 |
Le château de Thol, l'une des quatre plus belles
ruines de l'Ain, est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments
Historiques.
Trois personnes en sont propriétaires depuis 2000. Elles ont créé
une association "les paladins de Thol" dont le but est la sauvegarde
et la restauration des lieux.
HISTORIQUE 
La première inféodation de la seigneurie de Thol a été faite en
1330 par le Comte de Savoie à Barthélémy de la BALME, lequel eut
un fils Guillaume qui mourut sans héritier. Sa femme, Catherine
de SALES, se remaria à Humbert de LUYRIEUX qui devint à son tour
Seigneur de Thol et qui, en 1371, le céda pour dette à Pierre de
BRENOD. LUYRIEUX le racheta et le donna en dot à sa fille, Marguerite,
qui épousa Derriosus de VAUGRIGNEUSE. Le château resta deux siècles
à cette famille. La seigneurie passa ensuite par dot à Claude de
SALINS, Seigneur de Vincelle en Charolais, dont le fils héritier
Aymé, Seigneur de Vincelle et de Thol vendit ce dernier à Claude
II de COUCY, Seigneur de Chateauvieux, le 13 avril 1577. En 1615,
c'est René de VIENNE, Comte de Chateauvieux, qui en devint Seigneur
par héritage. Châteauvieux ayant été érigé en Comté, René de VIENNE
et sa famille vendirent en janvier 1662 tout le Comté (Châteauvieux,
Fromente, Beaurepaire, Villerevesure, les Feuilles et Thol) à Barthélémy
GUESTON, lequel eut une fille (Anne) qui, en 1697, épousa Paul GAYOT
et lui apporta en dot le Comté de Châteauvieux, Thol et le reste.
Après donation et héritages successifs, Thol était toujours aux
mains de la famille GAYOT quand survint la Révolution de 1789. En
1790, Châteauvieux passa aux BRAC de la PERRIERE, mais le château
de Thol, devenu inutile, était déjà depuis longtemps à l'abandon.
ARCHITECTURE

On ne connaît pas la date précise de la construction du château
de Thol. Son emplacement élevé a dû être depuis des temps très anciens
un observatoire sur la vallée de l'Ain. On pense que c'est vers
1100 ou 1200 que l'on commença à empiler sur ce promontoire de Thol
(qui signifierait "hauteur", "colline"...) des milliers de tonnes
de pierres soigneusement taillées et assemblées pour résister aux
éventuels assaillants avides de conquêtes.
Par
rapport à beaucoup d'autres châteaux forts, Thol est d'une conception
plutôt simpliste, quoiqu'efficace sur le plan de l'autodéfense : une
espèce de cube de 32 à 33 mètres de côté, représentant une surface
au sol d'environ 1.000 mètres carrés et entouré d'un fossé sec. Le
corps de logis aurait été à l'origine une maison forte au 12ème siècle,
à laquelle auraient été rajoutées, au Nord et à l'Ouest, deux tours
carrées dans la tradition des donjons de cette époque, d'environ 20
mètres de haut (sans toiture à ce jour), aux murs épais de près de
2 mètres et comportant 4 étages. Une enceinte de 10 à 12 mètres de
haut fut également construite. Un chemin de ronde faisait le tour
du château au 13ème et au 14ème siècle. Chaque étage est pourvu d'une
fenêtre jumelée avec une petite colonne centrale cannelée, décorée
avec des motifs floraux, flanquée de sièges. Les fenêtres donnent
sur la cour centrale du château. Sur le côté Sud, les tours présentent
des fentes en pierre, rectangulaires, qui ont été élargies à la base
dans une phase suivante, pour les adapter à l'artillerie.

Le grand portail, au Sud, qui devait être précédé
d'un pont-levis, donne sur une vaste cour. Au pied d'un des murs,
fut découvert un certain nombre de flèches dont il ne reste évidemment
que la pointe en métal : c'est contre ce mur que s'entraînaient les
archers du Seigneur. Presque au centre de la cour, le logis, dont
on peut se faire une idée assez précise malgré l'importante des éboulis.
Une base de colone octogonale émerge du sol et permet d'extrapoler
sur les voûtes gothiques qu'elle devait soutenir autrefois : c'était
sans doute la salle d'apparat. Contre le mur Nord, les emplacements
des cheminées sont visibles sur plusieurs étages. Un peu en arrière,
les chambres et corridors dont il reste de superbes fenêtres.
RESTAURATION
Le premier travail réalisé par les propriétaires actuels en 2001-
2002 fut d'aménager le tour du site, de mettre les ruines au soleil
et de les dégager de la végétation pour les rendre plus saines.
En 2003/2004, un programme de sécurisation des murs d'enceinte et
des tours est prévu, le liant d'assemblage des pierres étant fortement
altéré par le temps et par les racines du lierre qui a envahi les
murs durant des années.
Cette phase de sécurisation terminée, la restauration concernera
la tour la plus haute (2005/2006) : réparation des fissures, montage
de planchers successifs, construction d'une toiture. Puis vers 2007
et au-delà, il faudra s'attaquer au redressement des murs du logis
central, et à la réalisation de la charpente et de la toiture en
tuiles de ce logis.
Fin 2009, la tour Ouest du château a retrouvé ses 3 étages ; poutres
et plancher ont été replacés avec trappe, escaliers et une porte
donnant sur la courtine. La toiture provisoire est pratiquement terminée.
La fenêtre géminée manquante vient d'être taillée et sera installée
courant 2010. Un jardin médiéval a également été créé avec la collaboration
des écoliers de CE2 de Neuville sur Ain.
Diaporama sur la restauration du château de Thol
OUVERTURE AU PUBLIC
Possibilité de visite du château sur rendez-vous.
 
CONTACT
Monsieur Jean-Louis LORIA
Association "les Paladins de Thol"
01150 VILLEBOIS
Tel : 06 70 19 52 38
site internet
Les informations contenues dans ce reportage ont été fournies
par les propriétaires. |
|
 |