CHATEAU DE LA BASTIDE
Sampzon (Ardèche)



Construit au pied du village de Sampzon, sur le dernier contrefort de la montagne qui borde au Sud les rives de l'Ardèche, la position stratégique du château de La Bastide, assis sur son rocher, lui permettait de surveiller les voies de communication passant par Alais, les Vans, Villefort, Aubenas, Joyeuse, Largentière, Vallon, Bourg Saint Andéol, Barjac, Salavas et Vagnas.

HISTORIQUE

depuis la terrasse crénelée de la tour carrée
Le fief de Sampzon, relevant des évêques de Viviers, était, dès le XIIe siècle, possédé par une famille du même nom qui s'éteignit vers la fin du XIVe. La première mention que l'on trouve du château de La Bastide est l'hommage, rendu en 1308, à l'évêque de Viviers, par nobles Armand et Raymond de SAMPZON, frères, pour tout ce qu'ils possédaient dans le mandement de Sampzon, et aussi pour leur Bastide ou forteresse, sise sous Sampzon.

Ce château, jusqu'à la fin du XVIe siècle, paraît ne s'être composé que de ce qui forme la partie méridionale de l'habitation actuelle, y compris la grosse tour carrée, qui fut réparée à cette époque et encore en 1869, mais qui doit remonter à la construction primitive.

Ce castel dut, comme dit Antoine de SAMPZON dans ses mémoires, "paraître petit à messire Gaspard de CHAMPZON et à son fils Jacques, qui tous deux menèrent grand train de chiens, de chevaux et de large hospitalité".

Le fils de Jacques fut le dernier de sa maison qui entreprit, comme il dit encore, la restauration, à cause du mauvais état des murailles, dont plusieurs s'en allaient en ruine, étant de vieillesse toutes entr'ouvertes".

façades Sud et EstLes SAMPZON sont connus depuis l'an 1197 par les actes divers, testaments, hommages, achats, etc...

Noble Guillaume de SAMPZON, premier du nom, qualifié chevalier, coseigneur de Sampzon, de Saint-Alban et de La Baume, épousa, le 4 janvier 1197, Jeanne de MONTBEL. Il est l'auteur des branches : de La Baume, éteinte au dixième degré, en 1442, et de celle des seigneurs de La Bastide, tombée en quenouille en la personne d'Aigline de SAMPZON, mariée, un peu avant 1352, à noble Jaucelin d'ADILLON, à charge par les enfants de prendre les noms et armes des SAMPZON.

Les d'ADILLON, alias Odilon, Aguilhon et Aiguilhon, sont fort anciens.

Noble Bertrand d'ADILLON, premier du nom, coseigneur de Saint-Alban-sous-Sampzon, y demeurant, épousa, devant Pierre Martin, notaire, en 1220, noble Astorgie de CHANADIES, fille de Jean, qui lui constitua en dot trois mille sols, plus des droits seigneuriaux à Ruoms, la Gorce, Saint-Alban, Salavas, etc...

Au cinquième degré, Jaucelin, alias Jalcolm d'ADILLON, damoiseau, coseigneur de Saint-Alban et de la rivière de Chassezac, était déjà marié, en 1352, à Aygline de SAMPZON, fille de messire Armand de SAMPZON, seigneur de La Bastide, à laquelle celui-ci, par un testament du 4 février 1353, la substitua à ses trois fils en cas de mort. Cette prévision s'étant réalisée, Jaucelin se trouva ainsi réunir les patrimoines des deux maisons d'ADILLON et de SAMPZON et adopta le nom et les armes de sa femme. En 1586, Antoine d'ADILLON de SAMPZON épousa Magdeleine de BORNE, de laquelle il eut plusieurs fils, morts en bas âge, et deux filles : Louise, l'ainée, épousa François de ROCHIER ; Hélène, la cadette, fut mariée, en 1618, à noble Balthazard de BEAUVOIR des ROURE, seigneur d'Elze.

Les de ROCHIER, famille originaire de Salavas, devinrent seigneurs de Sampzon. François de ROCHIER, fils de maître Pierre ROCHIER, du lieu de Salavas, et de Marie SOLIER, fille de noble Françis de SOLIER et de Louise MAXIMIN, épousa, le 17 janvier 1614, Louise de SAMPZON, fille aînée de messire Antoine de SAMPZON et de Magdaleine de BORNE. Ils eurent un fils et une fille. Antoine, leur fils, finit misérablement et leur fille épousa messire de BORNE, seigneur de BEAUMEFORT.

Les biens de Sampzon passèrent à la maison de Chambonas vers 1670. En 1780, Jean-Louis-Damien de TARDY, comte de Montravel, épousa Marie-Rosalie-Dorothée, fille et héritière d'Antoine PELLIER, seigneur de Sampzon, La Bastide et autres lieux, et d'Anne-Dorothée de GASQUES de COMBE.

Les biens que Marie-Rosalie-Dorothée PELLIER apporta à son mari furent : les châteaux et terres de Sampzon et de La Bastide, les terres et moulin d'Auriolles, les moulins de Joyeuse et Rosières, les terres de Souperet, les Vernades, Arleblanc, la Charve et de nombreuses terres et vignes.

Les armes des premiers seigneurs du nom de Sampzon ne sont pas connues. Quant aux ADILLON, on trouve une famille habitant le Coyron et Villeneuve de Berg et dont le nom est différemment orthographié dans les mêmes actes : Guilhon, d'Eguilhon, Aguilhon et Aiguilhon, seigneurs de Beaupré, en Coyron, d'Ajoux, de Cerclas et qui s'allia aux maisons : de Mercoyrol, de Tardieu, de Vileneuve, de Montgrand, d'Arlendes, du Cheylard, d'Albignas, etc... Ses armes étaient : "d'argent, au chevron de gueules accompagné de trois croisettes de... ; au chef d'azur, chargé de trois étoiles de..." (empreinte d'un sceau - M. Michel de Chazotte).

FRAGMENTS DES MEMOIRES D'Antoine de Sampzon (1568- 1740), Seigneur de La BASTIDE

façade Sud ou Marin
" ....................Description et nommée des améliorations que j'ai faites, droits par moi acquis dans et sur l'héritage que je possède en vertu des testaments de mes père et mère :

Ce que j'ai volonté de faire suivre d'autres mémoires des contrats et actes que me pourrai ressouvenir avoir passé ou que j'ai rière moi y décrivant aussi l'état de mes petites affaires tant pour faire voir sommairement en quoi consiste ce que je possède aujourd'hui pour servir s'il y échoit à ceux qui seront après moi, que pour contenter ma curiosité au cas que mon petit travail serait inutile.

Premièrement à la maison et château de La Bastide, je fis faire en l'an 1584 une chambre ou maison par moyen de deux murailles prises du fond en haut, rendant par ce moyen la maison carrée du côté du levant avec cul-de-lampe pour iceluy carré, comme se voit aujourd'hui avec voutes et planchers à ladite chambre, le desous de laquelle sert de cave et le dessus de grenier.


Fis couvrir et meubler les trois membres de ce qu'il fallait, et l'année suivante fis peindre ladite chambre comme se voit. En l'an 1585, fis hausser la vieille tour carrée et refaire les deux plus hauts membres dicelle qui de vieillesse était tout entrouverts et s'en allaient en ruine, et fis faire de nouveau le couvert avec des tuiles qui auparavant étaient en lauzes que le laps du temps avaient mises en si petites pièces que ne put plus servir. Au même temps, fis hausser la muraille dessus la porte du côté du levant et y faire des créneaux entre les deux tours qui se voient, ensemble un ravelin.

bretèche
Fis faire partie de la muraille de la bergerie à savoir depuis la porte jusqu'au carré du côté du Puy et d'iceluy carré jusqu'au petit étable joignant icelle. Fis faire la petite tour servant de privé du côté du marin.

En l'an 1585, fis hausser le couvert et changer la porte de la chambre vieille qui est du côté de la bise et pour cet effet fis faire la muraille qui se voit au grenier vieux.

En l'an 1586, année de la grande cherté, car le blé se vendait 18 à 20 livres la carte et grand nombre de peuple faisant moudre des sarments, racines et fougères, marc de raisin qu'on sortait des cuves et autres choses semblables non guère bonnes pour faire du pain et s'en nourrissaient. Alors je fis faire la muraille et créneaux de notre terrasse du côté du levant à l'entrée. Ce fut cette année que je me mariai.

En l'an 1587, je fis faire les degrés de la maison qui auparavant étaient tous brisés de vieillesse, ne s'y étant pu choisir une seule pierre qu'on y put remettre qui fut taillée et alors même les voutes et couroirs sur les entrées et montées des degrés qui auparavant étaient de bois, et fit, à la main droite de la première montée, faire deux murailles à dessein de servir pour une citerne.

En l'an 1588, je fis planter les noyers qui sont en état à la terre de Champrodier ou n'y en avait auparavant que un au milieu de laterre qui depuis est mort. (cette belle avenue de noyers a péri par le froid en 1870).


échauguette à pierres à bossage
En l'année 1589, en fit encore planter à la terre de Cayras. En l'an 1590, je fis planter en vignes et oliviers un herme que nous avions à la montée et cote de Sampzon. En l'an 1591, je fis faire une garde robe d'assemblages mise au coté de la cheminée de la chambre vieille et fis faire et poser les ferrements .

En l'an 1601, fis faire une grange à un herme que nous avons au terroir de Castillon et le fis faire à deux maçons de Mayras et baillai les couverts à prix fait à Jean Rouret et Jean Montel, charpentiers de Grospierres.

A la maison de Saint Alban, fis vouter la chambre qui y est mettant en deux chambres le dessous, baillé à prix fait à Guillaume Duplan, de Saint Alban.

En l'an 1602, je fis faire la salle et tour du côté du couchant sur le carré de ladite salle du côté de Grospierres, prenant trois murailles de ladite salle depuis le fondement à savoir pour rendre carrée la maison, celle du côté du couchant et celle du marin, et fis refaire celle du côté du levant où est maintenant l'entrée de ladite salle qui y était auparavant ou partie dicelle que j'ai fait faire plus haute parce que était fort basse et de vieillesse toute rompue s'en allant en ruine lesquelles trois murailles jointes à celles de la chambre vieille ont rendu ladite salle carrée comme elle est.

Et en avait donné le prix fait en l'an 1592 à un Me Pierre Griffon, maçon de Valgorce, auquel ayant fait comprendre et baillé mon dessein sur le temps qu'il commençait à vouloir mettre la main à l'oeuvre.

Dieu voulut m'ôter mon fils aîné, du décès duquel affligés ma femme et moi nous absentâmes quelques mois, laissant l'oeuvre à la direction dudit Griffon, maçon, lequel s'en acquitta en notre absence si mal que, moi de retour et la besogne fort avancée, fus en mauvaise intelligence avec lui qui soit par épargne de peu de muraille ou de la peine de caver les fondements de ladite tout là où je lui avais dit, l'avait trop retenue dans la salle, le carré de laquelle en était occupé partout, lui fis quitter la besogne traitant avec lui et restant d'accord de son travail et de l'avance que je lui avais fait de l'argent.
portion de l'ancien canal réaménagée
Après quoi, ayant été quelques mois en balance de l'agencer le mieux qu'il se pourrait, ayant trouvé qu'il ne pouvait s'achever à mon contentement si comme il fallait, me résolut d'abattre tout ce qui était fait et reprendre les fondements comme ils sont aujourd'hui.

Ce qu'ayant derechef donné à prix fait à Me Jacques Chazal, maçon de Vallon, et il apprenant perte, quitta et s'en alla, ce qui m'obligea à faire faire à journées à d'autres maçons et fut achevée et parfaite en l'an 1604.

En l'an 1605, j'ai fait faire le couvert et le plancher de ladite salle et tour à Me Sébastien Vellya, de Saint Mélany et Me André Lagier, du même lieu. En l'année 1606, je fis faire les fenestrages de noyer à Me Gérôme, menuisier de Laurac, ensemble toutes les portes. En l'an 1607, Me Chalangin, de Salavas, me fit tous les ferrements nécessaires à ma salle et les serrures et clefs.


En l'an 1609, Me Janin, vitrier d'Alais, me vitra toutes mes fenêtres et larmiers haut et bas de ma dite salle et tour où il y a mis 25 vitres. La même année, Me Daniel, menuisier de Rochegude, me fit 24 grandes doussières et six sans coudières ains seulement les dossiers. Plus douze tabourets ou placets, le tout à garnir et les pieds de tourneurs. Plus deux escabeaux et deux grands bancs aussi à pieds de tourneurs. Plus deux tables avec leurs traitaux et tourneur l'une à rallonge et l'autre non. Plus un dressoir ou buffet pour la salle et un lit pour la tour. En l'an 1611, un sellier d'Allais vint garnir toutes mes chaises et tabourets, deux de velours, six d'écarlate et le reste de bleu vert et rouge comme se voit encore. La même année, j'ai fait commencer de cerner à chaux et à sable la tour de la maison de un barial tant du côté de bise que du côté du marin........ "

Source : revue du Vivarais 1897. - Armorial du Vivarais





ARCHITECTURE

bouche à feu


Le château se présente sous la forme d'un quadrilatère. Il présente, sur la façade Est (ou levant) une tour carrée crénelée ; deux tours rondes flanquent la façade Sud (ou Marin) à ses extrémités.

Une échauguette à bossages se trouve à l'angle Nord-Ouest.

Il est entouré d'un parc de cinq hectares.

Un canal, captant les eaux de la montagne, alimentait le château. Il est encore en partie visible aujourd'hui.







RESTAURATION

L'actuel propriétaire s'est porté acquéreur du château de La Bastide en 1997. Les dépendances, aménagées en hôtel restaurant, n'offraient pas une rentabilité suffisante ce qui avait justifié la mise en vente du domaine.

intérieur du château en restauration, cheminée datant de 1893, restauréeIl s'est alors lancé dans des travaux de transformation complète du site pour le remettre en état. Les dépendances qui abritaient l'hôtel restaurant ont été transformées en gites de vacances.

Le château n'avait plus de toiture, le gros oeuvre était en mauvais état et la nature avait repris ses droits sur les murs. Le rez-de-chaussée, voûté, était resté en bon état mais les planchers en bois et la toiture étaient effondrés. La totalité des charpentes a été refaite, ainsi que les toitures, les planchers et des murs intérieurs ont été créés afin de rendre le château habitable. Des appartements devraient pouvoir, à terme, accueillir des vacanciers.

Pendant les travaux les façades d'origine, cachées par les façades actuelles, ont été en partie retrouvées, certaines présentant des meurtrières. Les travaux ont duré environ douze ans et le château est maintenant totalement remis en état.





piscine privée commune

OUVERTURE AU PUBLIC


Le château n'est pas actuellement ouvert au public. Il le sera ultérieurement, une fois tous les travaux d'aménagement intérieur terminés, et offrira des appartements en location pour les périodes de vacances.

Cinq gites, aménagés dans les communs qui avaient été transformés en hôtel-restaurant, sont disponibles à la location pour les périodes de congé.

Ils disposent d'une piscine privée à partager.









CONTACT

Les Gîtes du Château de Sampzon
La Bastide
07120 Sampzon
Tel: +33/475.89.12.10
Tel: +32/71.47.97.16
Gsm: +32/479.24.72.29
Gsm: +32/475.67.82.54


E-mail
site internet
 
château de La Bastide vue d'ensemble


Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.
 


Plan de situation :