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HISTORIQUE

La première mention de Vic dans l'histoire date de 814, quand Berthe,
la fille de CHARLEMAGNE, apporte à l'Abbaye Saint Médard de Soissons
(grande abbaye royale) le domaine de Vic-sur-Aisne. Il restera la
propriété de l'abbaye de St Médard jusqu'à la Révolution.
Dans les années 1200, un prieur détaché de l'Abbaye de St Médard
séjourne à Vic-sur-Aisne : Gauthier de COINCY. Personnage assez
étonnant, il écrit beaucoup de vers. Ses vers seront publiés et
serviront de base à beaucoup de chansons du Moyen-Age, dont certaines
sont encore chantées de nos jours.
Les guerres de religion qui, à la fin du 16e siècle, bouleversèrent
la France entière, amenèrent des désastres à Vic. Prise tour à tour
par les Huguenots et les armées du Roi, la forteresse fut fort endommagée.
De cette époque date le démantèlement du donjon de Vic : les tours
furent découronnées ; les créneaux,
les mâchicoulis
et les chemins de ronde démolis. A partir de 1600-1602, l'abbé François
HOTMAN, abbé commendataire de l'Abbaye de St Médard de 1594 à 1636,
va relever le château un peu ruiné. Il va modifier complètement
la façade, faire élever le corps de logis (avec un seul rez de chaussée
surmonté d'une toiture). Il va transformer en résidence le bâtiment
austère et militaire. Il fera construire la tour d'escalier située
façade ouest. Il signe en 1602 le marché de réparation du donjon.
Le châtelet ou pavillon d'entrée du château est également reconstruit.
Le prieuré de Sainte Léocade fondé à la fin du 12e siècle est restauré
à partir de 1604. Disparu aujourd'hui, il était situé près du pigeonnier
(construit en 1606 et dont les boulins sont en terre) ; Sainte Léocade
était une martyre de Tolède. L'abbé HOTMAN séjournera assez longtemps
à Vic-sur-Aisne. Pour les deux abbés commendataires suivants, le
Cardinal de MAZARIN (de 1636 à 1661) et Philippe de SAVOIE (de 1661
à 1693), Vic était une résidence de campagne dans laquelle ils faisaient
de brefs séjours.
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Puis, l'abbé de POMPONNE, qui sera Ministre de Louis XIV, va encore
modifier le château ; il fera construire le pont, aménager les jardins
avec des terrasses, un grand potager et un verger ; il fera surélever
le corps de logis d'un toit à la Mansart avec de nombreuses lucarnes
de pierre. Son influence sur Vic-sur-Aisne sera importante. Une
Fondation Pomponne sera d'ailleurs créée qui déploiera une grosse
activité pour aider la population. Les habitants ayant à l'époque
un excellent souvenir de l'abbé, on peut penser que le château n'a
pas été détruit à la Révolution grâce à l'action de l'abbé de Pomponne,
et à la façon dont était perçu le château au niveau du village.
Un autre abbé succèdera à Pomponne, le cardinal de BERNIS. En réalité
l'abbé de BERNIS (puisqu'il a commencé comme cela) qui est un abbé
qui fréquente un peu tous les salons parisiens finira par présenter
La Pompadour à Louis XV. Il fera même un peu son éducation (il est
de descendance noble) car il faut qu'elle soit présentable pour
Louis XV.
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Il sera Ambassadeur à Venise, grâce à La Pompadour, en remerciement.
Il rencontrera là-bas Casanova qui lui colle aujourd'hui à la peau
l'image d'un abbé pas très sérieux et, en revenant de Venise, il deviendra
Ministre des Affaires Etrangères de Louis XV. Suite à une forte dispute
au sujet de la guerre de 7 ans entre l'Autriche, la Prusse et le choix
que devait faire la France, il y aura un désaccord entre Louis XV
et La Pompadour d'une part, et l'abbé de BERNIS d'autre part. On lui
demandera de retourner dans l'abbaye qu'il a à Metz. Il fera alors
l'échange avec un autre abbé d'abbaye pour pouvoir rester près du
pouvoir plutôt qu'à Metz où il se serait morfondu. Il restera à Vic
deux ans avec ses nièces et commencera ses mémoires. Il n'aimera pas
particulièrement Vic en fait. Ce qu'il souhaite surtout c'est être
un homme de pouvoir, être près de la Cour. Au château de Vic, il s'ennuie
un peu tout seul, tout ce qu'il veut c'est retourner à la Cour. Il
finira par y retourner. Il sera nommé Archevêque d'Albi puis, presqu'aussitôt,
Cardinal, Ambassadeur du Roi à Rome auprès du Saint Siège. Il y vivra
très longtemps et sera un grand modèle d'Ambassadeur car ce fut un
homme assez exceptionnel.

Pendant que le Cardinal est à Rome, la révolution arrive. En 1789
il n'y a pas vraiment d'habitant dans le château. Il sera confisqué
comme bien national et vendu. Il ne sera pas détruit. Jean-Baptiste
CLOUET qui est Intendant des Poudres et Salpêtres achète alors le
château avec les fermes qui sont autour et y reste avec sa famille
jusqu'en 1945 à peu près. Le château sera embelli et très bien entretenu.
C'est Jean-Baptiste CLOUET qui va remplacer la grande toiture à la
mansart par un premier étage, et
qui fera démolir la chapelle de Sainte Léocade (alors en très mauvais
état). Le château échoit à son cousin le Vicomte de REISET qui l'embellit
d'un fronton.
Pendant la Guerre de 1914-1918, le château de Vic est le Quartier
Général de Franchey d'Esperet. Vic est une ville de garnison ; le
front n'est qu'à 2 kilomètres (le château a reçu 3 boulets, des parties
ont été refaites, des obus sont tombés dans les douves). L'armée est
partout et tous les généraux, Pétain, les politiques viennent à Vic
de temps en temps pour se réunir. Pierre Lotti, rapporteur des armées
françaises, vint très souvent au Château de Vic. Le Château fut vidé
de ses meubles en 1915 et 1916.
Pendant la guerre de 1940, il a été occupé par les Américains de
façon assez courte ; ils ont malheureusement détruit pas mal de
choses, en particulier la bibliothèque. La famille REISET le vendit
après la guerre.
En 1960, un projet de transformation du château en maison de retraite
est élaboré. Le père du propriétaire actuel aimant beaucoup ce château
l'achètera la même année pour y habiter et ce projet ne verra pas
le jour. Ses 7 enfants, propriétaires actuels, sont tous très concernés
par la restauration et la conservation de ce patrimoine.
ARCHITECTURE

Le donjon :
Il se présente, à l'extérieur, comme un rectangle cantonné de tours
à trois de ses angles. Sa hauteur est d'environ 25 mètres. L'épaisseur
des murs à la base est de 2 mètres et s'amenuise en hauteur. Construit
dès le 8ème siècle en bois et terre sur des fondations de pierre,
il sera reconstruit entièrement en pierre au 12e siècle. A la fin
du 9e siècle, le donjon joua un grand rôle militaire arrêtant l'invasion
normande vers Soissons. Au 15e siècle sont ajoutées la tour d'escalier
et les fenêtres renaissance à meneaux,
encore visibles sur la face sud-ouest. En 1602, il perd son aspect
militaire, et prend l'allure d'aujourd'hui avec ses fenêtres à bossage
et ses lucarnes.
Des tours furent détruites (une au nord-est dont il n'existe plus
rien et une au sud-est dont il reste une partie mais qui a été restaurée
au 19e siècle).
A l'intérieur, les trois étages se présentent de façon comparable
: une grande salle au centre, des petites salles dans les tours. Les
plafonds sont remarquablement décorés ; il n'est pas sûr que les blasons
peints sur les poutres représentent ceux des différentes familles
ayant habité le château.
Le château :
La plus belle façade du château donne sur le parc. Surmontée d'un
superbe fronton du 17e siècle représentant la Force et le Courage
entourés d'attributs guerriers soutenant un double blason (Reiset-Cambourg),
elle se présente un peu en retrait entre ses deux tours carrées et
massives.
Un perron monumental décoré de robustes balustrades et de grands vases
en pierre donne accès au château. Il date de la construction du corps
de logis en 1599. La grande terrasse est séparée des douves sèches
par des grilles en fer forgé du 17e siècle. Deux sphinges majestueuses
(l'une a été détruite par un éclat d'obus en 1914) gardent en avant
les degrés qui descendent au jardin
à la française , attribué à Le Nôtre.
LE PARC
Près de l'entrée du donjon se trouve une borne romaine qui date de
l'époque de Caracalla (214 après JC) ; elle se trouvait sur la voie
romaine qui allait de noyon à Soissons. Le gué de la rivière était
à Vic-sur-Aisne et cette borne fut transportée ici au 17e siècle dans
un souci de conservation.
LE CHATEAU EN COURS DE RESTAURATION
Le donjon étant classé aux Monuments Historiques et le château, les
communs et le parc étant inscrits à l'Inventaire Supplémentaire, les
propriétaires ont obtenu des subventions qui ont permis en particulier
de refaire la toiture du donjon et une partie des communs. 
Leur but est de remettre le donjon dans son état de 1602 (date qu'ils
ont choisie et qui correspond à un marché de travaux dont existe encore
la description ; de même, tous les marchés de travaux qui concernent
les mutations du château au fil des ans sont conservées).
Quand ils ont commencé à restaurer le château en 1989, les premiers
travaux ont concerné la réfection du pigeonnier. De 1990 à 1994,
réfection de la toiture des communs ; de 1995 à 2003, réfection
de la toiture du donjon. Ils commencent à restaurer les menuiseries
du donjon. Les restaurations sont également possibles grâce aux
personnes qui, par leurs locations, aident au financement de la
restauration de l'ensemble architectural.
Les anciennes écuries sont louées au syndicat d'initiative.
VISITES
Pour les individuels : tous les dimanches et jours fériés du 1er
juin au 30 septembre, de 15 heures à 18 heures.
Pour les groupes (plus de 20 personnes) : toute l'année sur rendez-vous
en téléphonant au 03 44 40 25 41.
Spectacles de marionnettes : pour les groupes scolaires.
Renseignements à l'Office du Tourisme de Compiègne au 03 44 40 01
00.
Les salons du rez-de-chaussée sont loués pour des réceptions et
des séminaires (renseignements au 03 23 55 04 60).
site
internet
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès des propriétaires.
Plan de situation :
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