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Monument classé
:
Le choix de l'architecte est imposé si l'édifice appartient
à l'Etat.
C'est l'architecte en chef des monuments historiques (ACMH)
qui recevra la
demande
du propriétaire pour la reconstruction ou la restauration
(selon l'état du bien) à l'identique.
Il va alors faire une étude préalable qui consiste
en un diagnostic général du bâtiment,
selon les phases suivantes :
Tout d'abord la partie administrative :
diagnostic
historique : évolution du bâtiment, ses fonctions
(château, prison, couvent au fur et à mesure
des années par ex.), ainsi que l'évolution architecturale,
rajout de telle ou telle partie, démolition de telle
autre,
diagnostic
pathologique qui permet de savoir quel est l'état du
bâtiment, quelles sont les parties qui risquent de s'effondrer,
diagnostic
financier : étude des coûts par rapport aux différentes
possibilités pour réaliser les travaux.
Puis la partie graphique :
diagnostic
photographique : un relevé général du
bâtiment est réalisé, en photos, sous
tous les angles (intérieurs, extérieurs) ; des
photos aériennes peuvent être précieuses
; de même que des photos anciennes à rajouter
à côté en juxtaposition pour avoir l'état
du bâtiment précédent.
Et en dernier lieu, l'établissement des documents
graphiques proprement dits, c'est-à-dire les plans,
l'architecte faisant un relevé complet du bâtiment,
en proposant une ou plusieurs restaurations ou parfois plusieurs
plans à une échelle 1/100ème :
plan
d'état des lieux
plan
d'étaiement
premier
plan de phasage (qui propose et détaille les différentes
phases de reconstruction du château -ordre logique des
travaux-).
projet
de restauration finale : jusqu'où est-on prêt
à aller (complète restauration ou bien réparation
et restauration partielle ?).
Cette étude préalable est soumise à la
Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC),
au service de la Conservation Régionale des Monuments
Historiques, donc à la partie analyse du dossier.
Les conservateurs, faisant partie du service qui attribue
l'inscription et le classement des bâtiments, vont juger
l'étude préalable et c'est la DRAC qui décidera
du phasage et du parti de restauration à adopter (jusqu'où
pousser la restauration, ou restitution, etc
).
Une fois cette étape franchie, un Projet Architectural
et Technique (PAT) est commandé à l'architecte
des Monuments Historiques. Ce projet reprend brièvement
l'historique ; par contre, il explique très précisément
le choix retenu par la DRAC. L'architecte établira
des plans à une échelle plus importante, en
général au 1/50ème (ou 1/10ème
pour les détails) , ceux-ci étant directement
utilisables par les entreprises.
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Une fois que son projet est approuvé, l'architecte
l'envoie à la DRAC qui établit un Dossier de Consultation
des Entreprises. Un chiffrage très précis est alors
effectué, contrairement à la première partie
où il y avait un chiffrage très grossier. Aux pièces
du Projet Architectural et Technique sont rajoutées toutes
les pièces administratives : Cahier des clauses administratives
particulières, Acte d'engagement
Les dossiers de réponse des entreprises sont examinés,
(prix, compétences techniques). Un marché est signé
avec les entreprises retenues et les travaux peuvent commencer.
L'architecte et la DRAC, en partenariat, suivent ces travaux et
les réceptionnent (et non pas le propriétaire).
La DRAC ayant une mission de contrôle, tous les financements
passent par elle, même si le propriétaire effectue
lui-même le règlement. Les architectes, travaillant
en partenariat avec un vérificateur des Monuments Historiques
privé (mandaté par l'Etat pour vérifier les
comptes), chaque bordereau de prix sera envoyé en même
temps à l'architecte et au vérificateur. C'est ce
dernier qui donnera son accord. Il y a donc une double vérification.
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Monument inscrit :
Le propriétaire peut faire appel à un architecte de
son choix, qui ne sera pas forcément un architecte des bâtiments
de France. Celui-ci va monter un dossier classique de plans, de
devis d'entreprises...
L'architecte choisi va expliquer son point de vue architectural, historique
et déontologique concernant la restauration (pourquoi on va
remettre deux fenêtres au milieu, pourquoi on refait la voûte,
pourquoi on ne fait pas un plancher en bois etc.). Par contre, l'architecte
des bâtiments de France interviendra pour donner un 2ème
avis et proposer des subventions. Cette proposition sera ensuite soumise
à la DRAC qui, après examen du dossier, définira
le montant de la subvention à accorder (le tarif est toujours
calculé en pourcentage du coût des travaux, et non pas
forfaitairement).
Les travaux sont suivis par un architecte inscrit à l'ordre
des architectes, choisi librement, qui surveillera l'exécution
des plans et le chantier en lui même. L'architecte des bâtiments
de France vérifiera que l'on respecte bien ce qui a été
prévu tant au niveau de la mise en uvre (matériaux,
coloris, etc
) qu'au niveau des tarifs (afin d'éviter
tout débordement, les subventions étant calculées
sur une base donnée !).
Subventions :
Pour un monument inscrit, le montant des subventions peut aller de
0 % à 60 % (très rare). La moyenne sera plutôt
de 30 % du prix des travaux.
Pour un monument classé, son montant peut atteindre 40 à
100 %.
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