LES METIERS DU BOIS


HARPENTIER : Le charpentier intervient dans la conception et la construction de structures constituant l'ossature principale ou secondaire d'ouvrages en bois. Fervent du travail en équipe, en hauteur et en extérieur, le charpentier maîtrise aussi bien le dessin (le trait et DAO), le calcul (CAO), la géométrie dans l'espace que l'utilisation d'outillages à main, de machines-outils, d'engins de levage et de manutention. Les activités du charpentier sont multiples mais l'essentiel demeure la construction et la réalisation de charpentes. Le charpentier bois pose également certains revêtements intérieurs ou extérieurs tels que des escaliers, des planchers, des revêtements de façades comme pour des chalets de montagne. Il restaure aussi des colombages pour des maisons anciennes. Le choix d'une qualité de bois, matière vivante, la précision dans le façonnage des éléments, la qualité des assemblages selon un savoir-faire traditionnel ne peuvent être garantis que par des entreprises et des hommes capables de retrouver les gestes du passé en appliquant les technologies d'aujourd'hui. En France, l'abondance du bois et particulièrement du chêne, a favorisé le développement des techniques de charpente dont l'évolution fut remarquable au cours des siècles. Les charpentiers ont pu affirmer leurs talents dans le dessins des flèches, beffrois, voûtes et escaliers.




BENISTE : l'ébéniste fabrique des meubles et panneaux en bois massif ou plaqué, à l'unité ou en petit nombre. Ces meubles peuvent être de style ou des créations contemporaines. Maître d'oeuvre, il assure les différentes étapes de fabrication : choix du modèle et du bois, sciage et corroyage, réalisation des assemblages et du décor, montage. La finition du meuble est parfois confiée à un artisan spécialisé : marqueteur, monteur en bronzes, sculpteur sur bois, doreur. Depuis une trentaine d'années, l'évolution du secteur de l'ameublement a conduit à une spécialisation du métier d'ébéniste. Celui-ci fabrique davantage de meubles devant incorporer un ensemble existant que des pièces entières (salon, chambre, salle à manger...). En deuxième lieu, la restauration de meubles anciens est devenue une spécialité notamment grâce à l'apparition de nouvelles techniques. Enfin, l'émergence de l'agencement est un nouveau créneau porteur. A l'origine, au début du 17e siècle, les ébénistes furent désignés sous l'appellation de menuisiers en ébène ou menuisiers ébeyniers car ils exécutaient les techniques d'assemblage des différentes pièces de bois massif nécessaires à la construction des meubles à l'instar des menuisiers. Ils se distinguaient de cette corporation par l'utilisation très particulière de bois exotiques nouvellement importés en Europe, dont le plus couramment employé était l'ébène. Ils débitaient ces bois précieux sous forme de plaques minces qu'ils appliquaient et fixaient par collage sur toute la surface du meuble. En multipliant les effets décoratifs, cette technique de placage ouvrit des perspectives nouvelles définissant ainsi la spécificité du métier d'ébéniste.

ESTAURATEUR DE MEUBLES : le restaurateur de meubles doit être capable de rendre son aspect d'origine à une commode, un buffet, une table basse quels qu'en soient le style et le bois. Son champ d'action est vaste. Avant toute autre chose, l'artisan restaurateur procède à un examen complet du meuble à restaurer. Il note les caractéristiques du meuble comme l'époque, le bois... Il peut également se documenter sur l'artisan qui a fabriqué le meuble. Les signatures de quelques artisans de renom sont connues (Boulard, Bellangé) mais pas toutes ; ce travail documentaire peut lui apporter un éclairage sur la façon de procéder. Le restaurateur travaille en étroite collaboration avec les autres spécialistes du domaine de l'ameublement comme le sculpteur, le tourneur... Il doit effectuer la restauration tout en respectant le principe de réversibilité : aucune de ses interventions ne doit être irrémédiable. Son travail ne doit pas être un obstacle à une prochaine restauration. Le restaurateur intervient pour préserver les meubles. Pour cela il doit les étudier, diagnostiquer le mal, trouver le remède. Il peut selon les besoins intervenir à différents niveaux, reconstituer un élément, le remplacer ou démonter et remonter l'ensemble du meuble. Il travaille aussi bien sur des pièces d'assemblage que sur le décor (placage, marqueterie) que sur une pièce qui viendra colmater un trou. Comme dans les autres domaines de la restauration, le restaurateur de meubles doit travailler dans le respect de l'objet en tenant compte de son style, des matériaux employés, des coloris. Il est demandé au restaurateur d'avoir des connaissances en ébénisterie traditionnelle, l'ornementerie, la marqueterie et l'histoire de l'art.




CULPTEUR SUR BOIS : le sculpteur sur bois applique son art à tous les types de mobilier, boiseries, architecture intérieure. Le plus souvent en liaison avec l'ébéniste, il travaille le bois qui fait naître l'ornement dans des travaux de création ou de restauration de mobilier ancien. Ce métier nécessite un excellent niveau en dessin, histoire de l'art, connaissance de l'ornement. Le sculpteur doit allier un grand sens artistique, une excellente habileté de la main et une solide culture des arts décoratifs. Son métier consiste à réaliser par relèvement de matière, des reliefs et des formes dans l'espace. La sculpture sur bois était très présente dans les intérieurs des siècles passés sous forme d'ornements sur des meubles, des boiseries ou sous forme de ronde-bosse (par exemple les statues dans les églises et les riches demeures). Néanmoins, la sculpture sur bois est toujours présente dans le cadre de vie contemporain, sous de nouvelles formes, pour de nouvelles fonctions. Des techniques avancées existent de nos jours pour la réalisation d'ouvrages sculptés. Cependant les méthodes traditionnelles sont toujours indispensables. Le bois y est remplacé par des matériaux modernes dérivés du bois, matériaux de synthèse, mais les meubles sont moins souvent sculptés qu'autrefois l'esthétique contemporaine favorisant un grand dépouillement du décor. La réalisation de la sculpture est souvent précédée de travaux préparatoires tels que dessins, modelages d'argile ou de plastiline, moulages en plâtre.





ARQUETEUR : le marqueteur, en liaison avec l'ébéniste, prend en charge la globalité de la composition et de la mise en oeuvre de la marqueterie destinée à la restauration d'un meuble ancien ou de sa copie, d'un meuble contemporain ou d'une composition décorative. Le marqueteur trace le décor, prépare les placages, découpe et incruste les éléments en respectant scrupulement le patron déterminé. Il plaque enfin la marqueterie sur le support auquel elle est destinée. Le marqueteur doit avoir un excellent niveau de dessin, une grande habileté, une solide connaissance de l'histoire de l'art et de l'ornement. La marqueterie est l'art d'orner les surfaces planes des meubles par l'application, au moyen de colles, d'éléments de placage divers. Les techniques et les matériaux sont très diversifiés (bois, métaux, papier, os, écaille de tortue, ivoire). Les différentes étapes de ce travail réclament à la
fois des qualités de dessinateur, beaucoup de dextérité et de minutie.

Une formation préalable en ébénisterie est fortement conseillée. Bien que les procédés anciens soient toujours utilisés, les produits et les techniques modernes ont fait évoluer le métier. La marqueterie elle aussi s'adapte au goût du jour dans l'alliance de certains bois et l'utilisation de motifs résolument modernes. Le marqueteur exerce son métier dans un cadre essentiellement artisanal, généralement associé à un ébéniste, et participe à la fabrication ou à la restauration d'objets très divers (meubles, tableaux, instruments de musique, surfaces murales, objets de tabletterie). La technique de la marqueterie, très complexe, à été portée à son point de perfection au XVIIIème siècle. Elle procède de l'intarsia (incrustation) pratiquée depuis l'antiquité (gemme, ivoire, métaux étaient inclus dans les meubles). Les éléments de placage d'essence diverses (régionale, exotique) sont combinés en utilisant toutes les ressources de leur polychromie, de leur moire ou du contraste.



Source : Centre de Documentation de la SEMA (Société d'Encouragement aux Métiers d'Art)