
tour ronde ont été démolis dans les premières
années du 19ème siècle, mais ce
qui subsiste est encore fort imposant. Le château est Inscrit
à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques
depuis le 9 décembre
1946.
HISTORIQUE
Un titre de 1229 prouve l'ancienneté du château de Ruffey.
A ce moment Hughes V de VIENNE épouse en seconde noces Marguerite
de RUFFEY, fille d'Etienne, seigneur de Ruffey. Vers 1316, le château
passe dans la famille de NANTON et, le 15 mars de cette année,
d'après
un titre des archives de Dijon, Jean, dit "le bâtard de
Nanton",
chevalier, "confesse tenir, devoir du Roi, sa maison de Nanton".
Au 15ème siècle, les LUGNY sont maîtres du château
de Ruffey, sans doute par une alliance avec les NANTON. "Claude
de LUGNY, (antérieurement à 1504) dit Saint-Julien
de Balleure, fit bastir alors comme on le voit de présent
le château
de Ruffey, fit clore le parc, édifia la chapelle en l'église
de Saint-Julien, sa paroisse, y fonda des chapelains et fit de grands
acquêts". Ils possédaient
aussi une seconde chapelle dans leur château de Ruffey, mais
ce n'était
qu'un petit oratoire suspendu en dehors des murs du château
(cette chapelle existe encore aujourd'hui). La maison de LUGNY avait
des hommes d'armes à sa
solde et son château
de Ruffey était une bonne et solide forteresse.
Le 15 février
1553, un grave conflit s'éleva entre les gens du seigneur
de Ruffey et les archers de Pierre de Bauffremont, baron de Sennecey.
Il ressort
d'un titre des archives de Mâcon que ces derniers, aidés
des habitants de Saint-Julien qui détestaient les seigneurs
de Ruffey, attaquèrent
leurs hommes d'armes et engagèrent avec eux un véritable
combat derrière
l'église de Saint-Julien.
Mais les archers de Sennecey eurent
le dessous et les hommes de Ruffey, pour se venger, incendièrent
une partie du village ainsi qu'une sorte de maison forte située
près
de l'église et qui appartenait au seigneur de Sennecey. Le
désastre
fut considérable et les habitant de Saint-Julien présentèrent
au sire de Bauffremont une requête pour "se voir indemnisés
des pertes, ruines, brûlures de leurs habitations par les hommes
d'armes du seigneur de Ruffey". Cette requête donna lieu à un
procès et il fut fait remise
aux habitants de Saint-Julien de la dîme pendant deux ans comme
indemnité
de leur sinistre.
Le seigneur de Ruffey se vit attaqué dans son château
en 1562, pendant les troubles de la Ligue. Il tenait pour le parti
catholique. PONSENAC,
chef des protestants, qui avait pris Tournus, attaqua aussitôt
tous les châteaux forts des environs occupés par des
seigneurs catholiques. Celui de Ruffey tomba des premiers en son
pouvoir. L'assaillant y
trouva seize quintaux de vaisselle d'étain, le linge et les
autres effets de l'abbé de Tournus que le grand vicaire y
avait fait conduire. L'ennemi surprit ensuite le château de
Sennecey.
En 1567, le seigneur de Ruffey prend encore part aux événements du
moment. Les troubles venaient de renaître ; les réformés prétendant
que l'édit de pacification ne leur était pas favorable avaient repris
les armes. Chalon, menacé par Ponsenac, appela à l'aide Nicolas de
BAUFFREMONT, baron de Sennecey, qui lui fournit une compagnie de
lanciers et d'arquebusiers à cheval. Piqué d'émulation, le seigneur
de Ruffey, son cousin, fit de même.

A cette époque, Jean de LUGNY, était le dernier héritier
mâle de
sa Maison. A son décès, la terre de Ruffey fut achetée
par son parent Nicolas de BAUFFREMONT, et elle resta entre les mains
des barons
de Sennecey jusqu'en 1718. Elle devint alors la propriété de
Charles-Armand de GONTAUT-BIRON, pair et premier maréchal
de France.
En 1744, la terre de Ruffey se composait des domaines
de Ruffey, Montceaux, Ragny,
Corlay, Vincelles, Servelle, Chalot, Nanton, Sully, Tallant et autres.
En 1793, la nation ne confisqua pas le château de Ruffey. Le
22 vendémiaire,
an VI, son propriétaire, le duc de GONTAUT-BIRON, le vendit à monsieur
JACQUEROT, dont la veuve remariée, madame de DANNEVILLE, en
démolit
une partie et entretint très mal ce qu'elle conserva. Elle
céda la
propriété à monsieur CELLIER dont héritèrent
ses deux filles.
Après
être passé en diverses mains, le château de Ruffey
a été vendu à
une oeuvre de bienfaisance qui en fit un centre de vacances pour
jeunes handicapés.
Les propriétaires actuels l'ont acheté à cette
association en juillet 2007.
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ARCHITECTURE

Après avoir quitté la route et pénétré sous
les ombrages d'une avenue qui conduit au château, une allée
sinueuse permet de descendre en une promenade pittoresque dans les
fossés larges (14 mètres) et profonds (7 mètres) creusés
dans le roc, du fond desquels les bâtiments massifs et deux
grosses tours rondes se dressent superbement. On ressort à côté d'une
tour, aujourd'hui isolée, en vue de la façade principale
qui formait jadis l'un des côtés d'une cour fermée.
On peut voir ainsi, en quelques instants, dans les deux aspects du
château, les deux époques de la
construction : à l'extérieur, sur les fossés,
aspect robuste et rébarbatif
où apparaissent surtout les préoccupations défensives
; à l'intérieur,
façade percée de belles fenêtres à meneaux du
15ème, plus accueillant.
On sait, d'ailleurs que Claude de LUGNY qui fonda à l'église
de Saint-Julien la luxueuse chapelle de Ruffey, fit exécuter
dans son château
d'importants travaux. Partout, en effet, à l'intérieur
de l'habitation, on retrouve dans les portes, les fenêtres,
les escaliers, dans une foule de détails de contruction ou
de décoration, spécialement dans
l'oratoire et dans la série de magnifiques cheminées
en pierres sculptées,
la marque du 15ème avancé. Il n'en est pas moins vrai
que Claude de LUGNY n'a pas construit Ruffey de toutes pièces
: il aménagea
à la mode du jour et avec le luxe qui s'introduisait alors
dans les intérieurs, l'habitation qu'il tenait de son père,
mais le gros oeuvre remonte certainement beaucoup plus haut, probablement
au 13ème et
même 12ème siècles.

Les dispositions générales sont les suivantes : un
quadrilatère,
des angles duquel sortent de grosses tours rondes, le tout entouré
de fossés. Trois côtés sont ou étaient
occupés par des bâtiments à l'étage supérieur desquels
régnait un chemin de ronde ; le quatrième côté était fermé par une
courtine où s'ouvrait la porte du pont-levis.
La tête du pont était protégée de l'autre côté du fossé par des communs
composés d'un grand bâtiment central avec deux ailes en retour vers
les château. Ces communs, aménagés pour la défense, étaient munis
d'un chemin de ronde et, à l'angle saillant septentrional au tournant
du chemin, d'une tour carrée dont les étages sont voutés en berceau.
source : "Le canton de Sennecey le Grand de Marguerite Rebouillat".
RESTAURATION

Dans les 18 mois à venir, les travaux de rénovation suivants devraient
être réalisés :
toiture complète de la tour ronde du château ainsi
que la tour isolée
révision
générale des toitures de l'ensemble
du château ainsi que les communs
renforcement
de la tour isolée
réouverture
d'une partie des douves autour de la tour isolée
création
d'un porche d'entrée à pont levis (comme
il existait auparavant suite aux éléments architecturaux
restants et le prouvant)
décroutage
des enduits du château puis "beurrage" gras
de toute la façade du château
toute l'electricité
et les fenêtres sont
à refaire
Pour le reste, le château n'étant pas trop abîmé, il s'agit plutôt
d'une remise en état que d'une restauration complète.
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CONTACT
Château de Ruffey
71240
Sennecey le Grand
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès des propriétaires.
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