CHATEAU DE SAUVAN
Mane (Alpes de Haute-Provence)



Vers 1981, Jean-Claude et Robert Allibert visitent le domaine de Sauvan, mis en vente, dont la pièce maîtresse est un fort beau château bâti au XVIIIème siècle par les Forbin-Janson, célèbre famille de l'aristocratie provençale sous l'Ancien Régime. Les outrages du temps ont sévèrement frappé la construction mais ils décident de sauver Sauvan et s'en portent acquéreurs. Aucun autre château de ce type n'existe en Provence. Il fut classé Monument Historique en 1957. Son parc et ses jardins actuels ont reçu le label Jardin Remarquable. Ses propriétaires ont obtenu la distinction Meilleur Accueil.

HISTORIQUE

façade Sud et Ouest - copie d'une statue de Rodin - l'âge d'airainLe château de Sauvan (également appelé le Petit Trianon de Provence) a été édifié en 1719 par Joseph-Palamède de Forbin-Janson, mort en 1728. Il fallait posséder une personnalité hors du commun pour implanter en ce lieu provençal, comme si c'eut été en Ile de France, un château éclairé par plus de cinquante fenêtres, en un site où la transparence de l'air rend éblouissants les soirs et les matins et torride la réverbation des étés.

Le 2 Floréal an II (avril 1794), les frères Magnan achètent Sauvan qui a été enlevé aux Forbin-Janson et s'y installent. Il semblerait que cette occupation ne dura guère et "qu'ils furent contraints, le 20 Thermidor an IV (7 août 1798), de revendre le château à ses légitimes propriétaires". Comment cela fut-il possible en pleine Révolution ? Les murs de Sauvan en gardent le secret. Comme ils gardent le secret de la châtelaine d'alors, la marquise de Galléan (princesse de rang étranger) (1763-1824), épouse de Michel-Palamèdes de Forbin-Janson (fils de Joseph-Palamède), qui réussit à chasser les frères Magnan hors du château.


Elle eut deux fils : Charles-Auguste, le cadet et Charles-Palamède, de quatre ans son aîné. En 1810, pour des raisons financières, Charles-Palamède vend son château avec la bénédiction de sa mère, à l'abbé Sollier, apparenté aux Forbin-Janson.
vue sur les jardines côté Ouest
Par le jeu des héritages, le château de Sauvan "tombera en quenouille". En effet, les héritiers de l'abbé Sollier n'auront que des filles : madame de Garidel et madame Chambaud de Cochet. Ce fut celle-ci seule qui eut une postérité en la personne d'une fille encore, Marie-Rose, qui épousa en 1901 le vicomte Servan de Bezaure et laquelle, de nouveau, n'eut qu'une fille, la dernière propriétaire de cette demeure historique : madame Marie-Charlotte d'Astouaud Servan de Bezaure. Ainsi, pendant plus d'un siècle et demi, le château appartint aux Sollier ou à leurs descendantes.

Sauvan, que déjà à cause de leurs revers de fortune, les Forbin-Janson n'avaient pu terminer, devint au fil des décennies une charge très aimée mais souvent insupportable pour ses habitants successifs. Trois guerres : 1870, 1914, 1940 ne contribuèrent pas peu à le faire traîner comme un boulet au pied par cette famille qui faisait vaillamment face à l'accumulation des réparations urgentes à entreprendre mais s'y essouflait de plus en plus.

Peu à peu, Sauvan se dégrada : fenêtres coupées en deux et condamnées par des murs de parpaings, croisées entiières manquantes, carreaux brisés ou étoilés, les portes ne jointaient plus...





RESTAURATION

jarre d'Anduze

Châtelains, mais aussi maçons, peintres, jardiniers, décorateurs, terrassiers, élagueurs, Jean-Claude et Robert Allibert vont peu à peu redonner à Sauvan son lustre d'antan.

Ils ont curé la pièce d'eau, réparé les fentes du bassin, remis le circuit d'alimentation en état, réouvert les fenêtres, refait les huisseries et les parquets.

Souvent, il fallait détruire afin de retrouver les lignes originales de l'ensemble, les anciennes améliorations apportées aux aîtres par les occupants successifs, soit pour lutter contre le froid, soit pour d'autres raisons légitimes.

Mais les pierres ne disent jamais "merci" ni "assez". Elles font simplement remarquer au passage que, par exemple, à l'origine, le grand escalier, au lieu de cette rampe en bois ordinaire qui le bafoue, possédait une superbe grille en dentelle de fer et qu'il serait urgent d'y pallier.





INTERIEURS
le hall d'entrée et l'escalier
Le salon de musique :
transformé en lieu de vie par la précédente propriétaire, Jean-Claude et Robert Allibert ont remis cette pièce dans son état d'origine.

Le grand hall d'entrée à colonnes lui fait suite.
Sa pièce maîtresse en est l'autel gallo-romain du IIe siècle dédié au dieu Mars.

Puis le salon bleu qu'un splendide lustre en verre coloré de Murano éclaire dès la tombée de la nuit.

La visite se poursuit à l'étage que l'on gagne en empruntant le Grand Escalier dans le hall d'entrée.

La bibliothèque/salle de billard a retrouvé les papiers peints qui étaient en place au XVIIIe siècle car les nouveaux propiétaires ont pu les faire reconstituer à Lyon.




la chambre du marquis
Une galerie de 45 mètres de long sur 3,5 mètres de large traverse le château dans toute sa longueur. Exceptionnelle dans une demeure seigneuriale du XVIIIème siècle, elle est du XIXème.

Elle dessert l'antichambre ouvrant sur les chambres du marquis et de la marquise, toutes deux visitées, la chambre Louis XVI en laquelle a dormi le comte de Mirabeau, Honoré-Gabriel Riquetti…

De retour au rez-de-chaussée, on visite la salle à manger où se trouvent une importante collection de faïences et une cheminée Viollet-Leduc.

Le hall de réception qui la jouxte, offre à admirer un superbe lustre Charles X en cristal de Baccarat comptant 36 chandelles.






LE PARC

grande pièce d'eauLe parc, qui a reçu le label "Jardin Remarquable" en 2005 par le Ministère de la Culture, est protégé au titre des Monuments Historiques depuis le 30 Juillet 2003.

Après la restauration de la grande pièce d'eau et la reconstitution des parterres côté Sud et Ouest, les propriétaires ont réalisé la décoration du parc : jarres d'Anduze fin XVIIIème-début XIXème (exceptionnelles en Haute-Provence) et statues ; des animaux animent l'espace : paons, oiseaux dans les frondaisons et dans les volières, cygnes dans la pièce d'eau...

Ils se passionnent maintenant pour la remise en état des 4 hectares de jardins à la française ; Bientôt Sauvan s’enrichira de deux hectares de jardins à la française qu’il va être possible de ressusciter grâce aux plans du XVIIIe siècle, conservés fort heureusement dans les archives, et aux fouilles archéologiques réalisées en 2006 qui ont confirmé l’existence passée desdits jardins.

Complétant ainsi la décoration extérieure, ces jardins redonneront au château son aspect et sa grandeur d'origine.





OUVERTURE AU PUBLIC

L'orangerie est équipée pour accueillir dans sa vaste salle des réceptions, mariages, séminaires banquets... Quant aux groupes, ils peuvent après la visite, y organiser des repas festifs, servis par des serveurs en costume d'époque.

Visites guidées 2018 :

Grande Galerie

juillet et août tous les jours à 15 h 30.

du 1er au 30 septembre
tous les jours à 15 h 30 sauf le mardi et le mercredi
du 1er octobre au 15 novembre à 15 h 30 les jeudis, samedis, dimanches et jours fériés
Fermé du 16 novembre au 28 février Sauf réservations de groupe et ouvertures exceptionnelles pendant les fêtes de Noël.
mars à 15 h 30 tous les dimanches
avril à 15 h 30 les jeudis, samedis, dimanches ; ouvert les jours fériés
mai et juin tous les jours à 15 h 30 sauf les mardis et mercredis. Ouvert les jours fériés
Groupes toutes périodes de l'année, en semaine, sur rendez-vous



Grande Fête du Costume : tous les deux ans en juin avec :
- exposition dans le château
- défilé dans le parc
- présence de professionnels : vente de tissus et de passemterie pour la réalisation de costumes.

Manifestations culturelles : peinture, art religieux, broderies, costumes historiques, boutis, ikebana, littérature, concerts...





CONTACT
MM. Allibert
château de Sauvan
04300 Mane

tél. : 04 92 75 05 64
Fax : 04 92 75 38 39

site internet
e-mail

Devise du blason : "j'ai fait le roi comte et le comte m'a fait roi" (regem ego comitem me comes regem). Elle rappelle ce que Palamède de Forbin a fait pour Louis XI (en 1481 il a oeuvré au rattachement du comté de Provence à la France) et ce que ce Prince a fait pour lui (il l'a nommé Vice-Roy de Provence et Dauphiné).
 

Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.
 


Plan de situation :