AUTRES CORPS DE METIERS



ERAMISTE, c'est d'abord affirmer sa maîtrise sur les éléments : la terre (par extraction des argiles), l'eau qui sert au façonnage, l'air permettant le séchage et la conduite du feu pour la cuisson. Le céramiste est donc expert dans l'art du façonnage et de la cuisson de poteries, celles-ci étant fabriquées avec des argiles d'inégale pureté (humidifiées, additionnées de sable, quartz, grès...) modelées puis durcies au four. Chaque étape de son travail nécessite une réflexion sur le choix des matériaux de base (faïence, grès ou porcelaine), sur le mode de préparation et les techniques de fabrication, sur la variation des décors et la conduite des cuissons. Le céramiste peut appréhender la recherche de son art dans une perspective historique. Etre céramiste c'est faire oeuvre d'artiste, d'artisan et de fabricant ; c'est aussi évoluer dans un univers ambivalent, la céramique désignant autant l'art qui la sous-tend que la matière ou l'objet issu de sa cuisson. C'est enfin s'inscrire dans le cycle de la vie des objets (création, reproduction, restauration) et ceci à des fins artistiques, décoratives et utilitaires.




OUVREUR : dernier élément de la construction avant le ciel, ayant pour fonction de protéger les hommes et d'abriter leurs trésors, les toitures, en alliant la résistance et la légèreté, affirment souvent l'élégance et le style de l'édifice. Tuiles cannelées ou ardoises, bardeaux de bois ou chaume, pierres de lave, cuivre, plomb ou zinc... ; avec maîtrise et équilibre, les couvreurs restaurent élément par élément une oeuvre à ciel ouvert. Ils se font un devoir de retrouver les matériaux traditionnels et régionaux, bien adaptés aux particularismes climatiques, comme savaient si bien le prévoir leurs prédécesseurs. Constituants fondamentaux de la construction, les formes de toits et leurs pentes témoignent de la spécificité des architectures régionales. Ornements subtils de faîtage, compositions décoratives en tuiles colorées sont également l'apanage des couvreurs hautement qualifiés. Les toitures aux formes audacieuses, aiguës ou arrondies, les toits à lucarnes, flèches, tours, tourelles coiffent avec grâce nos églises et nos châteaux et plus généralement notre patrimoine monumental.




OREUR SUR BOIS, DOREUR A LA FEUILLE : le doreur donne aux objets leur embellissement, leur rend leur éclat d'autrefois en appliquant un revêtement de feuille d'or. La dorure s'applique à différents supports : le bois (cadres, sièges), le staff (décors de plafonds, corniches), le métal, le bronze. La réalisation de la dorure passe par plusieurs étapes. Les principales sont l'apprêt, la reparure, la dorure, les finitions. Mais auparavant il sera nécessaire de procéder au nettoyage de la pièce. L'apprêt consiste à reboucher les imperfections du bois ; la reparure sert à reproduire les détails de la sculpture ; la pose de l'"assiette" dorée qui déterminera le ton de la dorure précède la pose de la feuille d'or avec un pinceau. Puis intervient la finition, le "brunissage", le "matissage". Le doreur peut travailler en atelier (il en existe une quarantaine en France) ou en indépendant. Son domaine d'intervention est assez vaste, sa clientèle est surtout composée de collectionneurs privés, des musées, des commandes publiques comme les Monuments Historiques (dôme des Invalides). Il travaille essentiellement pour la restauration. Toutefois, la dorure peut aussi s'appliquer à des techniques nouvelles puisque certains artistes l'associent au verre. En final, la dorure consiste à poser des feuilles d'or sur un meuble. La feuille d'or de un micron d'épaisseur est si fragile que le simple souffle de l'artisan peut l'endommager gravement. Par ailleurs, ce parement d'une extrême fragilité ne peut être appliqué, et avec quelles précautions, que sur un support adapté. Il serait impensable de coller des feuilles d'or directement sur le bois car elles en épouseraient les moindres défauts. Il faut donc enduire le meuble avec des couches successives d'apprêts spéciaux (on en compte une douzaine en moyenne). Chaque série d'apprêt doit être séchée, poncée, rebouchée et remodelée. Un travail d'une grande précision qui demande du doigté. La dorure exige des produits spécifiques dont certains ont un nom qui évoque le Moyen-Age et les alchimites : on parle du blanc de Meudon, du bol d'Arménie, de chienner l'assiette, etc. des termes qui dénotent un jargon de métier. Ces termes demeurent car les progrès techniques n'ont fait qu'effleurer ces tours de main particuliers. On n'a pas encore trouvé plus adapté que ce blanc ni cette colle de peau de lapin utilisée depuis toujours.




ISSIER-TAPISSIER : la tapisserie, ouvrage textile réalisé à partir d'un carton (modèle établi généralement à partir d'une peinture) est un terme générique appliqué à des travaux qui en réalité se distinguent par leur technique, leur aspect, leur destination. La tapisserie proprement dite est un tissage réalisé à la main sur un métier dans lequel le fil de travail est un fil de trame coloré, passé à la navette entre des fils de chaîne tendus sur le métier soit dans le sens vertical (haute lice) soit dans le sens horizontal (basse lice). Le décor est effectué en même temps que le tissu, le tissage étant exécuté sur l'envers, le lissier voyant l'endroit grâce à un miroir placé en face de lui. La conservation et la restauration de tapisseries anciennes chargées d'histoire et d'humanité constitue une oeuvre prestigieuse pour les lissiers désireux de participer à la sauvegarde dont la valeur artistique et culturelle est universellement connue. Depuis des siècles, cet art utilise les mêmes outils, les mêmes matériaux et les mêmes techniques de base.

RNEMANISTE : l'ornemaniste est un dessinateur, peintre, ou sculpteur dont l'oeuvre consiste en modèles et recueils d'ornements. La grande période de l'ornemanisme couvre les XVIIème et XVIIIème siècles. Autrefois, l'ornemaniste ne réalisait que les projets, dessins aquarellés, cartons de tapisseries. A présent, il doit être totalement polyvalent et assurer le projet et la réalisation. L'ornemaniste, comme son nom l'indique, orne de sculptures les meubles, armoires, buffets, commodes réalisés en chêne massif par les ébénistes. Un ornemaniste peut travailler sur bois massif, pierre, staff ou sur terrre cuite. Ce qui est primordial, c'est que le support soit poreux afin que les apprêts posés par la suite accrochent bien. Ce métier requiert la maîtrise de la dorure et polychromie, de nombreuses connaissances en histoire de l'art, peinture, dessin, une innombrable documentation. Lors d'une restauration, il faut parfois refixer tout le système d'encollage ; la colle est réinjectée avec des seringues et parfois, on utilise des spatules chauffantes. Ensuite, il faut nettoyer les dorures ou supprimer d'éventuels surpeints. On ne peut se contenter d'à peu près car la feuille d'or posée en phase terminale n'a que trois microns d'épaisseur. Le principe consiste à déposer une colle mélangée à divers produits ; les artisans qui travaillent à l'ancienne utilisent des colles biologiques qui possèdent une qualité essentielle, celle d'être réversible. La réversibilité permet d'enlever ce qui a été fait pour recommencer une nouvelle restauration. L'ornemaniste utiliste la colle de peau de lapin.




EINTRE-DECORATEUR : le peintre en décor appartient au monde de la construction et du bâtiment. Relèvent de son domaine professionnel des travaux décoratifs destinés à transformer, au moyen de techniques spécifiques que l'on désigne sous le terme générique de peintures, un édifice, maisons individuelles, immeubles, palais, lieux publics, lieux de commerce, mais également les objets mobiliers qui font partie de notre cadre de vie (meubles, objets, sculptures, panneaux, etc.). Ce décorateur spécialisé s'exprime essentiellement par la couleur dont il connaît les infinies possibilités et dont il tire des effets étonnants pour en habiller toutes sortes de supports (surfaces murales de grandes dimensions, surfaces réduites des éléments d'architecture ou surfaces plus délicates des objets mobiliers). Art à la fois monumental et coloriste, la peinture décorative se définit comme la maîtrise d'un décor. Le peintre en décor s'investit dans la création et la réalisation de compositions décoratives peintes sur des supports constitués de matériaux les plus divers. Ses peintures sont excécutées après une préparation soignée de ces fonds existants, élaborées dans les techniques traditionnelles et contemporaines du décor peint. La reproduction de décors anciens relève également du savoir-faire du peintre en décor ; en effectuant des "raccordements" d'après le modèle existant il participe à la restauration de ces décors fragmentaires.




TAFFEUR - ORNEMANISTE : corniches, moulures de style, plafonds unis ou ornés, le staffeur ornemaniste est un artisan d'art du bâtiment capable de réaliser des éléments de décoration en staff pour transformer un intérieur ou restaurer une construction ancienne. A partir de dessins, il réalise des moules et des formes. Le staff, versé dans le moule, prend la forme voulue. Après séchage, l'épreuve démoulée est prête à être posée. Il doit faire preuve d'ingéniosité, d'astuce pour réaliser des formes variées comme des coupoles, des rosaces. Il travaille souvent avec des architectes et des décorateurs. Il doit faire preuve de perspicacité et avoir un sens artistique développé. Des connaissances en histoire de l'art sont nécessaires pour s'adapter aux différents styles de décoration.




APISSIER D'AMEUBLEMENT : c'est l'héritier des artisans qui, du XVIème au XIXème siècles garnissaient les bergères, voltaires, fauteuils crapauds et autres "commodités de la conversation". Aujourd'hui, le tapissier travaille d'autres tissus que la soie et la tapisserie, mais aussi la mousse, l'ouate, le cuir pour habiller canapés lits et fauteuils. Il peut aussi poser des voilages, tendre des tissus muraux ou revêtir sols et plafonds. Le tapissier décorateur comme son nom l'indique crée un décor et coordonne les habillages des murs et des accessoires (voilages, coussins, parures de lit). Il peut travailler avec un architecte d'intérieur à la décoration d'appartements, d'hôtels, de bureaux... En plus de ses compétences techniques qui demandent patience et habileté manuelle, il lui faut un sens relationnel pour s'adapter et traduire la demande de clients divers et il travaille aussi avec les ébénistes et les décorateurs.



Source : Centre de Documentation de la SEMA (Société d'Encouragement aux Métiers d'Art)