CHATEAU DE SAINT MICHEL DE LANÈS
SAINT MICHEL DE LANÈS (Aude)



Édifié sur les rives de l’Hers dans le Lauragais Audois, au pied de la butte portant l’église du village, entouré d'un écrin de fleurs, de plantes exotiques et de buis, le château de Saint Michel de Lanès offre un caractère original dû aux mutations architecturales qui n’ont cessé de le transformer depuis le Moyen-Age. En dépit de sa façade harmonieuse et de l’équilibre de l’ensemble, nous sommes ici en présence de plusieurs maisons qui ont apporté chacune leur spécificité au résultat actuel.

faune
ARCHITECTURE

Il subsiste ainsi quelques vestiges d’un demeure médiévale (gargouilles dans le mur d’enceinte côté Hers, souterrains et tour ronde font partie des légendes villageoises). Ensuite mosaïques, sculptures, grotesques, balustres, cheminée monumentale, parquets, boiseries et plafonds d’un des salons semblent se souvenir de l’Ancien Régime (les sculptures du toit semblent plus anciennes...) ; les livres de comptes d’Arnaud ARDENNE, propriétaire des lieux vers 1796, donnent une idée de la vocation du château : vaste domaine à la fois familial, commercial, agricole, immobilier et foncier, témoignant de l’existence pittoresque d’une famille fortement enracinée dans son village mais vivant en clan, ayant de surcroît un style de vie local mais ouvert sur l’étranger. Cet état d’esprit se perpétue jusqu’au Second Empire grâce au descendant d’Arnaud ARDENNE, Auguste, maire du village (un square porte son nom en face de la mairie).

Le château lui-même a traversé le temps : maison d’été du seigneur du village au Moyen-Age, il est devenu en 1796 un château élégant et clair grâce à Arnaud ARDENNE, armateur né au village (qui combattit pour l’indépendance américaine). Les pierres du château parlent de ces temps de prospérité à leur façon : le thème repris par les sculptures, les plafonds, les mosaïques est celui de la joie de vivre ...

Deux grands salons aux décors Marie Antoinette et néogothique ont été restaurés à l’identique.





PARC :

Remis en état par ses actuels propriétaires après un long abandon, le parc "à l'anglaise" offre de reposantes pelouses sous des cèdres très anciens, de mystérieux sentiers et des bassins romantiques et s'étire sur 2 hectares en bordure de l'Hers. Il s'organise en plusieurs parties : la vaste pelouse centrale s'orne de topiaires et de cèdres centenaires ; le sous-bois abrite de beaux marronniers roses ; le fond du parc offre le romantisme des ruines d'une chapelle et d'un bassin. Platanes, tilleuls, micocouliers et noyers d'Amérique, dont certains ont été plantés à la fin du XVIIIème siècle, abondent.

A l’entrée du domaine, un bouquet de cèdres, mis en valeur par l’immense pelouse replantée de leurs mains, accueille des hôtes émus par cette vision privilégiée.

Sa remise en état :

Restauration d’un petit domaine du XVIIIème siècle
Alix et Vincent de La Panouse, venus en voisins à saint Michel de Lanes, éprouvèrent un sentiment d’effroi en réalisant l’état de destruction et d’abandon avancé du romantique château entouré de son parc aux essences rares englouties sous les ronces et herbes folles.
parc
Habitués du lac de la Ganguise, possédant de la famille à 10 km de Saint Michel de Lanes, ils prirent la décision de sauver ce parc oublié et son habitation voués, sans action rapide, à la friche et la ruine. En effet, le parc inculte disparaissait sous un océan de repousses aussi inutiles que dévorantes. C’était un vaste chaos apparemment dénué de plan et de logique.

Naissance d’une activité touristique liée à l’environnement
Ils se lancèrent avec énergie et obstination dans cette double aventure. Des moyens financiers limités les conduisirent dès le début à choisir de créer une activité sur place. Il leur sembla que l’installation de belles chambres d’hôtes allierait avec bonheur la défense du patrimoine et la préservation de l’environnement. C’est vers ce but qu'ils axèrent leurs efforts durant 7 pénibles années dont les péripéties souvent douloureuses rempliraient plusieurs romans.

Sauvetage du domaine de Saint Michel de Lanes
Ce sauvetage fut une aventure commencée en octobre 1996. Ils comprirent immédiatement que restaurer le parc du domaine revenait à préserver et améliorer l’environnement de Saint Michel de Lanès, site historique ne laissant nul visiteur indifférent. Tout débuta par une prise de conscience : Vincent de La Panouse, montant au faîte du toit, eût une révélation : le parc, revenu à l’état sauvage, hérissé de plantes et repousses démesurées, avait gardé use ossature, un plan, une logique. Après la mise hors d'eau de la maison, un nouveau défi s’annonçait donc. Il gagna à sa cause quelques amateurs éclairés et entendit également les anciens du village. Ainsi guidé, le couple débroussaillât le pourtour immédiat de la maison.

Les étapes de la remise en valeur : à la recherche d’un parc perdu

Cour et jardin
L’environnement immédiat du château souffrait d’un total manque d’entretien. La cour, jadis recouverte de graviers et ornée de poteries, se confondait avec le jardin défiguré. Seuls émergeaient d’un fouillis inculte un massif de yuccas et des bouquets de pervenches.

château, parc et courCe lieu abandonné détenait pourtant un caractère original : sa situation de jardin terrasse soutenu par un rempart de pierres au-dessus de l’Hers ; les massifs de lauriers et de buis et enfin la noria agrémentée d’un bassin très ancien (et dotée d’un système hydraulique très intéressant). Il fallut d’abord retrouver le niveau de la cour et des chemins en louant un tracto pelle (les inondations successives avaient laissé du limon), déboiser, élaguer, tailler, protéger ou restaurer les puits, défricher plus de 2000 m² du porche à la rivière, déverser des hectolitres de désherbant, planter fleurs et gazons, dessiner des rocailles, ratisser des tonnes de graviers, retrouver et reconstituer les anciennes poteries etc...

Par ailleurs, monsieur de La Panouse, libérant le grenier de tomettes trop lourdes, réalisa avec ce matériel un trottoir à l’ancienne longeant la tour principale. Ce travail soigné mit en valeur une gracieuse fontaine portant les initiales du créateur du parc, propriétaire des lieux sous Louis XVI.

La coulée verte
De 1997 à janvier 2003 ils n'eurent de cesse, étape par étape, de respecter l’œuvre de leurs prédécesseurs afin de rendre son vrai visageà ce parc orné d’arbres très anciens et souvent rares. Sur les conseils d’un amateur des jardins du XVIIIème, ils recréèrent une coulée verte, autrement dit une pelouse s’étendant de la cour au premier sous bois situé au milieu du parc, soit 5.000 m² de gazon servant d’écrin aux 7 cèdres du Liban veillant sur le domaine depuis 1790. Sur le pourtour de cette pelouse, se dispersent buis et lauriers aux formes fantaisistes.

Trois allées suivent le contour de la coulée verte : elles expliquent la logique du parc et ont été dégagées à force de patience. Les deux premières, longeant la coulée verte, forment un double 8 à partir du sous bois central. La troisième quittant très vite la pelouse s’enfonce sous les futaies et, après un périple mystérieux, débouche en pleine lumière juste en face du jardin situé au fond du parc.

grand salonDeux ans de travail ont conduit à ce résultat. Il a fallu faire intervenir un tractopelle afin de se débarrasser des souches ; la location d’une semi remorque a été nécessaire afin d’évacuer les déchets multiples. Une fois cet immense espace dégagé, ils hersèrent et semèrent eux même le gazon au printemps 98. Le parc à l’anglaise s’ébauchait enfin après un oubli de 150 ans.

Le jardin du fond du parc
Avant de livrer bataille à l’extravagant sous bois central retourné à l’état sauvage, ils eurent l’idée romantique de dégager une sorte de jardin clairière au fond du parc. Situé dans une presqu’île naturelle (entre l’Hers et l’Airoule, son affluent), cet ancien verger est agrémenté d’un bassin arrondi, d’une étrange ruine, d’un splendide marronnier, de plusieurs noyers d’Amérique, de micocouliers centenaires (rapportés au XVIIIème par le propriétaire armateur du domaine) et de cerisiers sauvages.
Un paradis ravagé ! Là encore, il fallait tirer un jardin d’un environnement négligé.... Après la traditionnelle opération de déssouchage et de terrassement, cette vaste clairière fut remise en gazon. Cela fût fait en août 99 grâce à l’existence d’une nappe phréatique qui rendit ce défi possible !


La bataille du sous bois abandonné
Depuis le début de la rénovation, Alix et Vincent de La Panouse refusaient d’accepter une évidence : la partie centrale du parc ne ressemblait plus à rien. C ‘était un environnement laissé pour compte. Mais le courage leur manquait pour attaquer ce problème, alors qu'ils étaient submergés par les tâches nécessaires.

la déesse Athéna
A l’aube de 2002, Vincent de La Panouse décida de recréer la perspective initiale du parc. Il avait réalisé en effet que le but des créateurs était que l’on puisse apercevoir la coulée verte, le sous bois et le jardin final en continu.

Le sous bois devait s’organiser en vaste clairière offrant espace et lumière aux arbres et buissons. Avec une patience infinie, l’harmonie initiale fut retrouvée. Arrachant les lianes, rendant la lumière aux marronniers roses, abattant des arbres moribonds (secs), le fruit de leurs efforts fut présenté aux visiteurs du patrimoine 2002.

Le parc déroulait enfin ses 3 parties équilibrées, cèdres et tilleuls reprenaient une nouvelle vigueur.




Libération du tour du parc côté route d’Avignonet
Cette étape exigea encore plus de ténacité que les précédentes. Barbelés, ronces, orties, lianes étaient liés les uns aux autres. Ce spectacle hideux détruisait le panorama serein qui avait été recréé. De septembre 2002 à janvier 2003, Vincent de la Panouse progressa mètre par mètre tandis que son épouse replantait une haie naturelle. Ce chantier n’est certes pas achevé mais les promeneurs peuvent apercevoir le parc renaissant : l'essentiel est en effet de ne pas masquer le domaine par des murs ou clôtures défigurant le paysage.

Les étapes à venir
Préserver l’environnement demeure une besogne de très longue haleine pour un simple particulier. Une partie du domaine reste en friche en 2007 : les rives de l’Hers et les abords des fossés. Sont nécessaires : la réfection complète de la noria, la reconstruction de l’étrange ruine au fond du parc, la restauration des murs soutenant le parc, l’élagage des plus beaux arbres, les dernières coupes de bois et dessouchage, les replantations de plantes ornementales, défensives et de régénération (après les coupes d’éclaircies pour éviter la trop grande concurrence des végétaux, il est nécessaire de reconstituer, équilibrer et diversifier les différentes variétés). L’avenir reste donc difficile.

Conclusion Générale
Les agréments d’un site dépendent de la beauté de son environnement. Alix et Vincent de La Panouse se sont efforcés de respecter cette règle depuis leur arrivée à Saint Michel de Lanès. La jungle de 1996 s’est métamorphosée en terre verdoyante, accueillante aux oiseaux, refuge des biches, paradis des écureuils, fouines, renards et autres animaux..... moins sauvages.
Le parc, tondu, taillé, entretenu à bout de bras en famille, tient les promesses de ses cèdres protecteurs et de ses gazons lumineux.
Sauver l’environnement récompense ceux qui osent marier beauté et utilité : jamais leur activité touristique n’aurait pu être lancée sans la restauration de ce parc, havre de paix pour leurs visiteurs.





OUVERTURE AU PUBLIC

Le château de Saint Michel de Lanès vous accueille tout au long de l'année dans ses quatre chambres d'hôtes.

une chambre
 
une chambre





CONTACT:

Alix et Vincent de la Panouse
Château de Saint Michel de Lanès
1, rue du Pont de l'Hers
11410 Saint Michel de Lanès
Tél : 04 68 60 31 80
Fax : 08 25 17 35 56
Site internet

E-mail

 
château et village


Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies auprès des propriétaires.



Plan de situation :