 |
HISTORIQUE
Deux principales seigneuries se partageaient le territoire de Vensat
: celle de La Font et celle de VILLEMONT, chacune avec un château.
VILLEMONT était à l'origine un modeste domaine qualifié
au début du XVIème siècle de "Maison,
motte,
fossé, basse cour de Villemont". Il dépendait
du Comté de Montpensier appartenant alors au Connétable
de Bourbon et fut confisqué par François 1er qui fit
alors payer au Connétable le prix de sa trahison. Echu à
Michel de VEYNY neveu du Chancelier Duprat, il restera dans la même
famille (descendance par les femmes) jusqu'à sa vente en
1958, un peu avant l'incendie qui le détruira (VEYNY : noblesse
de haute chevalerie originaire d'Italie, du duché de Parme,
où elle est connue dès le 12ème siècle
; branche passée en Auvergne en 1333 ; elle fut substituée
en 1475 aux nom et armes d'ARBOUSE par mariage de marie d'ARBOUSE
(dame de Villemont, descendante de Thibaut d'ARBOUSE, seigneur de
Villemont) en 1169 avec Antoine de VEYNY, seigneur de Fernoël.
La première construction importante est donc l'oeuvre de
Michel de VEYNY.
C'est alors un bâtiment en L, flanqué sur sa façade,
orientée au Sud, de 2 tours coiffées de toitures coniques.
Au sud toujours sont des jardins à la française tandis
qu'au nord partent des allées cavalières en étoile.
Il s'agit d'une maison richement meublée (tapisseries, lits
à colonne, objet d'orfèvrerie, décors en cuir
doré) qui recevra, en1566, la visite du roi Charles IX accompagné
de sa mère, la reine Catherine de Médicis et du Chancelier
Michel de l'Hospital.
Les VEYNY, propriétaires de Villemont, prospèrent tout au long du
XVIIème siècle, s'illustrent dans les armées, l'Eglise et se font
pourvoir de père en fils à la charge de bailli de l'ancien comté
devenu duché de Montpensier. La seigneurerie de Villemont est érigée
en marquisat, en 1720 par le régent. En 1740, elle appartient à
Gilbert de Veyny " Mestre de Cavalerie" et constructeur du château
actuel dont la légende veut qu'en disgrâce de la cour de Louis XV
il aurait fait édifier l'ensemble immense que l'on connaît aujourd'hui
pour y loger son régime.
Selon la méthode préconisée à l'époque par l'architecte Philibert
Delorme pour étendre et régulariser un édifice médiéval, il fait
agrandir en la développant la facade sud ; le grand corps de logis,
débarrassé de sa tour Ouest, démolie, est allongé et une autre tour
identique à celle conservée à l'Est est construite à l'extrémité
; une aile Ouest est édifiée, à l'arrière, à l'identique de l'aile
Est existante. Les communs, grandioses, ont été ensuite réalisés
avec un ordonnancement en fer à cheval enfermant une grande cour
d'Honneur ; des avenues bordées de 4 rangs de noyers sont tracées
en étoile autour du Château ; les marais avoisinant sont assainis
par des canaux.
 |
RESTAURATION

La Révolution et le début du XIXème siècle correspondent à une période
de déclin au cours de laquelle les héritiers de Gilbert de Veyny
se déchirent en un procès successoral qui ne se terminera qu'en
1846. Pendant tout ce temps, mal entretenu, le château se dégrade.
C'est seulement dans la seconde moitié du XIXème siècle
qu'est engagée une restauration très importante :
de cette époque datent tous les décors en stuc (encadrements
de fenêtres et portes, ailerons de lucarnes, balustrades de
balcons, frises en relief surlignant les arcs, médaillons
et bustes de la façade, etc...).
 C'est
aussi à ce moment que les toits des tours sont refaits à
la mode médiévale : en poivrière,
tandis que, la construction du XVIIIème les avait réalisé
plus élégamment en forme de dômes à lanterne.
Après le déclin des décennies post révolutionnaires et la reprise
puis la splendeur du XIXème siècle, vint une seconde période, si ce
n'est de délaissement, du moins d'entretien minimum.
Après qu'une tentative de Classement de Villemont ait échoué au début
des années 1950 (le classement actuel est de fin 1974), ses propriétaires
cherchèrent à s'en séparer. S'est alors présenté parmi les acquéreurs
intérressés, un citoyen belge soit disant mandaté par des associations
caritatives et soucieux d'installer dans les lieux un centre d'accueil
pour enfants défavorisés. La vente fût faite à son profit à la fin
du mois de mai 1958 par la propriétaire, héritière descendante directe
des VEYNY. Le principal acte d'administration de ce nouveau propriétaire
fut d'assurer le château à une forte valeur (le coût de la reconstruction)
puis d'installer un échafaudage sur la Tour Ouest, de recommencer
à faire repeindre le crépis par un maçon de Gannat.

|
 |
Mais, à peine, un mois après
la vente, dans la nuit du 3 au 4 juillet 1958, le château
s'embrasait de toutes parts. L'origine criminelle de cet incendie
est avérée : on a retrouvé 6 ou 7 départs
de feu. Toutefois, ni l'enquête de Gendarmerie, ni l'instruction
pénale qui a suivie, pendant 2 ans, ne permetteront
de retrouver l'incendiaire ! L'heureux propriétaire
belge percevrera donc sa coquette indemnité d'assurance
avec laquelle il n'estimera pas devoir reconstuire...
|
Pourtant le soir de l'incendie, les pompiers constatant que le château
lui-même était perdu ont tout fait pour préserver les communs attenants
de l'extension du feu. C'est ainsi que temporairement certes - la
chapelle d'un coté et la cuisine de l'autre- ont pu être préservées.
Mais il en était définitivement terminé des parquets Versailles, de
ceux à décors étoilés en bois exotiques d'essences différentes, de
la bibliothèque en citronnier et en ébène, des trumeaux et autres
boiseries, des gypseries ornant les murs, tous envolés en fumée dans
la nuit chaude d'un triste été auvergnat...
Livrés à la végétation, les bâtiments seront rapidement la proie d'un
extraordinaire développement de lierre et de diverses plantes grimpantes.
Des arbres poussent en étage des communs, au dessus des voutes, dans
les décombres formés par les bois de charpente et débris de toiture.
Une gangue végétale s'empare des lieux, enveloppe les bâtiments jusqu'à
les ensevelir sous un épais manteau de verdure.
 
La grande cour d'Honneur, quant à elle, disparait, sous un
véritable bois taillis. Des troncs d'érables, de chêne,
de sureau atteignent vingt à trente cinq centimètres
de diamètre. En bref, la nature s'installe et est en passe
de reprendre à jamais possession de ces lieux marqués
d'histoire. Pour autant il n'en sera pas fini de cet ensemble merveilleux
et unique. Après une période d'agonie un espoir réapparaîit
en 1995 : une opération de sauvegarde est entreprise qui permettra
la renaissance de ce joyau du XVIIIème Auvergnat. Pendant près
de 40 ans, depuis l'incendie du 4 Juillet 1958 qui a emporté
le Château proprement dit, l'ensemble du site a été
abandonné aux caprices de la nature et a sombré dans
un état de ruines avancé.
En 1992, en vue de sa revente après une très longue
période de total abandon, le propiétaire d'alors décide
de faire couper le bois taillis qui a pris possession de la grande
cour d'honneur. Les arbres sont alors abattus, sans soin, les troncs
et bois "commercialisables" récupérés,
les autres laissés sur place. La végétation du
sol retrouvant la lumière, d'innombrables repousses repartent
au milieu des ronces et plantes de toutes sortes. En cet état,
en septembre 1995, lorsqu'a commencé la reprise, les premiers
efforts ont porté sur le débrousaillage.
Puis il a fallu brûler tous ces bois, dessoucher, arracher les racines
qui s'étaient incrustées partout en terre, débarrasser les lieux de
ces centaines de mètres cubes embarrassants. A cette occasion, on
découvrit que la cour d'honneur était entourée d'un pavage régulier,
malheureusement malmené par le travail racinaire de toute la végétation.
Il put néanmoins être dégagé à plusieurs endroits. Ensuite toute la
végétation hostile a été éradiquée (1995 à 1999). Il a été substitué
au fouillis des ronces, arbustes et lierres envahissants un gazon
qui favorise la mise en valeur des bâtiments et l'entretien des abords.
La phase de sauvetage de Villemont étant maintenant bien avancée,
à tout le moins pour les communs, la question était
posée de savoir par quelle partie débuter la restauration
proprement dite.
A partir de 1997, le choix fut rapidement fait de privilégier
les bâtiments qui ont le mieux résisté aux outrages
du temps et aux agressions de la nature : il s'agit évidement
des communs, seules parties encore couvertes malgré ces décennies
d'incurie.
C'est ainsi que les premiers travaux porteront sur la charpente et
la couverture du pavillon d'entrée. Depuis, les travaux se sont poursuivis
notamment en décembre 2001. La première préoccupation fut immédiatement
de stopper l'hémorragie destructice des bâtiments et de préserver
l'existant. Ainsi le gros oeuvre, débarrassé de la chappe de végétation
qui le recouvrait est-il peu à peu recouvert de tôles pour le doter
d'un parapluie efficace. Grâce à l'aide de la DRAC (Conservation du
Patrimoine) et au concours de l'Architecte des Bâtiments de France,
mois après mois, des fermes provisoires recouvertes de tôles sont
venues remplacer les toits d'origine pour protéger les bâtiments des
intempéries.

mur d'enceinte extérieure
rénové
|
 |

hémicycle intérieur
de ce même mur d'enceinte en cours de rénovation
|
Les travaux sont réalisés pour partie par l'association elle même,
mais le plus souvent par des entreprises, notamment de l'Allier mais
surtout de RIOM - Puy de Dome. Il est aussi fait appel à des chantiers
de jeunes bénévoles internationaux. Puis viendront, dans les années
à venir, les maçonneries, charpente et couverture complètes des hémicycles
et des granges contigües.
|
|
 |
Volontairement, la restauration évitera les finitions
(enduits et décors en stuc caractéristiques
de la rénovation du XIXème) pour éviter
que leur réalisation en plusieurs étapes ne
nuise à la nécessaire uniformité d'aspect
qui devra être recherchée pour une mise en oeuvre
unique en fin de travaux.
L'avenir du château lui même est encore réservé.
La reconstruction nécessiterait de très importants
moyens. Mais peut on envisager cet ensemble, d'ampleur et
d'un rare ordonnancement régulier et symétrique
privé, de ce qui en est le noyau central ?
L'intérieur restauré
sous Louis XV renfermait un grand nombre de tableaux et portraits
historiques : ceux de Madame de Maintenon, de la Duchesse
d'Orléans, abbesse de Chelles, de plusieurs membres
de la famille de Colbert et des Clermont-Tonnerre.
|
La destruction du mobilier du château de Villemont a privé l'histoire
de la basse Auvergne d'un ensemble inestimable.
VISITES
Le château de Villemont est inscrit à l'Inventaire Supplémentaire
des Monuments Historiques; les communs eux, sont classés Monuments
Historiques.
Visite de l'extérieur uniquement. Le site étant dangereux du fait
du risque de chute de pierres, il est conseillé de rester à distance
raisonnable des bâtiments.
CONTACT : Monsieur de
Rocquigny
tél (heures de bureau) :
04 73 38 02 48
Château
de Villemont |
|
 |
Les informations contenues dans ce reportage ont été recueillies
auprès des propriétaires.
|
 |